La réduction des déficits et de la dette des pays européens pourrait prendre... 20 ans

 |   |  426  mots
Les Etats de la zone euro pourraient mettre vingt ans pour que leur niveau d'endettement redevienne inférieur aux critères définis par l'Union européenne, même si les pays prennent des mesures rapides pour gérer leurs problèmes budgétaires, estime la Banque centrale européenne (BCE) dans son rapport mensuel publié ce jeudi.

Dans son dernier bulletin mensuel publié jeudi, la BCE explique avoir testé trois scénarios portant sur les réformes budgétaires nécessaires pour réduire le déficit et l'endettement des pays membres de la zone euro, allant de projets ambitieux en la matière à une situation dans laquelle les pays ne feraient rien du tout.

La situation est en effet grave, car les niveaux de dette publique dans la zone euro sont passés de près de 70% du produit intérieur brut (PIB) avant la crise, à 84% du PIB attendus cette année, soit bien au-dessus du seuil de 60% défini par l'UE.

Selon le scénario le plus optimiste, qui repose sur une baisse d'un point de pourcentage par an du solde budgétaire primaire, la dette pourrait atteindre 89% du PIB en 2013 pour ensuite revenir en dessous de 60% à l'horizon 2026. "Le niveau référence de 60% du PIB est atteint d'ici les deux prochaines décennies (...) seulement dans le premier scénario", précise la BCE, en référence au scénario le plus optimiste.

Selon le scénario le plus pessimiste, dans lequel les Etats décident de ne prendre aucune mesure, la dette publique dépasserait 100% du PIB en 2015 et 150% en 2026.

En supposant des réformes réduisant de 0,5 point de pourcentage par an le solde budgétaire, le taux d'endettement dépasserait toujours les 70% du PIB en 2030. "Même avec une moyenne des efforts d'assainissement de 0,5 point de pourcentage du PIB par an (...) le retour au niveau d'avant la crise des taux d'endettement de la zone euro devrait prendre deux décennies", estime la BCE.

Le rapport mensuel de la BCE est publié le jour même où l'on apprend que la dette publique allemande a grimpé de plus de 7% en 2009 pour atteindre près de 1.700 milliards d'euros, selon l'Office fédéral des statistiques, soit environ 70% du produit intérieur brut (PIB), ce qui place l'Allemagne au-dessous de la moyenne européenne.

La dette allemande, qui s'élevait à près de 1.580 milliards fin 2008, s'est alourdie de 112,7 milliards au cours de l'année passée, ce qui représente la deuxième plus grande création de dette de l'histoire de la République fédérale, a souligné l'Office dans son communiqué. Ramenée au PIB, la dette représente 70,3%, selon un calcul effectué sur la base des chiffres publiés. Le ministère des Finances tablait sur un taux de 73% du PIB, alors que le Pacte de stabilité et de croissance européen impose une limite de 60%.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/03/2010 à 8:06 :
la rigueur est la seule solution entend-on ? mais trop de taxes et impôts tuent
la croissance pourtant indispensable au redressement du pays et de ses finances ! ce sont les dérives de notre système libéral qui ont crée la crise actuelle - ce serait une erreur de faire payer ceux qui la subissent...
il faudra du temps ou une sortie de l'euro ?
a écrit le 11/03/2010 à 10:55 :
mon ami à fait faillite en 1996 , pourtant c'était un entrepreneur intelligent , sérieux , prudent , depuis en 14 ans il n'a toujours pas redécollé , il survit , l'avenir c'est jardin, cochon , vélo et au bout de 20 ans peut être une mobylette. N'espérez rien d'autre.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :