Dina Kawar : "les femmes mieux représentées dans le secteur financier"

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Dina Kawar est depuis 2001 ambassadeur à Paris du Royaume hachémite de Jordanie. Parfaite francophone et anglophone, formée dans les meilleures universités américaines — Columbia puis Harvard —, elle représente aussi son pays à l'Unesco, auprès du Saint-Siège et au Portugal.

Dina Kawar, vous êtes ambassadrice de Jordanie en France. La crise va déboucher, dit-on, sur un monde nouveau. Y croyez-vous ?

Je crois et je l'espère, à condition de nous diriger vers un monde meilleur et plus stable pour nos enfants. Le gâchis des ressources de la Terre telles que le pétrole, l'emprunt excessif sur le futur des prochaines générations et le manque de conscience de la part des spéculateurs ont créé un effondrement de la confiance et de la foi dans le système. Je pense que s'il y avait plus de femmes dans le secteur financier, elles auraient apporté une vision plus humaine et plus constructive. Les sommes englouties par la crise sont énormes, démesurées. Afin d'éradiquer la faim dans le monde, une petite partie de ces fonds volatilisés aurait été suffisante... Sortirons-nous grandis de la crise ? Les nantis de ce monde seront-ils plus généreux envers les démunis ?

Quels sont les trois principaux traits de ce nouveau monde ?

La crise a obligé les décideurs à redessiner l'architecture financière mondiale. L'approche minimaliste de la régulation financière fera partie du passé. Une nouvelle approche est nécessaire pour rétablir la confiance. Elle suppose davantage de contrôle sur le management, de surveillance multilatérale de la part des gouvernements, et de dialogue entre les entités financières. Afin d'éviter des rechutes, le contrôle systématique du risque financier devrait faire partie des mandats des banques centrales. Par ailleurs, d'un point de vue social, il faut favoriser le collectif plutôt que la poursuite des intérêts personnels.

Quelles leçons n'ont pas été tirées ?

À mon sens, l'avidité et la folie ont été les causes principales de la crise financière. Notre jugement collectif a été faussé et nous a entraînés dans une époque d'irresponsabilité et d'imprudence. Les gouvernements du monde travaillent sur la question des bonus mais le rôle régulateur des l'État est loin d'être encore universellement accepté. Enfin, lorsqu'il s'agit des problèmes des pays émergents, comme on aimerait que les pays les plus riches déploient autant d'énergie et de ressources qu'ils l'ont fait durant cette crise, afin de construire un monde plus équitable !

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