La Grèce redescend dans la rue ce jeudi

 |   |  613  mots
(Crédits : Reuters)
La Grèce a été paralysée ce jeudi par une grève générale, la deuxième en quinze jours, pour protester contre les mesures d'austérité décidée par le gouvernement.

Les deux principales centrales syndicales grecques, la Confédération générale des salariés du privé (GSEE, 1 millions d'adhérents) et celle des fonctionnaires (Adedy, 300.000 membres) ont appelé à une grève générale, ce jeudi, après celle du 24 février.

Les syndicats protestent contre les mesures d'austérité draconiennes prises par le gouvernement socialiste, qui visent à résorber le déficit public. Parmi elles, la coupe quasi-intégrale du quatorzième mois des fonctionnaires ou encore des hausses de TVA.

Un pays à l'arrêt

Le trafic aérien a été interrompu et les navires sont restés à quai, du fait du ralliement à la grève de l'Union des contrôleurs du trafic aérien de Grèce (EEEKE) et de la puissante Fédération des marins (PNO). Les trains de la compagnie publique OSE sont également restés au dépôt.

Bus, trolleys et tramways sont restés à l'arrêt dans la capitale et à Salonique, la deuxième ville du pays. Seule une ligne de métro fonctionnait ce matin à Athènes, pour permettre aux grévistes de se rendre aux manifestations prévues dans le centre.

Les banques ont travaillé au ralenti à l'appel de la Fédération des employés des banques (OTOE). Les administrations publiques et les écoles ont été fermées, tandis que les hôpitaux ont fonctionné avec le personnel d'astreinte. Le pays a été privé de toute information diffusée par les radios et les télévisions en raison du ralliement du syndicat des journalistes. Les journaux ne paraîtront pas vendredi.

Les policiers, pompiers et garde-côtes syndiqués avaient également prévu de manifester, devant la direction de la police.

Quelques heurts ont opposé dans l'après-midi des jeunes à la police, devant le Parlement grec. Les échaffourées se sont poursuivies avec les forces anti-émeutes et les jeunes ont cassé ou endommagé des vitrines d'une dizaine de magasins du centre d'Athènes.

Le président de la Fédération des industriels grecs (SEV), Dimitris Daskalopoulos, a pour sa part soutenu mercredi les mesures d'austérité du gouvernement, et vivement condamné "les mobilisations" de jeudi.  "Entre la banqueroute et la récession, entre le marteau et l'enclume, il n'y avait pas d'autres choix pour échapper à l'abîme" que les mesures adoptées par la Grèce , a-t-il affirmé.

Le gouvernement optimiste sur ses comptes

Dans un rapport soumis ce mercredi à l'Union européenne, la Grèce a annoncé être en avance sur ses objectifs en matière de réduction de son déficit budgétaire. Les dépenses publiques n'ont subi pour l'instant aucun dérapage, a assuré son gouvernement, qui estime en revanche que le remboursement de la dette grecque devrait coûter plus cher en raison du maintien de rendements élevés sur les obligations du Trésor grec. "Des dépenses supplémentaires de paiement d'intérêt seront nécessaires", lit-on dans son rapport. Le plan d'austérité grec entériné par l'Union européenne le mois dernier vise à ramener le déficit budgétaire à 2,8% du PIB en 2012, contre près de 13% en 2009.

Par ailleurs, le gouvernement a estimé qu'une réduction de la consommation en 2010 était prévisible compte tenu des baisses de salaire.

La publication prévue ce jeudi des chiffres du produit intérieur brut (PIB) de la Grèce au quatrième trimestre et du chômage du mois de décembre a été reportée en raison de la grève. Selon la première estimation annoncée le mois dernier, le PIB de la Grèce s'est contracté de 2,6% en rythme annuel au dernier trimestre de 2009.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/03/2010 à 8:52 :
Et chaque grève coûte combien ? Il est vrai que la Grèce est riche et peut se le permettre !!!
a écrit le 11/03/2010 à 7:31 :
Quand on le dit que les gouvernements et les patrons sont main dans la main, nous en avons une parfaite démonstration ici.

"Il a également proposé la réduction du poids de l'Etat, et l'ouverture des marchés, principalement ceux des transports et de l'énergie, "sous peine de subir la récession et la faillite".

Mais bien sûr, c'est la faute de l'Etat mais certainement pas du modèle du libre-échange élevé au rang de vérité absolue par ses affidés, toujours plus avides de profit.
La récession et la faillite, nous commençons à peine à en percevoir les effets, et ce ne sont ni les Etats ni le protectionnisme honni qui y ont contribué !
a écrit le 11/03/2010 à 7:02 :
pauvre peuple grec qui vit un drhacmme sans precedent , enfin on est mal placé pour donner des leçons vu notre deficit galopant , quand aux prochaines elections dans ce pays ce sera dur tres dur a entendre de la part de bruxelles et de la BCE ,enfin avec ce carcan d'austeritée vive la recession toute azimut , l'euro empeche la devaluation et donc la relance economique , les grecs vont nous donner une vision peut'etre horrible de l'avenir europeen et c'est pas la creation d'un fmi bis qui va changer grand chose tant que l'europe ne sera pas harmonisée fiscalement et socialement , là on peut rever longtemps , vive les fractions pour ceux qui n'ont rien compris a l'europe
a écrit le 10/03/2010 à 17:54 :
en france nous sommes proteges aucun nuage de pollution ne traverse nos frontiere

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :