Daniel Cohen : "rien ne nous garantit la paix et la prospérité"

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Dans son nouveau livre, "la prospérité du vice. une introduction (inquiète) à l'économie", l'économiste Daniel Cohen constate l'occidentalisation irréversible du monde. Et cela ne le rassure pas.

Dans votre nouveau livre "la Prospérité du vice. Une introduction (inquiète) à l'économie", vous embrassez 40 siècles d'histoire, durant lesquels se sont produits de nombreuses crises. La crise que nous vivons actuellement, dans quelle catégorie la classez-vous ?
C'est la première crise qui frappe un monde formé d'une unique civilisation. L'humanité tout entière est entrée dans la civilisation occidentale. Je ne crois pas, comme Huntington, que nous sommes dans une guerre des civilisations. La mondialisation est une occidentalisation. Tous les pays de la planète sont en train de suivre le chemin qui a été exploré en Europe d'abord puis en Amérique à partir du milieu du XVIIIe siècle. Il avait été préparé par une évolution intellectuelle dans les cinq ou six siècles précédents, mais c'est à partir du XVIIIème siècle qu'on entre dans un type de civilisation complètement nouveau, celui de la croissance économique moderne avec tout ce que ça entraîne, l'exode rural, l'urbanisation, etc. C'est ce qui est en train de se passer pour les autre pays. Je ne partage pas non plus le raisonnement de Fukuyama dans "La fin de l'histoire" : s'il y a occidentalisation du monde, c'est une garantie de paix et de prospérité.

L'idée que l'occident se fait encore aujourd'hui de lui-même - Montesquieu et le doux commerce, Condorcet et l'éducation (la scolarisation est de fait un des aliments de la croissance et se produit partout), l'âge de la raison -, cette idée qu'on a conçue au XVIIIème siècle est géniale, mais elle ne s'est pas réalisée. Il n'est pas vrai que la croissance économique moderne soit facteur de pacification et d'adoucissement des m?urs. Depuis qu'on est entré dans la croissance économique moderne, on a tendu vers l'apocalypse, le suicide collectif des deux guerres mondiales. Pas davantage d'Allemagne du Kaiser ne s'est pacifiée alors qu'elle s'industrialisait, pas davantage on ne doit penser que la Chine va se pacifier au motif qu'elle s'industrialise.

Il y a des étapes : le passage d'une société rurale à une société industrielle, d'une société industrielle à une société post-industrielle. Ces étapes comportent des risques. Il n'y a rien de nécessaire à ce qu'on tombe dans ces risques, mais il y a quelque chose de nécessaire à ce que ces mêmes risques se répètent, c'est aussi simple que ça. Le livre se termine sur cette interrogation : saurons-nous éviter un nouveau suicide collectif ? Sachant qu'il serait cette fois planétaire. Cette incertitude, si faible soit-elle, est un élément décisif.

Pourquoi parlez-vous de prospérité du vice ?
Le passage d'une économie prémoderne à une économie moderne de croissance perpétuelle, c'est le passage d'un âge de la rareté, placé sous la loi de Malthus, à un âge de l'abondance, que je place sous la loi d'Easterlin, un économiste contemporain. Avant, à l'âge de Malthus, au fur et à mesure qu'une société devenait prospère elle déclenchait une accélération démographique qui au bout du compte ramenait la population au niveau de revenu par tête qu'elle avait auparavant. Dans les sociétés malthusiennes il n'y a pas d'enrichissement global. Paradoxalement, plus elles sont inégalitaires, plus elles sont riches : pour la grande masse il n'y a pas de différence, et la richesse de quelques uns fait monter la moyenne. De même, plus il y a de guerres et d'épidémies mieux c'est parce que ça fait moins de bouches à nourrir et donc plus de ressources pour ceux qui restent. Voilà la prospérité du vice première manière. Dans ces sociétés, aucun progrès n'est durable. Il suffit de comparer la taille des squelettes des chasseurs-cueilleurs d'avant le néolithique et des Européens au XIXème siècle pour voir qu'il n'y a pas eu d'évolution de la richesse calculée en quantité de calories disponibles. La seule différence c'est que les chasseurs-cueilleurs travaillaient deux heures par jour et les ouvriers du XIXe siècle 18 heures par jour pour un revenu équivalent.

Le monde dans lequel nous vivons est complètement différent : l'enrichissement des sociétés correspond à un enrichissement de tous leurs membres. C'est là qu'intervient la loi d'Easterlin, une autre forme de prospérité du vice. Le revenu par tête augmente, mais le bonheur par tête n'augmente pas dans la même proportion. Les enquêtes montrent que les sentiments de plaisir ou de frustration n'évoluent pas, malgré l'élévation du niveau de vie. Il y a deux explications possibles. L'une, c'est que la consommation est comme une drogue : elle fait plaisir au début, mais cinq ans plus tard l'effet est retombé. La seconde, c'est qu'on est heureux à concurrence de la comparaison avec ses voisins. Selon la phrase d'un humoriste anglais du XIXe siècle, être heureux, c'est gagner dix dollars de plus que son beau-frère. Dans ces conditions, comment voulez-vous que la société soit pacifiée ?

Trop blasé et trop envieux pour être heureux, tel est l'homme moderne ?
J'ajouterai trop anxieux. Quand la croissance s'accélère, il est très heureux parce qu'il gagne plus que ce à quoi il s'attendait : les Trente Glorieuses ont été un grand moment de bonheur. En revanche, dès que la croissance ralentit, alors même qu'il est beaucoup plus riche qu'au départ, il est malheureux. La France se pense comme un pays pauvre, déclinant, alors que le revenu médian est à 1500 euros, le triple de ce qu'il était il y a trente ans.

Si on bute toujours sur les mêmes difficultés, est-ce parce que l'homme est homme, ou bien peut-on concevoir un autre mode d'organisation social ou économique qui aurait des résultats différents ?
Je pense que c'est parce que l'homme est homme. Jean-Pierre Vernant raconte le mythe suivant : lorsque Prométhée a volé le feu aux dieux, c'est-à-dire la richesse, ceux-ci se sont vengés en envoyant à son frère Epiméthée la première femme, inventée pour la circonstance, dénommée Pandora. Au feu volé ils ont répondu par un feu voleur, celui de la femme, perpétuelle insatisfaite, qui empêche l'homme d'être heureux. Le mythe montre qu'il y a quelque chose de fondamentalement humain dans ce qu'Easterlin a observé. Les économistes ont d'ailleurs réagi en disant : eh bien, où est le problème, l'appétit insatiable des humains est un moteur pour la croissance. J'accepte ce raisonnement en agnostique, sauf que quelque chose change tout, et c'est la contrainte écologique. A partir du moment où cinq milliards d'être humains veulent vivre dans une société de consommation comme la nôtre, on bute sur les ressources de la terre (on revient à Malthus). Voilà qui nous ramène aux dangers qui menacent la civilisation planétaire qu'on est en train de construire, et à la question: serons-nous capables d'instaurer une contrainte de façon à réduire les appétits humains ?

Vous nous offrez vraiment "une introduction inquiète à l'économie", pour reprendre le sous-titre de votre livre !
Même en mettant de côté la contrainte écologique, si le monde entier entre dans l'âge de la croissance et de l'enrichissement, il va connaître ces hauts et ces bas qui sont si difficiles à vivre. Lorsque la croissance ralentit ou disparaît, on se sent comme seul au monde, appauvri, il n'y a plus de solidarité qui fonctionne. Les sociétés peuvent complètement se déliter sous le choc d'une récession majeure, on l'a vu en Allemagne dans les années 30. Les sociétés industrielles sont doublement fragiles. Quand cela va mal il n'y a plus de solidarité entre leurs membres et quand ça va bien, c'est presque pire : il y a du surplus social qui peut être mis au service de grands projets collectifs, soit pacifiques comme la sécurité sociale ou la construction européenne, soit guerriers si les vieux problèmes de frontières n'ont pas été réglés. La Première guerre mondiale se déclenche en pleine prospérité, la Seconde dans un contexte de crise économique et sociale : les deux ne se ressemblent pas du tout, elles expriment chacune un aspect de la fragilité des sociétés industrielles.

Mais nous sommes déjà passés à des sociétés qui ne sont plus essentiellement industrielles.
Oui, après le passage de la société préindustrielle à la société industrielle, il y a eu le passage à une société post-industrielle qui est une société qui se dématérialise. De la terre, aux marchandises, au virtuel. Le paradoxe du monde actuel est qu'on vit simultanément une percée dans ce nouveau monde virtuel, qui est la conséquence logique de l'enrichissement : tout devient de plus en plus simple à produire si bien qu'il ne reste plus à produire que de l'esprit pur, et dans le même temps on est rattrapé par le mal des origines. La donnée fondamentale du XXIe siècle, pour moi, c'est trois niveaux de risque majeurs. Un, celui de la répétition de nos violences par les pays émergents. Deux, le retour aux origines malthusiennes du monde, la terre devenant trop étroite ce qui entraînerait un effondrement comme on en a connu dans l'histoire. Trois, la schizophrénie. Une partie de l'humanité migre vers un cybermonde où il n'y a ni rareté, ni violence. Est-ce que les nouvelles générations qui naissent dans ce cybermonde vont être dans l'oubli du monde réel, ou au contraire vont être capables de construire un lien entre le virtuel et les ours polaires (comme symboles de la dégradation du climat) ?

Votre démarche est ambitieuse !
J'ai essayé de faire le livre total, mais de façon modeste. Je m'explique : je n'ai pas essayé d'avoir d'idées originales sur ce sujet. On ne peut pas embrasser l'histoire du néolithique au XXIème siècle en prétendant avoir une vision à laquelle personne n'aurait jamais pensé. Je voulais être sûr que chacune des étapes était bien comprise. Malthus. Easterlin. Le retour de la contrainte écologique. Ce qui veut dire que les Chinois ne vont pas pouvoir consommer comme des Américains, ça voudrait dire qu'il n'y aurait plus de forêts, plus d'air respirable.

Et la crise actuelle, elle s'inscrit dans quel schéma ?
La crise où nous sommes - les bonus, les divers excès de la finance - est celle d'un système qui, à partir des années 80, a pensé qu'il pouvait abolir les leçons de l'histoire. Refermer la parenthèse ouverte en 1929 et suivie par les années 30, l'apocalypse, et la reconstruction d'un monde complètement habité par le souvenir des catastrophes qui s'étaient produites. Au début des années 80 on a pensé qu'on pouvait construire un monde nouveau : plus besoin de penser la solidarité, la coopération sociale, il suffit de mettre en place les bonnes incitations. L'économiste Maya Beauvallet, dans "les Stratégies absurdes" (Seuil), donne l'exemple d'une école où certains parents arrivaient toujours en retard pour amener leurs enfants. Le directeur a eu l'idée de dire : le retard sera tarifé, 20 euros de l'heure. Le lendemain, le nombre de parents en retard avait triplé. On avait monétisé ce qui était auparavant une contrainte morale, avec pour résultat un comportement égoïste. C'est l'une des leçons de mon livre. On ne s'en sortira pas juste avec le bon système de carotte et de bâton. S'il n'y a pas de conscience morale, les gens vont uniquement répondre aux incitations et s'en laver les mains. Les bonus des traders fonctionnent comme ça : le contrat entre eux et leur banque, c'est maximiser les profits à court terme. Si le monde s'effondre derrière, ils n'en ont rien à faire.

Les deux grands moments de l'histoire économique humaine, la révolution néolithique et la révolution industrielle, ont émergé d'une crise morale très profonde. La révolution néolithique fait suite à plusieurs dizaines de millénaires au cours desquels les hommes ont découvert les divinités. L'agriculture n'est pas née d'une simple pénurie. C'est l'idée de la divinité qui l'a rendue possible, l'idée qu'être créé permet de créer à son tour. A l'inverse, la révolution industrielle correspond à la découverte des lois scientifiques, c'est une sortie de la divinité. Elle a été précédée d'un long moyen-âge qui va jusqu'au XVIème siècle et qui est un pont entre deux mondes. Et aujourd'hui, avec la finitude de la planète, nous sommes confrontés à une nouvelle révolution morale. Les humains devront apprendre à gérer ensemble la contrainte écologique, ou disparaître.

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Commentaires
a écrit le 24/08/2012 à 13:47 :
le diagnostic ( occidentalisation du monde , course à la croissance pour tous impliquant une inadéquation entre les ressources planétaires et l'humanité ) et la mise en perspective des enjeux ( l'enjeu écologique ) sont trés bien posés et amène à réfléchir ..J'apprécie le recul pris avec la crise actuelle et se regard distancié porté sur l'histoire de l'humanité ...
Mais quand même j' aurais aimé lire quelques pistes stratégiques , quelques solutions ..
A l'heure de lère post industrielle à l'heure d cybermonde je pense que l'enjeu d XXI siècle sera bien plus basique que cela , il sera celui pour reprendre un titre célèbre de "nourrir les hommes" , la qestion agricole devrait être au coeur de toute les interrogations
avec un zest de philosophie en prime !
a écrit le 31/01/2010 à 15:20 :
L'analyse de Daniel Cohen me paraît juste mais ses conclusions trop pessimistes.La prise de conscience des problèmes écologiques ne fait que commencer.Les progrès des NTIC vont logiquement entraîner par la diffusion d'une réalité progressivement vérifiée, une réaction salutaire.Soit par la peur pour certains, soit par la raison pour d'autres.De plus je ne crois pas à une poursuite de la croissance démographique.Dès que le niveau de vie des pays émergents aura approché celui du monde opccidental, et c'est en cours, la population mondiale baissera.
S'il n'y avait pas eu d'immigration en France depuis un demi-siècle, combien serions nous actuellement?
Voyez la démographie japonaise depuis qu'ils ont adopté l'américain way of life! Plus vite la mondialisation arrivera à unifier les niveaux de vie, plus vite la crise planétaire sera résolue.
Seule la transition sera délicate à franchir.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci pour cette analyse édifiante. Cela me rappelle des évidences que nous ne voyons pas ou plus ( engourdis que nous sommes dans nos tracas) et ce rappel des comportements sociaux - individuels et collectifs ( en réduisant cette dernière en une sommation d'actes individuels polarisés ou /et formatés) nous ramène à réfléchir sur nos égoïsmes, nos égocentrismes et l'absence d'une conscience morale. Quel simulacre parfois sincère (!!) de notre sensibilité aux questions écologiques et aux douleurs des peuples ! Ou est notre responsabilité sociale et environnementale agissante. Je pense que l'effet Malthusien prendra le dessus. L'humanité est en perdition car comme une étoile agonisante, elle finira par s'effondrer sur elle même. Et vogue un nouveau cycle
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
De quoi remettre en cause complètement l'idée de "progrés".
Mais bon. Nous savions tous depuis l' "antiquité" que : homo hominem lupus est... non?
On arrive pas au sommet de la chaîne alimentaire vraiment par hasard.

Une autre chose sûre : nous sommes tous les futurs anciens de la prochaine dernière.
Sauf si un sursaut me fait refuser d'aller à la guerre mondiale.
Cela est possible.
Un pays des "droits de l'homme" l'a fait en 1789.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une belle interview , l'homme est un roseau pensant sous l'orage , nous pouvons eviter la catastrophe mondiale si tous on en prend conscience , aussi le travail ne rend ni libre ni sage , bien des philosophes ont voulu le bonheur des peuples , le paradis sur terre ? , mais l'essentiel c'est la maitrise de notre demographie mondiale , quand a l'occidentalisation du monde c'est tout a fait vrai , des marques s'imposent de nos jours sur tous les continents , balayant meme les cultures et les reflexes protectionnistes , au point que dans 50 ans plus aucun peuples ne sera different sauf peut'etre dans sa vision du monde ou regnera la confusion generalisée tant les frustrations seront enormes et les enjeux du commerce international sont au coeur aussi du probleme futur
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une belle interview , l'homme est un roseau pensant sous l'orage , nous pouvons eviter la catastrophe mondiale si tous on en prend conscience , aussi le travail ne rend ni libre ni sage , bien des philosophes ont voulu le bonheur des peuples , le paradis sur terre ? , mais l'essentiel c'est la maitrise de notre demographie mondiale , quand a l'occidentalisation du monde c'est tout a fait vrai , des marques s'imposent de nos jours sur tous les continents , balayant meme les cultures et les reflexes protectionnistes , au point que dans 50 ans plus aucun peuples ne sera different sauf peut'etre dans sa vision du monde ou regnera la confusion generalisée tant les frustrations seront enormes et les enjeux du commerce international sont au coeur aussi du probleme futur
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
J'apprécie votre icursion dans le neolithique et dans le monde des divinités. Durkheim nous expliquait dans le monde gallo-romain le sacré des confréries professionnelles avec leurs divinités. De nombreuses populations non vraiment occidentalisées à travers le vaste monde connaîssent encore quotidiennement cette présence, peut être constructiviste, des espaces sacralisés.
Et les Vedas, égrenant les dieux anciens, nous explique qu'ils font partie de la conscience humaine: "richo akshare parame vyoman yasmin deva adi vishve nisheduh..." Tout , heureusement, n'est pas qu"économie !!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
d'ou la nécéssitié d'avoir comme plusieurs pays au monde d'avoir un sécurité alimentaire, non seuleument en europe mais partout dans le monde. des pays riches louent des terres en afrique pour garantir leurs sécurité alimentaire. n'oublions pas nous 550 milllions en europe et cela peut très vite dégénéré. en créant toutes sortes de conflits comme l'eau par exemple .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
a mon sens la nouvelle conscience morale devra voir le jour sur le net - à la condition que la toile ne soit pas utilisée comme une nasse à cons (ommateurs), ce qui est trop souvent la cas aujourd'hui. enfin, non, elle devra voir le jour en chacun de nous et se répandre par le net - le net doit être le moyen de fédérer les individualités, plutôt que de les empiler comme c'est aussi le cas aujourd'hui.

je trouve beaucoup de pessimisme dans la plupart des réactions à cet article alors que c'est l'optimisme et la confiance en nous tous qui changera les choses. une pensée puissante pour finir : "ce n'est parce que les choses sont difficiles qu'on ne les fait pas ; c'est parce que l'on ne les fait pas qu'elles sont difficiles"

lisons tous ce livre (quant une société oublie sont histoire, elle s'apprête à la revivre) et mettons nous au travail...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci pour cette synthèse enrichissante. Cependant, quelques remarques :
1- les tendances démographiques sont à la baisse pour nos pays ; les chinois vont se bloquer par manque de filles vers les années 2020; restent l'Inde, l'Afrique et l'Amérique du Sud pour lesquels les priorités sont de se nourrir et d'éradiquer les maladies
2- dans les périodes de crise, la solidarité joue à bloc même si les égoïsmes se manifestent aussi : cf la 2ème guerre mondiale par exemple
3- la crise est d'origine financière et la solution est une régulation mondiale des principaux établissements financiers qui tarde à venir. Ses conséquences sociales de chômage vont mettre du temps à se résorber
4- ramener l'avenir de la planète à la seule contrainte écologique me paraît excessif : la récession en cours contribue à diminuer les émissions de CO² et la mobilisation mondiale pour des énergies alternatives va porter ses fruits
5- je crois à l'aspiration de beaucoup de nos contemporains d'arriver à instaurer un monde plus juste : peut-être la révolution morale que vous évoquez...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
belle synthèse que tout cela. et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? On attendrait de l'économiste qu'il contribue à éclairer l'avenir.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
J'ai feuilleté ce livre dans une gondole d'une librairie de St Germain-en-Laye ce matin. L'introduction m'incite à découvrir ce livre de la rentrée de Daniel Cohen. C'est superbe
Limsoan Chéa
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Une phrase-phare extraite de cette interview lumineuse:
"La seule différence c'est que les chasseurs-cueilleurs travaillaient deux heures par jour et les ouvriers du XIXe siècle 18 heures par jour pour un revenu équivalent."
Une pierre, que dis-je, un rocher, dans le jardin-des-pleurs des tenants de la "valeur-travail".
Comme la chasse-cueillette, le travail n'est qu'une nécessité pour se nourrir, et non pas une valeur en soi.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Forcément, lorsque tout le tiers monde aura rejoint l'Europe et les USA, en refusant de s'intégrer, s'en sera fini de la prospérité et de la paix.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le régime de la Terreur suite à la Révolution de 1789 est le prototype des régimes totalitaires modernes comme le communisme soviétique, le nazisme allemand, ou l'utopie ultra-libérale qui érige l'intérêt individuel en seul régulateur de la société (le fameux laisser-faire).
Et non les explications ne sont pas à chercher uniquement dans le monde économique. Soit une société promeut le bien commun (le bien des personnes et non la maximisation de la production de richesse, ni une quelconque autre idéologie), soit elle disparait.
Voir par exemple le livre de l'économiste Schumacher, "Small is beatiful".
Recherche la paix et poursuis la.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une prospérité de vice est le produit de l'homme vicieux et immoral . son bonheur , s'il cherche vraiment un bonheur , c'est de vaincre et dominer Pandora. le suicide collectif n'aura pas lieu tant que la femme existe. c'est elle qui garantit le progrès . il y aura toujours du progrès mais une loi naturelle stipule que tout progrès impose des victimes! Malthus et son contraire coexistent toujours et la vie continue ...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
blablabla
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Mon grand-père disait : losque la jeunesse devient trop turbulante, on lui fait faire la guerre.
Lorsque les financiers internationaux feront le constat que
leurs profits sont menacés alors, ils organiseront une guerre, et les affaires repartiront.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
comme l'a si bien formulé l'auteur de théâtre Tabori, alors qu'il met en situation deux juifs dans la tourmente nazie, un des protagonistes dit : A l'année prochaine à Jérusalem et l'autre lui répond : oui mais cette année qu'est -ce qu'on fait. Ne sommes nous pas un peu dans la même situation.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce monsieur est certainement un soixante-huitard nostalgique de l'époque où il pouvait débiter n'importe quoi devant des dizaines de crétins captivés... Si je comprends bien il faut revenir à la chasse et la cueillette, et surtout éviter la croissance économique qui entraînerait la guerre ? Mais bien sûr...

C'est sûr, M. Cohen ne doit pas travailler plus de deux heures par jour pour sortir ces idioties avec autant d'aplomb ! Je me demande même s'il est vraiment sain d'esprit, en tout cas il ne véhicule pas des idées saines : à l'heure où chacun doit y mettre du sien et se serrer la ceinture pour que la machine économique reparte, il parle de revenir au néolithique. Personne ne lui interdit d'aller chasser dans la montagne, au fait !

J'ai cru à un mieux quand il conclut au besoin de morale dans la ociété, mais j'ai l'impression qu'il ne comprend pas lui-même le sens de cette notion. Ne pas tout monétiser, rendre la société moins individualiste, cela signifie justement que les gens arrêtent de regarder à l'euro près leur fiche de paie à la fin du mois, qu'ils soient traders ou ouvriers, et prennent un peu conscience des enjeux collectifs, l'économie nationale ou la santé de leur entreprise par exemple. Or, je rappelle qu'il est beaucoup plus simple de diviser le salaire des traders par deux que de faire baisser le SMIC, ce qui serait pourtant nécessaire en période de déflation. Même si l'idéal serait surtout de supprimer cette rigidité d'un autre âge absente des économies les plus dynamiques. Ensuite, une nouvelle morale économique devrait passer par la sanction du chômage (même non indemnisé) qui traduit toujours une préférence malsaine pour le loisir (c'est la théorie économique de base !) ou encore par la limitation de l'impôt en rendant au maximum le financement de l'Etat et des institutions publiques volontaires (chacun paie un impôt forfaitaire égal quel que soit son niveau de vie, pour le reste chaque individue contribue ce qu'il veut) : comme dans l'exemple de l'école, cela limiterait la marchandisation, donc la fraude et les comportements individualistes ! Au lieu de cela l'impôt, en France, est un racket légal...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
En réaction au commentaire précédent ("Charon a écrit le 10/09/2009 à 12:28") qui réussit le tour de force de :
1) lire l'article mais de ne pas le comprendre
2) de retenir que ce qui l'interesse
3) de proposer des solutions contradictoires (pour plus de croissance il faut diminuer le revenu des agents économiques...) en opposition complète avec l'analyse de Daniel Cohen

Quoique à bien y réfléchir le point 3) explique assez bien les deux premiers.

PS : qualifier le propos de l'économiste de "n'importe quoi devant des dizaines de crétins captivés" et proposer en même temps "la limitation de l'impôt en rendant au maximum le financement de l'Etat et des institutions publiques volontaires" est consternant de suffisance intellectuelle mal placée, mais pour s'en apercevoir encore faut-il posséder quelques notions économiques de base, comme celle de passager clandestin...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
il sait pas lire ce charon
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Complètement d'accord avec les deux derniers commentaires... Le processus intellectuel qui conduit Charon à ces conclusions s'appelle l'aveuglement idéologique (de droite dure dans le cas présent) ! De plus rassurez-vous, pour l'avoir vu à l'?uvre (j'ai suivi l'un de ses cours), M. Cohen travaille bien plus de deux heures par jour ;)
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le pays des "droits de l'homme" n'a pas évité la guerre "mondiale en 1789; il a déclenché une guerre européenne de 20 ans, au nom des grands principes révolutionnaires, qui a couté plus de 3 millions de morts dont un million de Français et créé la matrice des systèmes totalitaires du XXè siècle (Cf. François Furet). Il est temps de relire la révolution, de sortir de notre vision idéologique éloignée de la réalité et de nous intéresser aux pays qui savent se réformer sans couper de têtes, je fais allusion aux pays scandinaves; moins de panaches, moins de grands discours, mais plus d'efficacité, de justice sociale et d'humanisme. La mise en perspective de l'idée que l'occident se fait de lui-même par Daniel Cohen, pour sortir de nos idées reçues et nous confronter à la réalité de notre histoire, me parait remarquable pour comprendre la crise actuelle et tenter d'en sortir. Je vais très rapidement lire cet ouvrage.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je propose le suicide collectif: je ne veux pas voir ça! Le vrai prix des choses est le temps qu'on met pour les acquérir: on ne peut comparer les revenus en se basant sur la monnaie. Nos ancêtres passsaient certainement plus de deux heures à assurer leurs subsistances: ils étaient vraisemblablement plus frugivores que carnivores, à l'image de nos cousins les chimpanzés
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il n'y apas de solution,soit ne plus faire d'enfants et nous avons le Japon et ses vieux soit continuer àvoir la population du globe croitre et àpartir d'un certain nombre de milliards les hommes ne pourr.ont ni se nourir ni se supporter. Qui a la réponse?

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