Dominique Strauss-Kahn ce mercredi dans La Tribune

 |   |  531  mots
Ce mercredi, La Tribune publie un entretien exclusif avec le directeur général du Fonds monétaire International. Dominique Strauss-Kahn y aborde longuement tous les grands sujets de l'actualité économique et financière : crise grecque, rôle du FMI, de l'Europe, régulation financière, réévaluation du yuan... En voici quelques extraits. Réagissez à cette interview dans notre espace "commentaires".

SUR LA REGULATION FINANCIERE

La Tribune : Les réunions du FMI et du G20, la semaine dernière, ont montré que la régulation du secteur financier n'avance guère...

Dominique Strauss-Kahn : En matière de régulation financière, on est encore loin du compte. Ce n'est pas surprenant, parce ce sont des questions extrêmement techniques. Il faut rappeler que pour élaborer les normes dites de "Bâle 2", on a mis douze ans ! On ne prendra pas ce temps-là aujourd'hui, on ne l'a d'ailleurs pas. Mais le travail sérieux n'a été lancé qu'il y a un an. Le calendrier de la complexité technique n'est pas le même que celui de la politique : dans tous les pays où la puissance publique a aidé les banques, l'opinion publique réclame que l'on agisse. On avance donc aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, alors que d'autres pays sont plus réticents, le Canada ou le Japon, parce que l'urgence est moins forte pour eux, leur système bancaire n'ayant pas été touché autant.

SUR LA CRISE GRECQUE

La situation sociale et politique en Grèce se durcit, et l'on voit se multiplier les manifestations d'hostilité à l'encontre du FMI.

Nous sommes là pour aider les Grecs. Si on ne les aide pas, ils vont être dans une situation insoutenable. Je ne dis pas que si on les aide, ce sera facile. Ce sera difficile. Il faut que les Grecs aient présent à l'esprit que le redressement de leurs comptes publics, après plusieurs années de dérapages inconsidérés, va être pénible et difficile. Mais il n'y a pas d'autre solution pour en sortir. Croire qu'il suffit de congédier le médecin, lorsqu'il prescrit des remèdes désagréables, pour ne plus être malade, serait une illusion totale. J'ajoute que les ressources prêtées proviennent des contributions des autres pays. Si nous prêtons à la Grèce, il y aura ainsi une contribution de très nombreux pays, y compris de pays assez pauvres. La solidarité internationale repose sur l'idée que chacun des membres de la "coopérative" fait les efforts nécessaires, à la demande des autres. Dans les pays où l'opinion publique est plus consciente de cela, les programmes du FMI se déroulent bien, et ils sont plus efficaces.

SUR LE NIVEAU DE LA MONNAIE CHINOISE

La Chine peut-elle mener un plan de relance centrée sur sa demande intérieure sans réévaluer sa monnaie ?

La réévaluation du renminbi est cohérente avec ce recentrage. Elle permettrait de lutter contre les tensions inflationnistes internes. Il est clairement de l'intérêt des Chinois eux-mêmes d'opérer cette réévaluation. Je pense donc que la réévaluation du renminbi va se faire, de façon progressive. A l'autre extrémité, il y a un pays qui accumule les déficits, les Etats-Unis. Mais là aussi, le balancier revient dans le bon sens. L'une des conséquences de la crise, c'est que le taux d'épargne des ménages américains est remonté en flèche. Des deux côtés de la balance, les forces rééquilibrantes sont en action.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 30/04/2010 à 19:05 :
la Trilatérale prévoit l' alternance à N.S et les médias nous prépare à la présidence DSK. Si ce scénario se vérifie notre pays ne s'en remettra pas.
a écrit le 30/04/2010 à 15:12 :
comment concilier en démocratie l'inélucable démagogie des politiques professionnels pour être réélu dans l'immédiat et le gouvernement d'un pays à longue échéance?
a écrit le 28/04/2010 à 11:25 :
Ces paroles plein de bon sens de DSK me font penser qu'il serait en décalage avec la "sauce" politique française où, pour être élu, il faut faire des promesses (fausses) qui sont nécessairement financées par le déficit publique, ce qu'il combat ( à juste titre) dans son rôle de directeur du FMI?
a écrit le 28/04/2010 à 7:46 :
Quelle est l'importance du déficit grec proportionnellement parlant, par rapport à celui de pays tels que la Grande Bretagne et les USA...
Le problème grec, n'est il l' arbre qui cache la forêt...
Si la grèce fait si peur, n'est ce pas parce que derrière la crise de ce petit pays, se trouvent de grands pays financiers (la G.B. et les USA) qui menacent de s'écrouler.
Comment peut on entrevoir une régulation financière, sans police financière internationale vraiment indépendante de tout état...! dont les membres seront représentatifs des états faisant partie du G20 (sans aucune arrière pensée politique pour chacun de ses membres...) .
Il ne faut pas rêver, ce sera trés difficile (voir impossible) de mettre en place un système de régulation accepté et contrôlé par tous les membres du G20 .
Les gouvernants étant tellement "liés" (prisonniers) à leurs banques qu'ils sont trés limités (pour ne pas dire bloqués) dans leurs pouvoirs décisionnels...
Le Financier dominerait il le politique ?
.
a écrit le 28/04/2010 à 7:06 :
Le problème de fond n'est pas évoqué: l'opposition entre communisme et libéralisme/capitalisme. On ne peut éviter de traiter de ce choix, puisque dans le premier cas la MONNAIE n'existe pas. L'approche de ce choix est un prélable à tout débat. Le FMI est nécessairement MONETAIRE, donc les rapports avec la CHINE ne peuvent exister. Ces incongruités méritent au moins d'âtre débattues avant toute analyse.
a écrit le 28/04/2010 à 7:06 :
Le problème de fond n'est pas évoqué: l'opposition entre communisme et libéralisme/capitalisme. On ne peut éviter de traiter de ce choix, puisque dans le premier cas la MONNAIE n'existe pas. L'approche de ce choix est un prélable à tout débat. Le FMI est nécessairement MONETAIRE, donc les rapports avec la CHINE ne peuvent exister. Ces incongruités méritent au moins d'âtre débattues avant toute analyse.
a écrit le 28/04/2010 à 7:01 :
@ apodimos, il faut se rendre compte que les grecques ne sont plus souverain dans leur propre pays car l'UE et FMI impose la politique economique du pays quelque soit les dirigeants en place et les reactions de la population. Il y a donc peu de risque de voir la Grece faire faillite. En ce qui concerne l'euro, pour nous c'est tout bonus, l'euro baisse du fait des problemes Grecques sans pour autant faire augmenter les taux d'interet. La valeur reelle de notre dette, contractee en euro, baisse et on favorise en meme temps l'industrie exportatrice. Pour l'argent pretee a la grece, la difference de taux entre la France et la Grece va permettre a la France de faire une plus value de plus de 200 milions d'euros en trois ans.
Cette affaire n'est donc pas mauvaise pour tout le monde: maintenant vous comprenez peut etre mieux pourquoi Sarkozy et Merkel on negocie seul cet accord en marge des autres membres de l'UE (la France et l'Allemagne sont les grand beneficiaires de cette operation).
a écrit le 28/04/2010 à 6:52 :
Il faut mettre la grèce sous tutelle curatelle de l'Europe avant de leur prêter les fonds demandés pour sortir de la crise. On ne peut laisser un peuple dans cette crise, mais on ne peut laisser les dirigeants de la Grèce continuer cette politique de dépenses non contrôlées.
a écrit le 28/04/2010 à 6:41 :
meme situation A VENIR en FRANCE ... dans peu de temps ..nous sommes le dos au mur le seul remede chez nous on manifeste on fait des greves .. et LA CHINE profite
a écrit le 28/04/2010 à 6:33 :
J'attends toujours qu'on m'explique pourquoi on ne peut pas laisser la Grèce sortir de l'Euro et en même temps soutenir le Portugal qui est plus petit et n'a pas menti pour y rentrer .
a écrit le 28/04/2010 à 6:14 :
Apodimos, il faudrait apprendre à écrirer avant de poster un message.
a écrit le 28/04/2010 à 5:59 :
d abord il faut faire payer les grecs qui sont la population la plus riche de l EUROPE avec un deficit public de 30 ANS. ON VERA JAMAIS LA COULEUR DE L ARGENT QU ON VA LEURS PRETER!!!! Et il n est pas question pour les FRANCAIS de payer plus d IMPOTS pous les GRECS. ILS ONT PRIS EN OTAGE L EURO ET L EUROPE POUR NOUR FORCER DE PAYER. ILS VONT JAMAIS REMBOURSER CAR L ETAPE SUIVANTE POUR LE COUVERNEMENY GREC EST DE SE DECLARER EN FAILLITE malgre l aide d EUROPE et FMI. QUELLES SONT LES GARANTIES QU ILS SONT CAPABLES DE REMBOURSER SI LES GRECS LES PLUS RICHES ONT RETIRER LEURS CAPITAUX DE BANQUES GRECS 10 MILLIARD D EUROS? LA CHARGE DES IMPOTS EN FRANCE EST ASSAIS LOURDE POUR RAJOUTER ENCORE D AUTRES POUR LA GRECE. ILS FAUD PARLER DE 6.3 MILLIARD DE DONNER CAR ON VERA PAS LA COULEUR!!!!!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :