La BCE et la BoE laissent leurs taux inchangés

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Après le statu quo de la Fed mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre ont maintenu ce jeudi leurs taux directeurs à leur niveau historiquement bas. Jean-Claude Trichet table sur une "reprise économique progressive en 2010".

La Banque centrale européenne (BCE) n'a pas modifié ses taux directeurs ce jeudi, comme attendu par les marchés. Son taux de refinancement reste donc au plus bas record de 1%, le taux de facilité de dépôt à 0,25% et le taux de prêt marginal à 1,75%.

"Les taux actuels restent appropriés, a commenté peu après Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale. Les informations et analyses disponibles depuis notre réunion d'octobre ont confirmé nos anticipations. Alors que l'inflation IPCH était de -0,1% en octobre (...), elle devrait redevenir positive au cours des prochains mois et rester à des taux modéréments positifs à un horizon pertinent du point de vue de la politique monétaire."

"Les dernières informations continuent de montrer une amélioration de l'activité économique", a poursuivi le patron de la BCE, qui a aussi estimé que "les banques devraient prendre les mesures appropriées pour renforcer encore leurs bases de capitaux."

"Pour l'avenir, en prenant en considération l'amélioration de la situation des marchés financiers, toutes nos mesures de liquidité ne seront pas nécessaires dans la même mesure que par le passé. En conséquence, le Conseil des gouverneurs s'assurera que les mesures de liquidités exceptionnelles adoptées seront retirées de manière opportune et graduelle, et que les liquidités apportées seront absorbées de manière à contrer efficacement toute menace sur la stabilité des prix à moyen et long termes", a précisé Jean-Claude Trichet.

"Le Conseil des gouverneurs appelle donc les gouvernements à communiquer et à mettre en oeuvre de manière opportune des stratégies de sortie et de consolidation budgétaire ambitieuses fondées sur des hypothèses de croissance réalistes, en mettant fortement l'accent sur le développement de réformes certaines."

Par ailleurs, selon Trichet, "les baisses d'impôts ne devraient être envisagées qu'à moyen terme, lorsque les pays ont regagné des marges de manoeuvre budgétaire suffisantes (...) La zone euro devrait enregistrer une reprise graduelle en 2010. Du point de vue du Conseil des gouverneurs, les risques sur cette perspective restent globalement équilibrés. La confiance pourrait s'améliorer plus rapidement."

"Nous encourageons la Commission (européenne) et l'Eurogroupe à appliquer strictement le Pacte de stabilité et de croissance. Nous sommes dans des circonstances exceptionnelles. Si nous ne sommes pas crédibles (...) sur la soutenabilité des situations budgétaires à moyen et long termes, alors le prix à payer sera très élevé", a-t-il aussi insisté.

"Nous considérons qu'une volatilité excessive est défavorable du point de vue de la stabilité et de la prospérité de l'économie mondiale et nous apprécions les déclarations faites par le secrétaire américain au Trésor et le président de la Réserve fédérale sur le fait qu'un dollar fort vis-à-vis de l'euro et d'autres grandes devises flottantes est dans l'intérêt des Etats-Unis, et je considère ces déclarations comme un élément important dans les circonstances actuelles."

"Avant tout, nous dirions certainement à toutes les banques, comme nous l'avons toujours fait, que le soutien accru au crédit dans lequel nous nous sommes engagés, qui a été très audacieux et très important, n'est pas éternel, et nous l'avons dit dès le tout premier jour (...) Ce que j'ai déclaré sur ce retrait, un retrait progressif, graduel des mesures non-conventionnelles, correspond exactement au langage que nous avons toujours employé. Tout le monde le sait, donc rien de nouveau à ce sujet (...) Il sera donc graduel et pour le moment, je ne dirai rien de plus que ce que j'ai dit."

Sur les opérations de refinancement, il a déclaré : "je vous donnerai toute latitude, lors de notre prochaine réunion dans un mois, en ce qui concerne la décision que nous prendrons quant au retrait du refinancement LTRO. Je dirai simplement à ce stade que le marché, pour ce que j'en vois, ne s'attend pas à ce que nous prolongions le LTRO à un an au-delà de la décision que nous avons déjà adoptée et je ne dirai rien pour contredire le sentiment actuel du marché. Mais la décision sera prise par le Conseil des gouverneurs lors de la prochaine réunion, dans un mois."

Enfin, sur les changes, il considère "qu'une appréciation ordonnée et progressive des monnaies des économies émergentes, particulièrement en Chine (...) serait bienvenue pour la prospérité et le rééquilibrage de l'économie mondiale."

La grande majorité des économistes estime que la BCE commencera à retirer progressivement ses mesures de liquidité en 2010 avant d'entamer la remontée des taux. Selon la dernière enquête Reuters, la première hausse du taux de refinancement n'est attendue qu'au dernier trimestre de l'an prochain.

De son côté, la Banque d'Angleterre ( BoE ) a, comme attendu aussi, laissé sa politique monétaire inchangée jeudi, son taux directeur restant fixé à son plus bas niveau historique, à 0,5%. La banque centrale a également décidé d'augmenter son programme de rachats d'emprunts sur les marchés de 25 milliards de livres pour le porter à 200 milliards de livres (225,5 milliards d'euros), comme l'estimaient deux tiers des analystes interrogés la semaine dernière par Reuters.

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Commentaires
a écrit le 06/11/2009 à 20:23 :
Pou répondre à la question de ben, il ne faut pas chercher bien loin...
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20091106trib000441072/le-deficit-budgetaire-francais-a-plus-que-double-en-un-an.html
a écrit le 06/11/2009 à 14:58 :

Après avoir décidé de maintenir inchangé son taux directeur, la BCE a justifié sa décision de politique monétaire, à travers les propos de son président, ainsi qu'il suit : "Alors que l'inflation IPCH était de -0,1% en octobre (...), elle devrait redevenir positive au cours des prochains mois et rester à des taux modéréments positifs à un horizon pertinent du point de vue de la politique monétaire". Ceci dit, pourrait-on conclure qu'aucun risque de surchauffe ne pèse sur l'économie européenne et qu'il faudra attendre encore un temps considérable pour observer une augmentation des taux de la BCE. Autrement dit, est-ce pourquoi "Selon la dernière enquête Reuters, la première hausse du taux de refinancement n'est attendue qu'au dernier trimestre de l'an prochain".
a écrit le 06/11/2009 à 6:47 :
tout simplement parce que l'euro n'est pas le dollar!!!! qui reste et restera la devise la plus demandé au monde!!!!
a écrit le 05/11/2009 à 15:36 :
Et pendant ce temps l'euro continue à s'apprécier à cause de l'immobilisme de la BCE ! Pourquoi ne pas faire comme les américains ? Pourquoi ne pas faire tourner (un peu) la planche à billet, afin de se rapprocher doucement de la parité euro/dollar ?

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