La crise grecque, priorité de Bruxelles, le FMI européen attendra

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
"Le Fonds monétaire européen ne pourrait pas régler la question urgente de la Grèce. C'est une autre affaire qui nécessite une analyse approfondie", a dit le président de la Commission européenne devant les députés de l'UE.

La création d'un Fonds monétaire européen est "une proposition à très long terme qui nécessitera sans doute un changement du traité" de l'Union européenne, a déclaré à Strasbourg Jose Manuel Barroso , président de la Commission européenne.
 

L'Allemagne a proposé la création d'un tel fonds, à l'image du FMI, qui aurait le pouvoir d'aider un pays membre de la zone euro en difficulté en échange de réformes drastiques. "Le Fonds monétaire européen ne pourrait pas régler la question urgente de la Grèce. C'est une autre affaire qui nécessite une analyse approfondie", a dit le président de la Commission européenne devant les députés de l'UE.
 

Axel Weber, membre de la Banque centrale européenne (BCE), avait auparavant estimé que l'idée d'un fonds monétaire européen, qui pourrait être utilisé pour aider des pays en difficulté, était contreproductive et allait à l'encontre des textes européens. Pour la ministre de l'Economie Christine Lagarde, l'idée d'un tel fonds est "une piste intéressante" mais n'est pas "la priorité absolue" actuellement.
 

Invité à indiquer sur quelles pistes travaillait la Commission européenne pour éviter une répétition de la crise grecque au sein de l'UE, son président s'est contenté d'annoncer une prochaine communication sur le sujet. "Ce sur quoi nous travaillons, c'est sur la préparation d'initiatives pour renforcer la coordination économique et la surveillance des pays. Nous sommes pour tout ce qui va en faveur d'une augmentation de la gouvernance économique", a-t-il dit.
 

LA CE ETUDIE L'INTERDICTION DES VENTES A DECOUVERT A NU
 

Barroso a précisé que la Commission européenne réfléchissait avec les Etats membres de la zone euro à un mécanisme destiné à aider la Grèce si nécessaire. Il a précisé qu'"un tel mécanisme serait conforme au Traité de Lisbonne, en particulier avec la clause de non "renflouement" et comporterait des conditions rigoureuses.
 

Par ailleurs, a poursuivi le président de l'exécutif européen, la Commission européenne compte examiner le principe d'une interdiction des ventes à découvert à nu de dette souveraine, une pratique qui permet de vendre un titre sans l'avoir emprunté auparavant. "Une nouvelle réflexion mâture est nécessaire sur les swaps de défaut de crédit (CDS) concernant la dette souveraine", a déclaré Jose Manuel Barroso . "(...) la Commission va étudier de près la pertinence d'une interdiction des ventes à découvert à nu purement spéculatives sur les swaps de défaut de crédit liés à de la dette souveraine."  Il a ajouté qu'il souhaitait que le G20 discute des CDS sur la dette souveraine.
 

Barroso a également signalé aux députés européens qu'il ne pensait pas que les problèmes d'endettement de la Grèce résultaient de la spéculation sur les marchés financiers mais étaient la conséquence d'un excès de dépenses de la part d'Athènes. Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou a assuré mardi que son pays était en train de prendre les mesures nécessaires afin de s'assurer la maîtrise de son budget. Un haut fonctionnaire du gouvernement américain a d'ailleurs estimé mardi qu'il s'agissait-là de la principale priorité de la Grèce, avec la mise en oeuvre des mesures visant à relancer sa croissance.
 

Le Premier ministre grec George Papandréou est en déplacement aux USA depuis lundi. Il a rencontré lundi la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton et doit s'entretenir avec le président Barack Obama ce mardi.George Papaconstantinou a également dit qu'au-delà des problèmes budgétaires que pouvait avoir tel ou tel pays en particulier, le dossier grec avait soulevé des questions sur l'utilisation faite par certains d'instruments financiers comme les CDS et avait mis en lumière l'opacité des marchés de dérivés. La Grèce a par ailleurs annoncé mardi qu'elle n'avait pris aucune décision concernant ses emprunts mais qu'elle ne comptait pas solliciter à nouveau le marché prochainement, après avoir emprunté cinq milliards d'euros à dix ans avec succès la semaine dernière.

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