La Grèce va payer encore plus cher pour financer un déficit revu à la hausse

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(Crédits : Reuters)
L'Office européen des statistiques a annoncé ce jeudi qu'il révisait à la hausse le déficit public de la Grèce, à 13,6% du produit intérieur brut, contre 12,9% annoncé jusqu'à présent par Athènes. A cette annonce, le taux de rendement des obligations d'Etat grecques à 10 ans a grimpé à un niveau inédit, à 8,7%. L'agence Moody's a dégradé la note du pays d'un cran, de A2 à A3.

L'Office européen de statistiques Eurostat a revu à la hausse ce jeudi le déficit public de la Grèce pour 2009, à 13,6% du PIB (produit intérieur brut), contre 12,9% annoncé jusqu'ici par Athènes, et a prévenu que le chiffre pourrait encore être modifié.

Cette révision à la hausse ne change pas pour autant les objectifs du gouvernement  pour la réduction du déficit en 2010 "d'au moins 4 points de pourcentage du PIB", a cependant indiqué le ministère grec des Finances ce jeudi. Le gouvernement "a déjà adopté toutes les mesures nécessaires qui dépassent au total 6% du PIB pour garantir que cet objectif soit atteint", a ajouté le ministère dans un communiqué.

Les nouvelles données "attestent de l'effort d'amélioration de la qualité des statistiques budgétaires du pays", "en coopération étroite" avec Eurostat", a ajouté le ministère, qui attribue au"précédent gouvernement", conservateur, "l'ampleur de l'écroulement financier" du pays. Acusée d'avoir longtemps fourni des chiffres inexacts voire mensongers, la Grèce souffre d'un problème de crédibilité sur les marchés, ce qui rend ces derniers très attentifs aux données officielles.

Nouveaux sommets pour les obligations d'Etat à 10 ans

A son arrivée au pouvoir, le gouvernement socialiste grec avait déjà doublé sa prévision nationale de déficit public, à 12,7%, ce qui avait déclenché la crise de défiance dont le pays est, depuis, victime sur les marchés financiers. Ce jeudi, le taux de rendement des obligations d'Etat grecques à 10 ans a répercuté l'annonce d'Eurostat en repartant à la hausse, vers de nouveaux sommets, à 8,7%, en milieu de journée, contre 8,086% mercredi soir. Il évoluait autour de 6,3% il y a à peine un mois.

Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence sur le marché obligataire, s'élève désormais à plus de 575 points de base, un niveau encore jamais vu depuis l'entrée du pays dans la zone euro en 2001. Depuis trois séances, les taux grecs connaissent une flambée qui fait craindre pour la solvabilité du pays.

Autre répercussion, l'agence de notation Moody's a dégradé ce jeudi dans l'après-midi la note de la dette souveraine de la Grèce d'un cran, de A2 à A3. Le 16 avril, son homologue Fitch avait fait de même, en l'abaissant de deux échelons, à BBB- contre BBB+. Les deux agences menacent de la descendre encore.

La situation a eu des conséquences sur les rendements d'autres pays fragiles budgétairement, en premier lieu le Portugal. Les taux à 10 ans du pays ont grimpé à 4,879% contre 4,711% mercredi soir, faisant craindre une contagion de la problématique de dettes souveraines à d'autres pays de la zone euro.

Aide européenne

Les responsables grecs sont par ailleurs en discussion actuellement avec des experts du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) pour déterminer les conditions de l'activation du mécanisme d'aide européen.

Ce jeudi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué ne pas s'attendre à ce que la Grèce demande cette aide avant la mi-mai. Mais il est vrai également que la chancelière Angela Merkel et son gouvernement ont tout intérêt à ce que rien ne se passe sur ce dossier d'ici au 9 mai, date d'un important scrutin régional pour son camp, et alors que l'opinion publique allemande se montre hostile à une aide dont Berlin serait le plus gros contributeur.

 

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a écrit le 22/04/2010 à 10:36 :
De toute façon, nous sommes entrés dans un cercle vicieux. Plus de mesures on applique plus la croissance diminue et mécaniquement plus le déficit augmente.
On savait très bien qu?avec les mesures que la Grèce a prises, la croissance serait inferieure aux attentes initiales. Rien d?exceptionnel si ce n?est que rajouter de l?eau au moulin des spéculateurs à la recherche d?arguments rationnels pour expliquer leur comportement.

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