Laurence, Pierre, Denis et les autres... bisbilles au Medef sur fond de rémunérations

"Misogynie", "logique esclavagiste", Laurence Parisot, l'ancienne présidente du Medef, et son successeur Pierre Gattaz, s'échangent des mots très vifs. Le tout sur fond de polémiques sur la rémunération de dirigeants... dont celles de Pierre Gattaz et de Denis Kessler l'emblématique président du réassureur Scor.
Jean-Christophe Chanut
L'ancienne présidente du Medef estime que son succesur Pierre Gattaz fait preuve de misogyniee
L'ancienne présidente du Medef estime que son succesur Pierre Gattaz fait preuve de misogyniee (Crédits : Reuters)

Règlement de comptes public au Medef entre l'ancienne présidente Laurence Parisot et son successeur Pierre Gattaz. Le tout sur fond de polémique sur les hausses de rémunération de certains dirigeants d'entreprises, tel… Pierre Gattaz, encore lui, et Denis Kessler, l'emblématique patron du réassureur Scor et lui-même ancien… vice-président délégué du Medef.

De fait, les débats sur la rémunération des dirigeants peuvent d'autant plus vite s'enflammer en ce moment que le patronat prône une certaine modération salariale pour regagner en compétitivité. Et ce en plus du pacte de responsabilité qui a accordé de nouveaux allègements de cotisations et d'impôt sur les sociétés aux entreprises.

Pierre Gattaz s'augmente de 29%...

Pierre Gattaz, l'actuel  président du Medef s'est fait épinglé par un article du Canard enchaîné, qui soulignait que sa rémunération fixe et variable perçue en tant que dirigeant de l'entreprise industrielle Radiall, avait augmenté de 29% entre 2012 et 2013. Cette somme est passée de 329.189 à 426.092 euros, selon le rapport annuel 2013 de l'entreprise, en ligne. Piqué, l'industriel s'est défendu sur son blog, en précisant que son salaire fixe avait augmenté de 3%. C'est son bonus, indexé sur la croissance du résultat opérationnel courant de sa société, qui a atteint 102.000 euros en 2013, contre 14.000 en 2012, 58.400 en 2011, et zéro sur les trois années 2008, 2009, 2010. "Au final, ma rémunération en 2013 s'élève donc à 420.000 (...) Pour mémoire, la limite maximum des salaires des PDG des entreprises publiques a été fixée par l'Etat à 450.000 euros", affirme -t-il.

Bien entendu, cette affaire n'a pas échappé au président de la République lors de son intervention mardi 6 mai sur BFM-RMC : "Il y a un moment où chacun doit être responsable: on ne peut pas demander la baisse du Smic, voire sa suppression, et en même temps considérer qu'il n'y a pas de salaire maximum", a-t-il déclaré.

Car, outre la modération des salaires, Pierre Gattaz avait en avril appelé à l'élaboration avec les syndicats et le gouvernement d'un "Smic intermédiaire temporaire" inférieur au Smic actuel, notamment pour encourager l'embauche de personnes en situation de chômage de longue durée.

... et Laurence Parisot intervient pour dénoncer le sous-Smic

C'est là qu'intervient un autre protagoniste : Laurence Parisot, l'ancienne présidente du Medef dont elle est toujours présidente d'honneur. Laurence Parisot avait taclé son successeur sur cette question de sous-Smic, évoquant une « logique esclavagiste ».

Comme ce n'est pas la première fois que Pierre Gattaz reproche ses prises de parole à Laurence Parisot, celui-ci a fini par prendre sa plume pour écrire à l'ancienne présidente afin de lui signifier que : « à tout le moins » elle devait veiller à ce que la mention « ancienne présidente du Medef » n'apparaisse pas lors de ses interventions médiatiques.

Et hop, la réponse de Laurence Parisot n'a pas traîné. Interrogée à son tour sur RMC ce mercredi 7 mai elle a déclaré : 

« C'est stupéfiant. C'est une façon choquante de réécrire l'histoire. C'est comme s'il souhaitait que de Gattaz à Gattaz, il ne se soit jamais rien passé. Cette lettre est aussi un superbe exemple de misogynie, une façon de dire: femmes, taisez-vous ! »

Ambiance ! Il faut dire que les bisbilles entre Laurence Parisot et Pierre Gattaz ne datent pas d'hier. L'actuel président du Medef avait était l'un des premiers à s'opposer à l'ancienne présidente en 2013 quand celle-ci cherchait désespérément à modifier les statuts du Medef pour pouvoir effectuer un troisième mandat.

  Denis Kessler, lui, perçoit plus de 5 millions d'euros annuels

Mais l'histoire n'est pas terminée. Avec l'apparition d'un troisième homme : Denis Kessler, président de Scor et ancien vice-président délégué du Medef. Un homme fort du patronat dont la personnalité est très influente. Or, le journal Libération révélait dans son édition du 6 mai que la Macif " s'apprête à valider une augmentation de salaire, à 5 millions d'euros en 2013, pour Denis Kessler, PDG de Scor", dont la Macif est actionnaire.

L'assemblée générale de Scor a en effet approuvé mardi 6 mai, par 64% de voix contre 35%, une rémunération brute totale en 2013 (y compris actions et stock-options) de 5,13 millions d'euros (+10%).

"C'est tout à fait en ligne voire inférieur à la rémunération de mes concurrents. C'est un métier extrêmement technique, extrêmement compliqué, qui ne doit pas être jugé à l'aune des normes purement françaises", a déclaré Denis Kessler, en réponse à une question de l'AFP

Certes, mais les affaires Kessler et Gattaz n'ont pas échappé au Parti Socialiste qui, dans un communiqué estime que :

« Le Pacte de responsabilité engage les comportements de tous les partenaires sociaux. Aux 30 milliards d'euros de réduction de cotisations doivent être associées des contreparties en termes d'investissement, de compétitivité et d'emploi.

 Nous ne laisserons pas les comportements de certains patrons briser et mettre en danger ce compromis social d'intérêt général. Le versement des trois quart des sommes allouées au titre du CICE distribués en dividendes dans l'entreprise de M. Gattaz est inacceptable et porte un coup évident à la philosophie du Pacte. La hausse de la rémunération de M. Kessler, d'environ 500 000 euros, soit plus ou moins le crédit d'impôt reçu par la société Scor au titre du CICE, est une provocation ».

La polémique n'est donc pas terminée surtout que les partenaires sociaux doivent se lancer dans de délicates négociations de branches sur les contreparties à apporter au pacte de responsabilité en termes d'emplois.

Jean-Christophe Chanut
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Commentaires 46
à écrit le 09/05/2014 à 14:53
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le CAC 40 ne représente par les entreprises ni l'emploi? l'emploi c'est le million de pme qui n'ont plus de marges, et avec des patrons dont la fierté est l'emploi et le développement, qui gagnent peu boire certains qui on sacrifié leur paye pour mai...

à écrit le 09/05/2014 à 10:42
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La modération salariale, c'est top! Surtout quand c'est pour les autres!

à écrit le 09/05/2014 à 10:21
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Et si nous parlions des primes astronomiques distribuées dans les ministères avec nos impôts !!!!!!!!!!!!!!!!!! plutôt que celles de ceux qui produisent .

à écrit le 08/05/2014 à 19:37
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Budjet festif offert par bercy pour les vingt ans du tunnel sous la manche 2, 67 millions d'euros

à écrit le 08/05/2014 à 18:57
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Le Medef ne représente plus qu'une infime partie des entrepreneurs. Et encore, "entrepreneur" n'est pas vraiment le nom qui pourrait leur correspondre. Reste que Gattaz n'est pas le meilleur représentant pour le Medef. Dommage parce qu'il était temps...

à écrit le 08/05/2014 à 18:19
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Confondre part variable et augmentation de salaire... Encore un article pour dénoncer les méchants patrons; si au moins on en faisait autant sur les rémunérations bien grasses des politiciens, vivant exclusivement de l'argent des autres... Et sans p...

le 09/05/2014 à 7:58
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Tout le monde vit de l'argent des autres...

à écrit le 08/05/2014 à 14:57
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quand à gattaz il a raison de dire que pacte est une idiotie, comme si on enlevait un kilo du sac de 25kg qu'on a mis sur le dos de nos courreurs, mais en leur demandant de ramener la médaille de suite !!!! pure ineptie, on est encore les rois des im...

à écrit le 08/05/2014 à 14:54
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parisot y va de propos opportunistes mélanchonniens et ça ne trompe personne. on a le choix entre avoir un smic élevé et un nombre de chomeurs élevé et un smic adapté au contexte et moins de chômeurs, garder un smic élevé c'est protéger ceux qui ont ...

le 08/05/2014 à 16:12
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le probleme n est pas le smic mais les charges qui vont avec, mais surtout le probleme est le veritable enfer que l urssaf et autre rsi , gérés par les "partenaires sociaux", qui sont en fait tous les syndicats , se nourrissant sur la bete, font vivr...

le 08/05/2014 à 18:22
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Tout à fait, les smicards feraient mieux de réaliser que la moitié de ce que paie leur patron part directement dans les caisses des organes de l'Etat

le 08/05/2014 à 18:46
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De ce que leur paie* leur patron

le 09/05/2014 à 14:50
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d'accord avec tiger tail, il serait possible de mieux payer les employés si on diminuait les charges. ce qui ne veut pas dire moins de protection sociale, mais faire la chasse aux 200 milliards de dépenses gaspillées, improductives, donc gains nets q...

à écrit le 08/05/2014 à 13:53
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je suis sur que son salaire va encore augmenter l'année prochaine de manière importante et il trouvera une nouvelle excuse.

à écrit le 08/05/2014 à 10:23
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Pathétiques !

à écrit le 08/05/2014 à 9:32
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Bravo tous les patrons veulent être payés au niveau du Smic on est tous d'accord.

le 08/05/2014 à 9:48
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Ils ont réussi à avoir une section CGT, fraise des bois et manolo ne vont pas être contents.

à écrit le 08/05/2014 à 9:29
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Une fois de plus les dirigeants du Medef n'ont pas le niveau: lutte interne au lieu d'une position économique claire argumentée et communiquée. Les anciens dirigeants de l'Uimm et leurs scandaleux agissements condamnés par la Justice ne sont pas loin...

à écrit le 08/05/2014 à 8:09
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Une section LGBT au medef ?

le 08/05/2014 à 11:08
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Une petite héritière ridicule avec ses positions sociétales contre un héritier à côté de la plaque : ils sont mignons les "représentants" des entrepreneurs ...

à écrit le 07/05/2014 à 23:10
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Pierre Gattaz a fait évoluer son entreprise qui aurait pu sombrer comme Thomson qui a été nationalisée. Quand on réussit, on en tire profit. Les coléreux et autres pleurnichards n'ont qu'à monter leur boite et payer leurs salariés 3 fois le smic. ...

le 08/05/2014 à 0:51
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"Quand on réussit, on en tire profit." C'est vrai cependant les salariés ne sont pas étrangers aux résultats donc il serait au moins normal qu'ils en profitent significativement, soit plus de 10 % de la part patronale, en l'occurrence au moins 2,9...

le 08/05/2014 à 7:56
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"Quand on réussit, on en tire profit." Par le travail de qui la réussite de l’entreprise de M Gattaz est-elle due ? Que deviendrait son entreprise sans salarié ? Toute peine soutenue mérite-t-elle récompense ?

le 08/05/2014 à 9:42
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Pierre Gattaz à vraiment RAISON. De vous exploiter tellement vous êtes naïf. Je ne voudrais surtout pas être un de vos collègues au travail si toutefois vous travaillez!

le 08/05/2014 à 16:33
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Pourquoi êtes vous salariés ? Par peur de vous retrouver à la rue en cas d'échec de votre entreprise ? Pour moi c'est mon cas. Donc je loue mes services à une boite qui veut bien les prendre. En cas de problème j'aurais le chômage. Quand à ma naïve...

à écrit le 07/05/2014 à 21:48
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Une seule solution : Que Valls intègre Parisot au Gouvernement pour lui faire réaliser le pacte de solidarité avec le patronnat représenté par Gattaz .Ca nous changera un peu du débat UMP- PS complètement stérile et dont on a rien à cirer .Mais ça pr...

à écrit le 07/05/2014 à 19:24
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Chouette, Sue Ellen contre JR, j’espère que Paris Match va en parler.

le 08/05/2014 à 10:05
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Il faut rajouter fraise des bois et manolo ça ferait même un bon feuilleton.

à écrit le 07/05/2014 à 19:15
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Tous pour un et tous pour...

à écrit le 07/05/2014 à 19:10
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il ne s'est augmenté que de 29 % . Il aurait pu s'augmenté de 290 % ou 2900 % ou plus encore. ne lui jeter pas la Pierre.

le 07/05/2014 à 20:57
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Voyant ça je préférerais jeter Pierre... Son salaire est une honte et ces primes aussi!

à écrit le 07/05/2014 à 19:05
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Mais laissez Pierre s'augmenter de 29 % et donner des leçons de morale aux smicards. Pierre est irremplaçable. Il ne faudrait pas qu'il parte en Allemagne par exemple exercer ses talents.

à écrit le 07/05/2014 à 19:02
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est ce que Pierre Gattaz et Laurence Parisot roulent dans des voitures françaises ?

à écrit le 07/05/2014 à 18:55
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Je me souviens d'une femme dictateur qui voulait changer les statuts comme tout les rois des républiques bananières. Il faut également noter que comme toute ou tout bon donneur de leçon elle n' a jamais rien prouvée autant sur le plan de sa présidenc...

le 08/05/2014 à 9:46
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comme la droite critiquant de façon virulente la gauche à présent, et la gauche que faisait elle quand la droite était au pouvoir?....tous identiques! mentalité de gangsters !

le 08/05/2014 à 9:59
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Et vous vous donnez bien des leçons alors que vous n'avez aucune légitimité alors tout le monde à le droit à la parole. Alors vos leçons à dix balles on s'en tape.

à écrit le 07/05/2014 à 18:15
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On se demande si Mme PARISOT a bien fini par accepter de ne pas être "Président(e) à vie" comme dans certaines républiques africaines ou sud américaines ...

à écrit le 07/05/2014 à 17:45
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Comme toujours on confond les personnes morales et les personnes physiques. Le coût des dirigeants de grandes entreprises est excessif car ce ne sont pas des ressources rares contrairement à ce qu’ils font croire. Le jeune ingénieur qui a une nouvell...

le 08/05/2014 à 10:40
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A theophile Enfin un commentaire intéressant.

à écrit le 07/05/2014 à 17:19
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Il est gonflé Gattaz il s'augmente son salaire, qui est déjà bien haut, de 29% et il propose un salaire au dessous du SMIG pour les jeunes. Monsieur Hollande, l'argent c'est là qu'il faut le prendre pour relever la sécurité sociale. Chez les patrons ...

le 07/05/2014 à 17:54
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C’est sur que les salaires de 40 personnes vont sauver la France du fiasco social, fiscal et économique dans lequel Monsieur Hollande nous a embarqué !

le 07/05/2014 à 19:06
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c'est un début.

le 07/05/2014 à 21:13
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Le problème c'est que Hollande y perdrait aussi.

le 08/05/2014 à 9:48
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ben, comme tous ces cols blancs y perdraient, mieux vaut que ce soit les petits qui y perdent tout ! comme d'hab......

le 08/05/2014 à 18:30
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@@aaa tous a fait ça pour eux ! Notre monde est foutu.

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