Aude de Thuin : "une France toujours figée dans ses certitudes et sa sécurité"

 |   |  404  mots
Aude de Thuin est la créatrice et la présidente du Women's Forum for the Economy and Society (qui s'achève aujourd'hui à Deauville), un lieu de débat, de partage, de réflexion et d'action donnant la parole aux femmes sur tous les grands sujets de nos sociétés. Elle a créé plusieurs entreprises, dont les Dossiers du marketing direct et les salons l'Art du jardin.

Aude de Thuin, vous êtes la créatrice et la présidente du Women's Forum for the Economy and Society. « L e monde ne sera jamais plus comme avant », a-t-on beaucoup entendu. Partagez-vous ce diagnostic ?

Si on sentait venir les prémices de la crise, sa brutalité a surpris tout le monde. Et aujourd'hui, on n'en mesure pas encore tous les effets, même si on observe déjà chez les individus deux types de réaction. Il y a ceux qui s'inquiètent de ce qui va leur arriver, à titre individuel. Et ceux qui s'interrogent sur ce que va être « le monde d'après » pour pouvoir s'y projeter. C'est sans doute la meilleure approche, même si l'on ne voit pas encore de nouveau monde se dessiner. Mais l'on peut s'inquiéter de voir revenir si vite les vieux réflexes, et surtout de voir que la France reste figée dans ses certitudes et sa sécurité quand le reste du monde bouge. Les Français ne se rendent pas compte à quel point ils sont protégés à la fois par leur système social, et par un gouvernement qui semble ne pas être prêt à les brutaliser. Pendant cette crise, ils n'ont été que dans la défense de leurs avantages acquis. On voit bien que la compréhension de la crise a été différente en France de ce qu'elle a été en Allemagne, où les choses ont été dites et vécues brutalement. Une fois de plus, nos responsables politiques ont agi sans expliquer aux Français les conséquences de leurs actes. Et cela finira, comme toujours, par une explosion de la dette publique laissée à nos enfants. Le déficit de culture économique des Français et le manque de pédagogie de nos responsables ont contribué à déformer la compréhension de cette crise. Or cela aurait été l'occasion d'un exercice de pédagogie sur les fondamentaux économiques, sur le rôle essentiel de l'entreprise, sur la manière de valoriser à la fois nos grands groupes industriels et notre capacité de création pour faire ressortir ce qui pourrait donner une nouvelle économie à la France. C'était en effet l'occasion de poser la question fondamentale : comment construire sur nos forces, sans mettre en péril notre modèle social ? À l'évidence, cette occasion a été manquée. Tous les regards sont maintenant tournés vers l'avenir.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/11/2009 à 22:17 :
Une petite couche supplémentaire (de mépris et de culpabilisation) ne peut pas faire de mal. Au point où on en est...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :