Bygmalion : Lavrilleux, sur le point d'être exclu, quitte l'UMP

Par latribune.fr  |   |  344  mots
"Ceux qui ont engagé cette procédure le font pour des mauvaises raisons, des petites raisons de mesquineries personnelles pour régler des comptes par personnes interposées", a expliqué le député européen.
Menacé par une procédure d'exclusion, l'ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy et directeur de cabinet de Jean-François Copé a annoncé mercredi qu'il se met "en congé" du parti d'opposition.

Il a finalement décidé de claquer la porte. Jérôme Lavrilleux, à l'origine des révélations sur un système présumé de fausses factures durant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, était convoqué mardi 21 octobre au siège de l'UMP à la suite d'une procédure de suspension à son encontre. Mais, risquant d'être exclu du parti par le bureau politique, il a pris les devants, estimant son sort "écrit d'avance":

"J'ai pris la décision devant cette mascarade de procédure tronquée de me mettre en congé de l'UMP et je ne renouvellerai pas cette année ma cotisation à ce qui a été ma famille politique pendant très longtemps", a-t-il annoncé mercredi 15 octobre sur RTL.

L'eurodéputé, qui fut directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy et directeur de cabinet de Jean-François Copé à la tête du parti d'opposition, n'avait pas répondu à une première convocation le 8 octobre.

"Peloton d'exécution"

"J'ai vraiment l'impression d'avoir à affronter une sorte de justice d'exception avec un peloton d'exécution qui est déjà réuni", a-t-il expliqué.

"(...) à un moment ou à un autre, il faut arrêter de se ridiculiser : ceux qui ont engagé cette procédure le font pour des mauvaises raisons, des petites raisons de mesquineries personnelles pour régler des comptes par personnes interposées", a-t-il encore expliqué, précisant penser "clairement à François Fillon et sans doute à Alain Juppé".

"L'honnêteté n'empêche pas la maladresse"

Jérôme Lavrilleux, qui avait menacé de reprendre sa liberté de parole dans l'hypothèse de son éviction, a déclaré cette semaine dans L'Express avoir "du mal à imaginer" que Nicolas Sarkozy ne connaissait pas Bygmalion, la société de communication au coeur du système présumé frauduleux de la campagne de 2012, comme ce dernier l'affirme. Il continue toutefois d'exonérer l'ancien président.

"L'honnêteté n'empêche pas la maladresse", a affirmé le député européen, qui a fait savoir qu'il voterait pour Nicolas Sarkozy lors de l'élection à la présidence de l'UMP, le 29 novembre.