L'économie française a marqué le pas au printemps

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L'activité s'est tassée au printemps
L'activité s'est tassée au printemps (Crédits : reuters.com)
L'indice PMI des directeur d'achats témoigne d'une contraction de l'activité dans l'industrie mais aussi dans les services en juin. La concurrence par les prix continue de peser sur la rentabilité des entreprises.

Ce lundi, les députés commenceront à examiner le collectif budgétaire. Au menu, le Pacte de responsabilité et ses mesures permettant de réduire le coût du travail en France. Est-ce urgent ? Réalisée par la société Markit auprès des directeurs d'achats, l'enquête PMI datée de juin publiée ce lundi souligne la nécessité d'agir en ce sens même si les écarts de coûts salariaux entre la France et l'Allemagne, son principal partenaire et concurrent, tendent à se tasser.

Un coût du travail identique en France et en Allemagne !

Selon COE-rexecode, reprenant les statistiques d'Eurostat, le coût de l'heure de travail dans l'industrie manufacturière atteignait au premier trimestre 37,34 euros en Allemagne et 37,34 euros en France, contre 31,46 euros en moyenne dans la zone euro ! En revanche, dans l'industrie et les services marchands, il s'élevait au premier trimestre à 33,15 euros en Allemagne, à 35,63 euros en France et à 29,27 euros en moyenne dans la zone euro.

Selon l'enquête de Markit, les prix des achats ont continué à augmenter pour atteindre un plus haut de cinq mois en juin. En cause, la hausse des prix des carburants, des métaux mais aussi des coûts salariaux. Ils ont par exemple augmenté de 1,8% sur un an au premier trimestre dans l'industrie selon Eurostat. Hors, dans le même temps, " les pressions concurrentielles et l'affaiblissement de la demande continuent de limiter le pouvoir de tarification des entreprises privées françaises ", note Markit. Résultat, les prix facturés diminuent pour le 26ème mois consécutif en juin. En clair, les entreprises tricolores sont obligées de réduire leurs marges pour être en mesure de se battre avec leurs concurrents. Une méthode à laquelle leurs concurrentes allemandes ne sont pas obligées de se plier, ces dernières ayant la capacité de fixer le prix de leurs produits au marché.

Pouvoir imposer ses prix, un luxe que peu d'entreprises françaises ont

Une liberté que le gouvernement souhaite depuis longtemps offrir aux entreprises françaises en multipliant les dispositifs de soutien à l'innovation tels que le crédit impôt recherche, le crédit d'impôt innovation, les pôles de compétitivité, Bpifrance…. Mais, a regard du niveau du taux de marge des sociétés non financières -28% au premier trimestre selon l'Insee, contre 39,8% en 2000 -, force est de constater que ces mesures n'ont pas encore produit leurs effets.

Pas de retournement

Dans ce contexte, la contraction de l'activité dans l'industrie mais aussi dans les services n'est guère étonnante. " Les dernières données PMI flash sur le secteur privé français n'indiquent aucun signe de retournement de tendance en cette fin de deuxième trimestre, l'activité reculant en effet pour le deuxième mois consécutif en juin, à un rythme par ailleurs plus marqué que celui observé en mai. (…) Si, dans le secteur des services, le volume des nouvelles affaires se stabilise au cours du mois, la baisse des nouvelles commandes s'accélère en revanche dans l'industrie manufacturière, tendance d'autant plus préoccupante que la demande en biens manufacturés français semble reculer tant sur le marché intérieur que sur les marchés étrangers. Si ces tendances se prolongent, le malaise économique dans l'Hexagone devrait perdurer au cours du deuxième semestre 2014 ", avance Paul Smith, économiste senior à Markit.

Si tel devait être le cas, l'objectif de croissance du gouvernement, fixé à 1%, serait-il encore atteignable ? Malgré une croissance nulle au premier trimestre, Michel Sapin, le ministre des Finances est optimiste. Un optimisme qu'il convient d'accueillir avec prudence. Jusqu'en décembre, l'ancien ministre du Travail était convaincu de l'inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2014 à 7:54 :
Et c'est pas fini, ce n’est que le début!
a écrit le 23/06/2014 à 21:09 :
Ces données de ces sondages ne reflètent que l'activité privé dans l'économie. Comme les dépenses de l'état dépassent les 57 % du PIB, l'impact de ces mauvaises nouvelles n'interviendra qu'avant tout sur les recettes fiscales de l'état. Le dérapage budgétaire continue. Maintenant les entreprises vivant au crochet de l'état, (transport public, énergie) comme Alstom, vont être sauvés par l'état: le cercle infernale se referme sur le pays. La boucle sera bouclée; dommage que la dette française n'est pas majoritairement française; le bouclage de la boucle risque sa rupture sur ce point. Mais la BCE est généreuse....pour le moment.
a écrit le 23/06/2014 à 19:27 :
Ah bon? Ile st vrai que le gouvernement fait tout ce qu'il peut? mais a t-il pensé à rendre la France plus innovante, plus attractive et faire en sorte que nos industries relocalisent en France? Que nenni.... alors la chienlit va continuer.....Nous on fait de l'éco taxes, du malus à en crever l'industrie automobile etc.... mais tout va bien!
a écrit le 23/06/2014 à 16:13 :
Alors ce "retournement économique" serait de la même facture que l"Inversion de la courbe du chômage"????
a écrit le 23/06/2014 à 15:54 :
Un Markit sous 50 ne signifie pas forcément que le pays est en récession. Voir le Q4 2013 de la France. L'inverse est vrai également: voir le Q1 2014 des USA à -1% malgré de très bons PMI. Le PMI n'est rien d'autre qu'un sondage, sur un faible échantillon qui plus est.
a écrit le 23/06/2014 à 15:02 :
Perso : mon salaire +1% et non 1.8% (on ne fait pas tous parti des 20% qui ont le SMIC et le RSA qui augmente de 5% sur un an).
Résultat un salaire sur l’année de +100euros et mes impôts sur l’année +300 euros (sans compter la TVA qui augmente, les impots locaux sur l’inflation et le prix qui gonflent). Bref la consommation de la classe moyenne il faut oublier on est plus dans les années 90/2000.
a écrit le 23/06/2014 à 14:02 :
Sapin restera l'un des ministres plus nuls de la Veme République .
a écrit le 23/06/2014 à 13:45 :
L'économie française manquera le pas tant que ceux qui nous gouverne c'est-à-dire les parlementaire droite gauche ne s'attaquera pas à la dépense publique que sont la fonction publique et territoriale, chu... aux administrations y compris entreprises publiques avec leur fonctionnement gouteux et ruineux pour l'état y compris les parlementaires. LES AVANTAGES PRIVILÈGES CORPORATISMES... CA SUFFIT !!! LE CHANGEMENT C'EST MAINTENANT !!!
Réponse de le 23/06/2014 à 15:00 :
Enfin un raisonnement qui devient de plus en plus frequent. Mais nos politiciens sont sourds et aveuglent et ils parlent parlent parlent. Mais ils ne voient pas, ne comprennent pas et n'acceptent pas les évolutions du monde et des français depuis 30ans.
a écrit le 23/06/2014 à 13:44 :
Coût du travail identique en Allemagne et en France ? Ah, non !
Vous ne parlez que du coût horaire !!!
Mais comme les Français travaillent moins, là où il faut 10 ouvriers en Allemagne, il en faut 11 ou 12 en France pour faire la même chose.
a écrit le 23/06/2014 à 12:49 :
Avec tout l'argent récupéré du compte de Jérôme en Suisse, le gouvernement ne peut pas redistribuer de l'argent à la classe moyenne ?
a écrit le 23/06/2014 à 12:15 :
Avec 2 mois de contraction, et 1 mois nul, pas de panique, les cerveaux de l’INSEE et autres instituts vont nous trouver une nouvelle croissance nulle au second trimestre, avec un acquis de +0.6% pour 2014.
Heureusement pour eux, les français ont oublié que la croissance 2013 était nulle et qu’ils recalculent maintenant en incorporant les R&D… même si c’était déjà compté dans les investissements… A oui, ils vont aussi ajouter la prostitution et le marché de stupéfiants… et potentiellement le travail au black.
Bref, le chiffre de la croissance sera bon, mais la vie des francais est en train de se dégrader plus rapidement que pendant les périodes de guerre…
a écrit le 23/06/2014 à 12:12 :
Les impôts vont baisser pour les plus modestes mais quand les impôts baisseront- ils pour les classes moyennes inférieures et surtout supérieures , celles qui ne consomment plus car étranglées d'impôt ( baisse du quotient familial !) . Les plus modestes ne consomment pas du made ni France eux donc cela creuse notre déficit commercial, c'est pourtant pas compliqué à comprendre!
a écrit le 23/06/2014 à 12:10 :
La courbe du chômage, les chocs de compétitivité, la grande réforme fiscale, quand la totalité des français aurons enfin compris que Hollande, Valls et les socialistes n' ont rien à faire aux manettes de l' Etat, nous aurons fait un petit progrès dans ce pays.
Réponse de le 23/06/2014 à 12:16 :
Un progrès mais trop tard...
a écrit le 23/06/2014 à 12:05 :
Et c'est pas fini!
Réponse de le 23/06/2014 à 12:35 :
En effet

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