Le déficit budgétaire américain va battre un nouveau record

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
La Maison blanche a annoncé que le déficit budgétaire atteindrait un record de 1.560 milliards de dollars en 2010, et que le budget atteindra 3.800 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2011 qui débute le 1er octobre.

La Maison blanche prévoit un déficit budgétaire record de 1.560 milliards de dollars pour l'année fiscale en cours. Le Congressional Budget Office (CBO) l'avait évalué la semaine dernière à 1.350 milliards de dollars. Les deux estimations tablent sur un déficit flirtant durablement avec les 10% du PIB, ce qui serait sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale.

L'an dernier, le gouvernement a fait état d'un déficit de 1.400 milliards de dollars, soit 9,9% du PIB. Dans son projet de budget, qui doit être dévoilé ce lundi, la Maison blanche prévoit un budget de 3800 milliards de dollars et prédit en outre un déficit de 1.300 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2011 qui débute le 1er octobre. Il serait ramené à 700 milliards de dollars en 2013 mais remonterait progressivement pour atteindre 1.000 milliards de dollars pour l'année fiscale 2020.

Le projet de loi de Finance prévoit un gel des dépenses de trois ans, qui devrait permettre d'économiser 20 milliards de dollars sur l'exercice budgétaire 2011 et 250 milliards de dollars au total d'ici à 2020. Les coupes prévues n'empêcheront toutefois pas le déficit de rester très au-dessus des 3% du PIB prônés par la plupart des économistes. Malgré la reprise attendue, il devrait se situer aux alentours de 4,5% dans les dix ans à venir pour se creuser à nouveau ensuite avec le départ à la retraite des "baby-boomers".

Barack Obama s'efforce de trouver un équilibre entre la réduction des déficits à long terme et la lutte contre un taux de chômage désormais à deux chiffres en stimulant l'embauche par des crédits d'impôts et en allégeant la fiscalité des classes moyennes. Le président, que les républicains accusent de creuser les déficits, a promis de sortir les Etats-Unis du "gouffre budgétaire béant" où ils se trouvent, mais ce gouffre semble encore plus abyssal que prévu pour l'année fiscale en cours.

L'évolution des déficits à venir sera étroitement liée à l'ampleur de la reprise économique aux Etats-Unis à partir de l'année 2010. Premier indice avec les chiffres du PIB américain annoncés vendredi qui font état d'un très net rebond de la croissance au quatrième trimestre. Si cette tendance se pousuivait sur les années à venir, les marges de manoeuvre budgétaires de la Maison Blanche seraient plus importantes. Reste qu'après la crise actuelle et la crise de confiance qu'elle a engendré, les agences de notation et les marchés financiers seront sans complaisance avec les Etats qui laissent filer le déficit public. L'agence de notation Fitch avait appelé le 14 janvier le gouvernement américain à prendre des mesures destinées à réduire le déficit budgétaire, et prévenu qu'en leur absence, "au cours des trois à cinq prochaines années, l'endettement public se rapprochera de niveaux qui feront peser une certaine pression sur le statut 'AAA'".

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Commentaires
a écrit le 02/02/2010 à 4:37 :
La crise a bon dos et comme tous les états celui-là vit au-dessus de ses moyens et la solidarité nationale ne commencera qu'au niveau individuel car les politiciens de tout bord ne donnent pas l'exemple, ils veulent bien réformer, mais surtout pas leur système...
a écrit le 01/02/2010 à 12:14 :
POUR UNE VISION SYNTHÉTIQUE DE LA DETTE FÉDÉRALE ET DE SON FINANCEMENT

http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/01/15/la-dette-federale-montant-structure-financement-national-et-etranger-au-31-12-2009/
a écrit le 01/02/2010 à 11:59 :
Tout ça c'est du vent ! Vous demandez à n'importe qui dans la rue ce qu'il pense et "presque" tout le monde pense que la vraie crise arrive ! Reprise aux USA ? Comme le disent Jipege et Démosthène entre les entreprises qui n'embauchent pas et les déficits qui continuent, on est bien obligé de reconnaitre que ça fait un peu "discours de motivation positive" la réalité est bien différente !
a écrit le 01/02/2010 à 9:54 :
Le Français vit sur le dos de ses descendants. L'Américain vit sur le dos du reste du monde. Celà est dans les deux cas injuste et dangereux. A l'échelon français pour nous même. A l'échelon américain pour le monde entier. Il y a là un réel péril économique mondial. Ces déficits colossaux ne pourrons bientôt plus être remboursés que grace à une inflation importante qui apauvrira une majorité d'individu. Les Américains étant la plus grande puissance mondiale (pour l'instant) ils ont le devoir de rester raisonnables, sinon...
a écrit le 01/02/2010 à 8:48 :
Qu'on nous dise où se trouve la reprise économique? Les entreprises créent-elles de nouveaux emplois ou bien le chômage continue-t-il à augmenter ?
Existe-t-il une reprise dans le secteur immobilier et dans l'industrie automobile ?
La reprise financière...artificielle...oui, la reprise économique...non

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