Mercedes Erra : "on va vers un monde inquiet, soupçonneux, moralisateur"

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Après avoir enseigné un an la littérature française au lycée, Mercedes Erra se lance très vite dans la publicité. Elle commence en 1981 comme chef de publicité chez Saatchi & Saatchi. Elle gravit tous les échelons, pour devenir dès 1990 directeur général de l'agence britannique. En 1995, elle devient coprésidente de Euro RSCG BETC. Aujourd'hui, elle est présidente exécutive d'Euro RSCG dans le monde.

Mercedes Erra, vous êtes présidente exécutive d'Euro RSCG Worldwide. « Le monde ne sera jamais plus comme avant », a-t-on beaucoup entendu. Partagez-vous ce diagnostic ?

Si la crise financière est peut-être finie (et même de cela, on est loin d'être sûr), la vraie crise n'est pas celle-là. En tout cas, les Français ne s'y trompent pas : selon une étude Euro RSCG menée en juillet dernier, 85 % d'entre eux estiment que nous ne sommes pas dans une crise financière, mais plutôt dans une crise du capitalisme, de la morale et de l'éthique. Et que cette crise qui ne date pas d'hier était nécessaire, faisant office de grande purge des péchés de ces dernières années.

Vous parlez de péchés. Les Français seraientils en quête d'une « révolution spirituelle » ?

Tout à fait ! Ils considèrent que l'individualisme à tous crins, la performance poussée à outrance et la course à toujours plus de consommation, en clair que toutes ces valeurs qui ont dominé notre monde, nous ont conduits dans le mur. Ils aspirent aujourd'hui à davantage de solidarité, au respect mutuel, et surtout ils se sentent individuellement responsables du monde tel qu'il est, avec il est vrai une certaine dose de culpabilité. Ils considèrent également qu'ils seront tout aussi comptables du monde qui vient.

Ces « nouvelles valeurs » remettent-elles en cause l'orientation libérale de notre monde ?

Il ne faut pas se tromper : personne en France ne veut une société communiste ! Les gens souhaitent un marché libre, mais avec un État fort, qui assure la qualité des services publics dans la santé, l'éducation ou l'accompagnement des plus âgés. Ils ne veulent pas non plus un monde de décroissance, mais souhaitent réfléchir à ce qu'ils consomment, faire des choix, privilégiant les biens utiles, ou qui leur font véritablement plaisir, sans abîmer leur planète. L'innovation ? Elle a aujourd'hui moins de valeur à leurs yeux.

À vous entendre, on a le sentiment que « le monde d'après » risque d'être bien terne, voire un peu em...

C'est vrai, on va peut-être vers un monde soupçonneux et inquiet, qui interroge chaque chose pour en chercher le sens. Un monde moralisateur, en somme. Mais un monde avec plus de sens ne devrait pas être plus ennuyeux.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2010 à 9:11 :
le monde communiste type sovietique c'est vrai les français n'en veulent pas , mais si l'exclusion continue ainsi et la fragmentation sociale face aux lois qui parfois frole le delire psychique peuvent nous conduire dans des societées extremistes , en 1929 personne ne croyait qu'en allemagne un parti extremiste avec 2% des voix deviendrait en 1933 un parti de gouvernement , mefions nous de l'eau qui dort , le desespoir des plus demunis s'ils deviennent de plus en plus nombreux peuvent changer un pays , la revolution de 1789 n'est qu'un exemple , les revolutions commencent toujours par un ras le bol initial , l'inquietude generale est sur le devenir de l'etre face au tout marchand et aux logiques comptables de la societée , les lendemains qui chantent sont derniere nous et en plus l'injustice morale devient intolerable pour de plus en plus de contribuables , il faudra trouver l'equitée pour rassurer et surtout trouver des outils qui permettront de retrouver la confiance generale , sans confiance on doute .
a écrit le 10/12/2009 à 11:55 :
Mon nom est personne : "Il ne faut pas se tromper : personne en France ne veut une société communiste ! "
Au fait c'est quoi pour cette dame une société communiste ?
Et pour vous ?

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