Crise de la zone euro : intervention commune de Trichet, DSK et Schaüble ce mercredi après-midi

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Alors que Jean-Claude Trichet (BCE), Dominique Strauss-Kahn (FMI) et Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, doivent s'exprimer en début d'après-midi, ce mercredi, le président de l'UE, Herman Van Rompuy, annonce la convocation d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro "autour du 10 mai". Au menu, bien sûr, la crise de la zone euro avec la Grèce et maintenant, aussi, le Portugal sous pression. Ce mercredi matin, les taux des obligations grecques à dix ans ont dépassé le seuil de 11%, une première pour un pays de la zone euro. Les taux à deux ans ont bondi tout près de 19%.

Mobilisation générale dans la zone euro, alors que les inquiétudes grandissent autour des cas grec et portugais. Jean-Claude Trichet (BCE), Dominique Strauss-Kahn (FMI) et Wolfgang Schaüble, ministre des finances allemand, doivent s'exprimer de Berlin en début d'après-midi, ce mercredi, sur les turbulences actuelles qui secouent la zone euro.


En déplacement à Tokyo, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, avait annoncé mercredi matin qu'il allait convoquer un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro (dit Eurgroupe) "autour du 10 mai" afin discuter de la crise de la zone euro avec la Grèce et maintenant aussi le Portugal sous pression. Soit juste après le 9 mai, date d'élections importantes en Allemagne dans le Land (Etat-région) de Rhénanie du Nord-Westphalie où la chancelière Angela Merkel joue gros face à une opinion publique majoritairement hostile à une aide à la Grèce.

"Sur la base d'un rapport qui sera finalisé dans les prochains jours, les chefs d'Etat et de gouvernement décideront de l'activation du versement de l'aide actuellement en discussions entre la Commission européenne, la BCE et le FMI, et bien sûr le gouvernement grec", a précisé Herman Van Rompuy. Mais selon lui, il n'est pas question de restructurer la dette grecque.

De son côté, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué que l'Allemagne ne laisserait pas tomber la Grèce et que le gouvernement allemand faisait pression pour qu'une décision rapide soit prise sur une aide d'urgence en faveur d'Athènes. Dans un entretien au journal économique Handelsblatt, le ministre a estimé que "ce qui doit être fait maintenant (...) est d'envoyer un message clair montrant que nous ne laisserons pas tomber la Grèce".

Pour autant, les Allemands restent toujours sceptiques sur leur aide à Athènes. A la question de savoir s'il croyait au remboursement de l'aide financière à l'Allemagne, Hans-Werner Sinn, président du très respecté institut de recherche économique Ifo, a répondu sur la radio MDR: "à dire vrai, non". La Grèce "ne sera pas en mesure de mener la politique de rigueur qui est nécessaire" et, à la fin, en viendra "à demander une annulation de la dette à l'Allemagne", a-t-il prévenu, appelant Berlin à ne pas se laisser harceler par des pays de l'étranger "qui font partie eux-mêmes de la catégorie des pécheurs".

"Que les Italiens, les Espagnols, nous pressent pour que nous payions sans condition maintenant, c'est compréhensible, car c'est un précédent qui sera d'importance pour eux", a fait valoir Hans-Werner Sinn.

Après la chute de la Bourse grecque de 6% mardi et même de 9% des valeurs bancaires, l'autorité boursière nationale a annoncé ce mercredi l'interdiction des ventes à découvert à la Bourse d'Athènes jusqu'au 28 juin. "La règle prendra effet à partir du 28 avril et jusqu'au 28 juin" a précisé l'autorité de régulation dans un communiqué. A Paris aussi, qui a chuté de 3,82%, les valeurs bancaires ont souffert... alors que les ventes à découvert sur ces titres sont interdites depuis la crise en 2008.

Côté taux d'intérêt, cela ne s'arrange pas ce mercredi. Les taux des obligations grecques à 10 ans ont dépassé le seuil de 11%, contre 9,730% mardi soir, une première pour un pays de la zone euro. Et les taux à deux ans ont bondi tout près de 19%, contre 15% la veille au soir, ce qui traduit la crainte des investisseurs sur un défaut de paiement du pays à court terme.

L'euro tombé mardi à son plus bas niveau depuis un an sous 1,32 dollar (1,3184 dollar) alors qu'il valait encore près de 1,34 dollar lundi soir, a tenté de se redresser un peu ce mercredi, repassant au dessus de cette barre, après que le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet a déclaré qu'un défaut de la Grèce était hors de question, comme pour tout autre pays de la zone euro . Les cambistes avaient très mal réagi à la nouvelle dégradation de la note de la dette de la Grèce et du Portugal par l'agence de notation financière Standard & Poor's.

Selon certains, l'absence de consensus au sein des dirigeants de la zone euro pourrait retarder la mise en place de l'aide conjointe avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que la Grèce doit trouver 9 milliards d'euros avant le 19 mai pour honorer une partie de sa dette obligataire. Mais selon le Financial Times, le FMI - dont le directeur général, le français Dominique Strauss-Kahn, a accordé ce mercredi une interview exclusive à La Tribune - envisagerait désormais de prêter non plus 10 milliards d'euros (en plus des 35 milliards que doit apporter la zone euro) mais 25 milliards.

Standard & Poor's a rétrogradé de trois crans d'un coup - du jamais vu en zone euro - la note de la dette souveraine de la Grèce qui tombe ainsi en catégorie spéculative ("junk bonds"), à BB+, en raison de ses inquiétudes sur la capacité d'Athènes à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour réduire la dette publique. La perspective de cette note reste négative, ce qui signifie que S&P pourrait encore l'abaisser.

Par ailleurs, S&P a abaissé de deux échelons la note d'émetteur souverain à long terme du Portugal, à A- contre A+, une décision justifiée par le niveau élevé de la dette publique et la faiblesse des perspectives économiques. L'agence de notation évoque dans un communiqué les "risques budgétaires accrus" auxquels sont confrontées les autorités portugaises.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2010 à 11:29 :
@ vivre a credit, La France et l'Allemagne ont une dette cumulee comparable. La France a en revanche un deficit un peu plus important. Je vis en Allemagne, leur recette est simple: un taux d'imposition sur le revenu qui est au moins le double du taux francais, ceci pour un salaire de la classe moyenne. Cette recette fiscale est par ailleurs doublee d'une politique sociale particuliere : tres peu d'allocations familiales, ecoles maternelles payantes (400 a 500 euros par mois), chomage calcule en fonction des disponibilite horaires (y compris week end et nuits) et suppression totale de celui-ci en cas de refus de poste.... La France a encore de la flexibilite pour faire face a sa dette et pour rester attractive vis a vis de son puissant voisin. Notre pays n'est pas si mal, il ne faut pas noircir le tableau, la situation economique s'ameliore et le l'emploi commence a s'ameliorer aussi, meme si ce n'est que timidement.
a écrit le 28/04/2010 à 10:06 :
Le gouvernement grec responsable, d'accord...

Mais quid des organismes financiers d'outre atlantique qui ont accepté de prêter malgré les risques, et qui maintenant spéculent sur une faillite de ce pays, en espérant déstabikliser l'Europe, pour aussi spéculer sur la chute de l'euro? Ce sont eux, les vrais responsables! Mais ils vont encore passer au travers des gouttes...
a écrit le 28/04/2010 à 9:40 :
La Grece aujourd'hui, le Portugal et l'Espagne demain, La France après-demain etc... Les cigales vont demander de l'aide aux fourmis (Allemagne...). Mais elles ne sont, à juste raison, pas préteuses.
a écrit le 28/04/2010 à 9:30 :
DETTE d'accort avec propos terrible de vérité. Ces peuples mettront beaucoup de temps à comprendre la gravité et le côté inéluctable de ce qui les attend.
Que de soubresauts et de misère à venir!
Le travail de pédagogie sera d'autant plus difficile que la méfiance est totale vis a vis des politiques responsables et du mensonge et de l'immobilisme.
a écrit le 28/04/2010 à 8:28 :
L'heure à sonner ! Tout ce mic mac pour un grand club Européen arrive à son terme. La mécanique n'a pas marché, le but était de financer des pays émergeant pour qu'ils relancent leurs économies, la réalité est bien différente, ils ont de nouvelles routes et augmenté les salaires, retraites ... alors pas la peine de rêver, IL N'Y A AUCUN ESPOIR de reprise pour ces pays, c'est très grave d'avoir fait croire à tant de peuples que l'argent tombe du ciel !!!
a écrit le 28/04/2010 à 8:05 :
et l'ancienne patronne du grand cabinet d'avocats? elle est pas dispo?

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