Nicolas Sarkozy annonce un sommet européen extraordinaire sur la crise

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Devant les parlementaires européens, le chef de l'État confirme sa volonté de réformer le capitalisme mondial, en associant les pays émergents. Il a plaidé aussi pour la création de fonds souverains en Europe pour répondre à la crise économique.

Nicolas Sarkozy a indiqué ce mardi, devant le parlement européen, qu'il allait proposer une réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) pour préparer les sommets mondiaux sur la refonte du système financier international. Le principe de ces sommets a été accepté par les Etats-Unis le week-end dernier, a-t-il rappelé sans toutefois donner de détails sur la date ou le lieu du sommet préparatoire.

L'Europe "doit porter l'idée d'une refondation du capitalisme mondial", a-t-il dit. "Ce qui s'est passé, c'est la trahison des valeurs du capitalisme, ce n'est pas une remise en cause de l'économie de marché", estime le président. Il a indiqué que "la solution la plus simple" pour les sommets mondiaux serait d'associer les pays industrialisés du G8 aux cinq plus grandes économies émergentes comme la Chine et l'Inde. Ce sera "tout l'objet du déplacement en Chine, pour convaincre les puissances asiatiques de participer à cette refondation", a-t-il dit, en référence au prochain sommet de l'Asem qui réunira 43 pays d'Europe et d'Asie à Pékin vendredi et samedi.

Les priorités de l'Europe lors des sommets mondiaux à venir seront "d'abord qu'aucune banque qui travaille avec l'argent des Etats ne puisse travailler avec des paradis fiscaux". Il s'agira aussi de faire en sorte "qu'aucune institution financière ne puisse travailler sans être soumise à une régulation financière" et "que les traders voient leur système de rémunération calculés de façon à ne pas pousser à une prise de risque inconsidérée", a insisté Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat a aussi plaidé de nouveau pour que "le système monétaire soit repensé", en lançant une pique aux Etats-Unis régulièrement accusés de vivre à crédit du reste du monde du fait de l'importance du dollar. "Peut-on continuer nous (en Europe) à porter les déficits de la première puissance mondiale sans avoir un mot à dire ? la réponse est clairement non", selon lui.

Il s'est prononcé aussi en faveur de la création en Europe de fonds souverains nationaux qui, coordonnés, permettraient "d'apporter une réponse industrielle à la crise" économique. "Je connais parfaitement les désaccords entre certains pays" sur le sujet, mais je ne peux pas imaginer qu'on m'explique qu'il fallait une réponse unie européenne à la crise financière et que face à la crise économique il n'en fallait pas une". Etre "unis ne veut pas dire la même réponse", a-t-il précisé, estimant qu'il faudrait harmoniser et coordonner les politiques économiques en réponse à la crise économique. "Notre devoir, c'est qu'en Europe, on puisse continuer à construire des bateaux, des avions, des automobiles", a-t-il conclu.

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