"Gouvernement économique", Grèce, Portugal, Espagne... le sommet européen de jeudi s'annonce crucial

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Comment parler d'une seule voix pour asseoir son influence face à la Chine et les Etats-Unis ? Comment créer assez de croissance pour préserver le mode de vie européen ? Confronté à ces défis, le nouveau président de l'Union européenne, le belge Herman Van Rompuy, pourrait proposer lors du somment européen de jeudi une "gouvernance économique" commune. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a modifié son agenda pour y assister.

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, aurait évoqué, selon l'AFP (Agence France Presse), la création d'un "gouvernement économique" des 27 pays membres, une proposition qui ravira la France depuis longtemps favorable à un tel projet. Nicolas Sarkozy pourrait faire des propositions en ce sens jeudi, lors du prochain sommet européen. En revanche, l'Allemagne et la Grande-Bretagne devraient rester méfiants.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne sont chacun dans leur pays "responsables de la stratégie économique de leur gouvernement" national. A l'avenir "ils devraient l'être au niveau de l'UE", écrit Herman Van Rompuy dans un document révélé par l'Agence France Presse.

"Notre taux de croissance structurel n'est pas assez élevé pour maintenir notre modèle social. Nous devons agir ensemble pour aider à préserver le mode de vie européen", a également souligné le président dans une lettre envoyée aux dirigeants de l'UE.

Par ailleurs, "les récents développements dans la zone euro soulignent l'urgence de renforcer notre gouvernance", a déclaré Herman Van Rompuy en se référant aux difficultés financières de la Grèce.

Le discours est le même du côté de la nouvelle Commission européenne, mise en place ce mardi. Son président reconduit, José Manuel Barroso, a insisté, devant le Parlement européen, sur l'importance d'avoir une Europe qui parle "avec une seule voix" et dont les politiques économiques soient "mieux coordonnées."

"On peut se demander si l'UE compte autant qu'elle le devrait dans le monde. Pas encore", a-til dit aux eurodéputés ce mardi.

Quels objectifs communs et quelles incitations ?

Ces propositions devraient être débattues par les 27 dirigeants européens au sommet de jeudi à Bruxelles sur la relance économique, un rendez-vous qui est supposé poser les jalons d'une nouvelle stratégie économique pour l'UE, en remplacement de la stratégie de Lisbonne.

Lancée en 2000, cette dernière ambitionnait de faire de l'UE "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde", et cela en une décennie. Elle a largement échoué.

Herman Van Rompuy proposera de remédier à cet échec en restant modeste quant à la définition des objectifs communs, des objectifs dont il a souhaité qu'ils prennent en compte la situation "individuelle" chaque pays, plutôt que de s'appliquer à tous de la même façon.

Comment s'assurer toutefois que les pays membres joueront le jeu ? Pour Herman Van Rompuy, chaque pays serait audité, par des missions d'experts de la Commission européenne et par d'autres Etats. Les mauvais élèves recevraient des rappels à l'ordre.

A l'inverse, pour les Etats qui jouent le jeu, le président de l'UE propose de puiser dans le budget européen pour dégager des "incitations" financières.

Inquiétudes sur la Grèce

Le sommet de jeudi se déroulera par ailleurs sur fond de situation budgétaire catastrophique en Grèce, et d'inquiétudes autour des déficits portugais et espagnols. 

Sur ce point, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, ayant écourté ce mardi un déplacement en Australie pour retourner en Europe, les spéculations vont bon train sur de possibles initiatives de sa part visant à apaiser l'inquiétude des investisseurs.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia a enfoncé le clou devant le Parlement européen ce mardi, estimant qu'il avait des "risques de contagion" de la situation grecque aux autres pays de l'UE.


 

 

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a écrit le 10/02/2010 à 19:52 :
Un pays, un état, une monnaie. L'europe devrait devenir un état fédéral. Là est notre avenir commun. Vive l'Europe.
a écrit le 09/02/2010 à 16:11 :
Monsieur le Président Van Rompuy, Tous les pays qui vous entourent ont 0 euro d'économie ! Mais de plus des milliards de dettes ! Vous voulez faire des affaires ? c'est quand même votre but ... qu'est-ce que Mr. Sarkosy vous propose comme marché ? Je pense que vous savez faire des additions ! Alors, faites ces opérations sans oublier : la Grèce; le Portugal, l'Espagne, votre pays la Belgique -combien de chômeurs ? l' Islande, qui renâcle à rembourser l'Irlande et l'Angleterre, sans oublier la France et tous les autres !! Chacun de ces pays prétend ne pas savoir comment s'en sortir, alors c'est encore une arnaque quand on voit les " les Hauts Fonctionnaires de l'Union Européenne " qui ne sont pas élus bien que leur fonction est politique, jugez-en ( rapport de l'Association Sauvegarde Retraite ) : le président, Mr. Borroso, de la Commission Européenne son salaire : 29 504 mensuels, hors suppléments familiaux le greffier du Tribunal = 16 327 par mois, le président de la Cour de Justice 26 651 euros mensuels, le président de la cour des comptes : 23 405 euros mensuels. Un magistrat à la Cour des comptes européenne, père de 3 enfants à charge , perçoit 11 354 euros supplémentaires qui s'ajoutent à son salaire de 21 980 euros. Voilà des" allocs " qui représentent plus du double du smic en France ! Le Haut Fonctionnaire nouvellement nommé bénéficie lors de son arrivée d' une prime d'installation égale à deux mois de son salaire de base. Messieurs les journalistes vous qui nous "jetez " souvent, est-ce que je suis irrévérencieuse ? Je voudrais bien que l'on ne fasse pas l'amalgame entre ces fonctionnaires hauts ? et les autres qui sont utiles.
a écrit le 09/02/2010 à 15:52 :
un client qui ne rembourse jamais son crédit doit payer au moins 20% d'intérêt.
Les banquiers iront jusque la cessation de paiement des états pour obtenir ces taux.
Messieurs les états vendez vos bijoux ou rompez car la situation s'est retournée , de soutien les banques sont devenues opposées .
a écrit le 09/02/2010 à 15:16 :
Tout le monde savait que la Grèce était membre du club med comme toute l'Europe du sud dont la France . La bonne question va enfin être posée :
l' Allemagne est-elle prête à mettre la main à la poche pour cette bande de comiques ? Elle a gardé ses Marks avec sans doute une idée derrière la tête . Une petite observation : Si les PIGS sont dans le lisier , la livre barbotte dedans ... Nous vivons une époque moderne ...
a écrit le 09/02/2010 à 11:46 :
Réaliste, modeste, créatif et travailleur: de bonnes qualités pour cette fonction.

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