Les patrons américains s'insurgent contre la taxation de leurs primes

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Devant la détermination de la Chambre des représentants américaine, qui a adopté jeudi un projet de loi visant à imposer à 90% les primes perçues par des salariés dont la rémunération dépasse les 250.000 dollars par an, dans des entreprises ayant reçu plus de 5 milliards de dollars d'aide publique, le monde de l'entreprise s'affole aux États-Unis et plusieurs dirigeants disent craindre pour leur compétitivité.

La détermination du Congrès américain à taxer les primes de performances versées dans des sociétés renflouées sur fonds publics a créé la colère de plusieurs dirigeants d'entreprise, qui y voient une menace pour leur compétitivité.

Le directeur général de Citigroup Vikram Pandit a ainsi estimé que ce serait "un recul important si nous perdions nos collaborateurs de talent parce que le Congrès impose une taxe spéciale sur les employés des services financiers".

Citigroup, l'un des principaux bénéficiaires des largesses de Washington, a annoncé être en discussion avec d'autres établissements et les responsables politiques à Washington dans l'espoir de faire reculer le Congrès.

La Chambre des représentants américaine a adopté jeudi un projet de loi visant à imposer à 90% les primes perçues par des salariés dont la rémunération dépasse les 250.000 dollars par an, dans des entreprises ayant reçu plus de 5 milliards de dollars d'aide publique.

Les primes versées par AIG à ses cadres plus élevées qu'annoncé

Ce texte, s'il était définitivement voté, s'appliquerait à Citigroup et à cinq autres banques, ainsi qu'à l'assureur AIG, aux organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac, au constructeur automobile General Motors et à son ancienne filiale de crédit automobile GMAC.

Il a été adopté en urgence après la révélation que des primes d'un montant total de 165 millions de dollars avaient été versées à des cadres d'AIG pour les inciter à rester dans l'entreprise, alors qu'AIG a été renflouée à hauteur de plus de 170 milliards de dollars par l'Etat. Ce montant des primes versées à des responsables des activités financières d'AIG a par ailleurs été réévalué à 218 millions de dollars, soit 53 millions de plus qu'annoncé, samedi, par un journal local américain, le "Hartford Courant".

L'administration Obama a déjà ordonné que les dirigeants d'entreprises renflouées sur fonds publics soient payés au maximum 500.000 dollars, avec une limite stricte sur leurs primes et "stock options".

Plusieurs experts ont exprimé leurs doutes sur cette mesure et ont alerté sur d'éventuels effets secondaires néfastes. "Les gens intelligents ont beaucoup d'options, et vont gagner de l'argent d'une façon ou d'une autre", souligne par exemple Scott Schaefer, professeur de finance à l'Université de l'Utah (ouest). "S'ils n'arrivent pas à gagner de l'argent dans la banque, ils trouveront autre chose, en devenant consultants ou en allant dans d'autres secteurs". "Par nature c'est risqué d'être entrepreneur. Si le Congrès dit que les cadres dirigeants ne peuvent pas être payés chers et que la paie ne doit pas être liée à la valeur pour les actionnaires, alors les dirigeants ne seront pas incités à faire croître leur entreprise, et ils ne feront plus rien", renchérit Scott Schaefer.

Le scandale politique est tel que l'électricien américain Constellation --pourtant non concerné-- a renoncé à verser des primes dont le principe était acquis lors de l'annonce d'un partenariat avec le Français EDF en décembre.

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quelle est la responsabilité des banques dans la crise financière et dans la crise économique et sociale qui en ont dérivé ?

- Supériorité des logiques de Court Terme dans certaines actvités des banques par rapport au long terme notamment sur les marchés financiers, - attitude de moutons pour faire tous la même chose (à des degrés divers cependant) y compris dans des achats de produits « toxiques » toujours sur les marchés financiers, - complexité des produits financiers créés et conflit d?intérêts au sein de la sphère financière qui ont causé l?impossibilité d?analyser et chiffrer les risques réels de ces produits (merci les banques qui ne savent pour certaines ce qu?elles ont dans leur bilan et dont le coeur de métier est la gestion des riques), - mise en place accélérée croissante des produits dérivés et de la titrisation en transférant les risques des actifs toxiques et en sortant ces risques de leurs comptes pour les transférer aux marchés, - déconnection de la sphère financière par rapport aux réalités, - et enfin perte de sens et de l?utilité première du métier de banquier (qui n?est pas de gagner toujours plus d?argent ?mais de financer des projets de Long Terme).

Alors des banques et certains de leurs patrons et employés se sont mis eux même (en entraînantl'ensemble du système) dans le pétrin ? Qu'ils en paient les conséquences n'a rien de choquant.

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"Par le passé, un bonus était quelque chose de spécial, que vous receviez pour avoir travaillé dur. Mais au cours des années, de nombreux banquiers en sont venus à considérer des primes très importantes comme un acquis. Cela ne peut tout simplement pas durer", a déclaré le dimanche 08/02/09 Alistair Darling, chancelier de l'Echiquier, sur la télévision BBC One.
L' aide publique n'est pas sans "conditions", a poursuivi Alistair Darling, et parmi elles, figurent "des restrictions à ce que (les banques) peuvent ou ne peuvent pas payer à leur personnel", a-t-il asséné. Il a rejeté l'interdiction pure et simple des primes mais dénoncé les "récompenses à la prise de risques excessive".
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les dirigeants des établissements financiers "craignent" la perte de collaborateurs de talent si les primes sont taxées, d'autres "spécialistes" pensent qu'ils vont gagner l'argent d'une autre manière (on suppose qu'ils vont travailler pour cet argent) et plein d'autres bonnes idées pour empêcher de nuire à ces "pauvres" dirigeants qui ont fait tout pour nous entraîner dans la mouise. Seulement, ils oublient que les cimetières sont pleins de gens irremplaçables !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
« Je suis plus choqué par le système de rémunérations de ceux qu?on appelle les traders que les présidents de banque... C?est ce système-là que je veux changer. Les traders, ces sont tous ces jeunes gens dans les salles de marché qui jouaient à spéculer au nom de leurs banques et dont les rémunérations étaient indexées sur la prise de risque et ça a conduit à la catastrophe que l?on connaît. C?est ça qu?il faut interdire. »

Nicolas SARKOZY le 05/02/09 ? conférence de presse à l?Elysée.

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Dans la vie, on assume les conséquences de ces fautes.

Ceci n'est il pas valable pour les personnes travaillant dans la finance?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ben tiens! Je fous le merde, et en plus j'encaisse le jackpot! Bien fait pour eux, ils n'avaient qu'à être plus raisonnables! Ils peuvent bien vociférer, ils ont tout le monde contre eux: l'opinion publique, la classe politique, les petits actionnaires! J'irais plus loin: certains méritent même de ne plus pouvoir exeercer de postes à responsabilité!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Après ce qu'ont fait les banques américaines, les américains ont du accepter une nationalisation (mot tabou aux States) de certaines de leurs banques et vont devoir accepter le principe d'une bad bank financée par le contribuable.
Quelle gaudriole alors que ces patrons libéraux durant des années ont demandé moins de régulation et d'intervention des Etats afin de faire de juteux bénéfices sur le dos de l'économie réelle et qu'ils réclament aujourd'hui à corps et à cri l'intervention de l'Etat et le renflouement des banques par le contribuable.

Mais encore une fois qu' en est il de nos chères banques françaises et de nos patrons français qui sont aussi des apôtres du moins d'Etat?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ces patrons ne parlent que pour eux. Quand ils utilisent l'argent public, issu
des impôts, pour réparer leur gestion foireuse, la moindre des choses est la
suppression pure et simple de tout bonus et primes pour tous les salariés de l'entreprise.
Quand ils auront remboursé leurs dettes, alors ils pourront continuer à plumer leurs actionnaires.
Hors de ce dogme, point de salut.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
On croit rêver quand on lit "Si le Congrès dit que les cadres dirigeants ne peuvent pas être payés chers et que la paie ne doit pas être liée à la valeur pour les actionnaires, alors les dirigeants ne seront pas incités à faire croitre leur entreprise, et ils ne feront plus rien", renchérit Scott Schaefer."
Mais où est la valeur pour les actionnaires dans le cas de sociétés en quasi faillite? D'autre part il faut rappeler que les dirigeants de ces sociétés ne sont pas des entrepreneurs; ils n'ont ni créé ni financé l' entreprise qui les emploie ! Ce sont des salariés ni plus ni moins avec des avantages exorbitants. Il y a vraiment lieu aujourd'hui de repenser la rémunération des dirigeants de grands groupes qu'ils soient ou non financiers. En effet comment justifier par exemple que Mr Esner ancien pdg de Disney ait pu toucher pendant au moins 10 ans de l'ordre de 300 millions de $ par an (option comprises) alors qu'il n'était que salarié...

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