Si même les entreprises qui font des bénéfices font grise mine...

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Malgré les performances enviables de leur entreprise, les dirigeants des championnes de la croissance voient plutôt le verre à moitié vide
Malgré les performances enviables de leur entreprise, les dirigeants des "championnes" de la croissance voient plutôt le verre à moitié vide (Crédits : Reuters)
Une étude de GE Capital indique que les dirigeants d'entreprises de taille moyenne n'ont pas le moral. Pourtant, elles affichent des performances supérieures à la moyenne. Ce pessimisme est-il justifié ?

Même les champions ont le moral dans les chaussettes ! Telle pourrait être la principale conclusion d'une étude de GE Capital réalisée avec HEC Entrepreneurs auprès de 1.000 dirigeants d'entreprises de taille moyenne (ETM) - qui réalisent entre 10 millions et 500 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel - en Allemagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni. Mais une lecture fine de cette étude intitulée "Le paradoxe français : entre pessimisme affiché et raisons d'y croire" présentée lors du Sommet pour la croissance des PME et ETI organisé à Paris ce mercredi permet d'envisager ses résultats avec un certain optimisme.

" Les résultats de cette étude sont paradoxaux. D'une part, ces entreprises sont très performantes, et dépassent les objectifs de chiffre d'affaires initiaux. D'autre part, elles restent extrêmement prudentes quant à l'avenir ", constate Thierry Willième, le président directeur général GE Capital France. " Ce problème de confiance n'est pas réellement nouveau. En 1976, Alain Peyrefitte l'évoquait déjà dans 'Le mal français'. Les Français n'ont pas le moral c'est un fait, mais ce passage à vide ne les pas de faire plus d'enfants que les autres. Le coup de déprime actuel des ETM peut également se lire à travers ce paradoxe ". poursuit-il

Des objectifs largement dépassés

Concrètement, les déclarations des dirigeants contrastent singulièrement avec les statistiques, très éloquentes, qui témoignent de la résilience des ETM face à la crise. Leur chiffre d'affaires a progressé en moyenne de +3,2% l'année passée, dépassant largement l'objectif de croissance qui s'élevait à +1,7%. Ce sont les plus petites ETM qui ont vu leur chiffre d'affaires le plus progressé (+3,4%) ; alors que 35% seulement des ETM anticipaient une croissance de leurs ventes de la croissance, 75% d'entre elles ont finalement vu leur chiffre d'affaires progresser. Trois secteurs affichent une activité supérieure à la moyenne : l'autombile, l'aéronautique et la logistique. " Cette prudence n'est pas une nouveauté. Les précédentes études avaient déjà constaté une sous-évaluation des prévisions. Mais cette prudence est exacerbée cette année ", relève Olivier Younès, professeur Affilié HEC Paris.

Un pied d'égalité avec l'Allemagne

Autre motif de satisfaction, la France est la première des pays de l'UE-4 en nombre d'ETM ayant enregistré une croissance de 5 à 9% et ce, pour la deuxième année consécutive. " Le nombre d'ETM ayant enregistré une croissance supérieure à 10%, les ' championnes de croissance ', a augmenté de +2%. Ce qui place la France sur un pied d'égalité avec l'Allemagne, dont le nombre de ses ' championnes de croissance ' a augmenté de +3%. La France se démarque encore des autres pays sur un autre point : là où seulement 10% des ETM européennes parient sur une croissance externe, 18% des ' championnes de croissance ' françaises prévoient de se développer par acquisition. Enfin, le nombre d'ETM françaises dont le chiffre d'affaires stagne ou décline en 2013 s'est stabilisé, alors qu'il avait augmenté l'année dernière : moins d'une sur trois, contre moins d'une sur deux l'an dernier ", observe l'étude de GE Capital qui relève, entre autres points positifs, la volonté de trois ETM sur quatre de se lancer à l'export, notamment en Asie.

Même leurs préoccupations pourraient être interprétées positivement. " Les ETM françaises pourraient réduire la voilure en matière d'embauches mais, dans le même temps, elles admettent des difficultés à recruter des talents ", constate Alain Bloch, professeur à HEC Paris et directeur du Master HEC Entrepreneurs. Il ne reste plus qu'à espérer que leurs anticipations ne soient pas auto-réalisatrices. Pour l'instant, cette situation ne s'est toujours pas produite...

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Commentaires
a écrit le 05/11/2014 à 9:46 :
Pourquoi seraient elles optimistes? Elles devraient revaloriser les salaires des employés et pas seulement du patron... Alors qu'en restant pessimistes, elle gèlent les salaires de tous sauf du patron... Quand aux vraies entreprises qui resteront toujours en France, elles n'ont aucune raisons d'être optimistes; les PME se font fermer par les grands groupes qui une fois qu'ils ont la main sur le secteur augmente les tarifs...
a écrit le 05/11/2014 à 8:55 :
c'est vraiment écrire pour ne rien dire !!! combien il gagne celui-là ?????
a écrit le 05/11/2014 à 8:11 :
Bien sur dans un état communiste comme la France!
Réponse de le 05/11/2014 à 8:27 :
hans-werner sinn a dit la meme chose il n'y a pas si longtemps...

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