Aide à la Grèce bouclée dans les prochaines heures

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Une réunion des ministres des finances de la zone euro, l'Eurogroupe, est prévue dimanche pour annoncer le lancement du plan d'aide à la Grève après en avoir finalisé les détails ce week-end. Une réunion à l'Elysée sur ce sujet est prévue ce samedi matin. De nouvelles coupes claires dans les dépenses grecques sont attendues. Moody's dégrade plusieurs banques grecques.

Athènes attend des annonces dimanche sur le plan d'aide de l'Union européenne et du FMI, le Fonds monétaire international. Une réunion des ministres des finances de l'Eurogroupe se tiendra ce dimanche, vient d'annoncer Bernard Kouchner vendredi en fin de matinée. Et l'Elysée annonce que Nicolas Sarkozy présidera ce samedi matin une réunion de travail interministérielle sur le plan de soutien à la Grèce et la situation des marchés financiers. Les ministres des Affaires étrangères, de l'Economie, du Budget et des Affaires européennes, assisteront à cette réunion, qui doit se tenir à 10h au palais présidentiel.

L'ex-secrétaire d'Etat aux affaires européennes, aujourd'hui président de l'AMF, l'Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, estime ce vendredi matin sur RMC et BFM TV que le plan européen d'aide à la Grèce sera dévoilé ce vendredi soir ou ce week-end et il souligne que la situation de l'Espagne et du Portugal est très différente et nettement moins alarmante. Il a également milité pour la mise en place de mesures destinées à lutter contre la spéculation intervenue contre la dette grecque.

Les discussions entre la Grèce, les autorités européennes et le Fonds monétaire international (FMI) pourraient aboutir à des coupes dans les salaires publics et à une nouvelle augmentation de la fiscalité en échange d'un plan d'aide financière sur trois ans, selon l'agence Reuters citant des sources proches des discussions.

Selon des sources européennes, il serait demandé à Athènes de réduire son déficit public de 10 points en pourcentage du PIB en deux ans, l'équivalent de 24 milliards d'euros d'économies, un objectif qui pourrait aggraver la récession et avoir des contrecoups dans l'opinion.
Les économies passeraient notamment par un relèvement de la TVA, la suppression de primes représentant un 13e et un 14e mois de traitement pour les fonctionnaires et un gel des salaires pour trois ans.Un tel effort budgétaire dépasserait l'objectif actuel du gouvernement grec de réduire le déficit de 7,1% du produit intérieur brut en deux ans, alors que le déséquilibre représentait 13,9% du PIB en 2009.

La Grèce doit prendre des mesures assurant sa survie, a dit ce vendredi le Premier ministre Georges Papandréou, préparant le pays au plan d'austérité qui accompagnera l'aide financière de l'Union européenne et du FMI. "Nombreux sont ceux qui parlent de lignes jaunes. La seule ligne jaune, c'est l'intérêt de notre pays, aujourd'hui, la première des priorités, c'est la survie de la nation. Voilà la ligne jaune", a-t-il dit au Parlement. "Les mesures que nous devons prendre, qui sont des mesures économiques, sont nécessaires à la protection de notre pays, de notre avenir, pour que nous soyons capables de nous relever", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement socialiste, qui a hérité de la situation d'endettement de la Grèce, prépare de nouvelles mesures d'austérité alors que la grogne monte dans la population. Il a convoqué vendredi une réunion des leaders des différents partis politiques pour les informer en détail des discussions engagées avec l'UE et le FMI.

Selon des responsables syndicaux, le Fonds monétaire international a demandé à Athènes de relever la fiscalité sur la consommation, de supprimer les primes équivalant à deux mois de salaires dans le secteur public et d'accepter un gel des salaires sur trois ans. Le ministre des Affaires sociales, Andreas Loverdos, a évoqué en outre une réforme radicale des retraites. Dans un entretien au Financial Times, il indique que l'âge moyen de la retraite passerait de 53 ans à 67 ans.
 

Les syndicats ont appelé à un mouvement national de grève le 5 mai dans la fonction publique et le secteur privé. Jeudi soir, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui protestaient contre la politique d'austérité devant le ministère des Finances.

Athènes a déjà mis en oeuvre des mesures de réduction des traitements de la fonction publique, relevé certaines taxes et gelé les retraites dans le cadre d'un vaste plan d'austérité destiné à réduire d'un tiers environ son son déficit budgétaire cette année, suscitant le mécontentement et parfois la colère de la population.

Pour ne rien arranger, le secteur banacire grec est plus que jamais sous pression. L'agence de notation financière Moody's Investors Service a en effet annoncé ce vendredi avoir abaissé les notes de solidité financière de neuf banques du pays : National Bank of Greece, EFG Eurobank Ergasias SA, Alpha Bank AE, Piraeus Bank, Emporiki Bank of Greece (filiale du français Crédit agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of Greece, Marfin Egnatia Bank et Attica Bank.
 

Moody's souligne dans son communiqué que les notes des dépôts et celles des dettes des banques grecques restent sous revue en vue d'une possible dégradation, revue qui devrait être conclue en même temps que celle de la dette souveraine d'Athènes. L'agence explique que les tensions économiques auxquelles est confrontée la Grèce ont un impact sur la situation du secteur bancaire.

 

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Commentaires
a écrit le 30/04/2010 à 10:01 :
on ne peut pas comparer la France à la Grèce ! qu'ont-ils fait de leur croissance des années 200-2007 ? dilapidée ? peu d'épargne dans ce pays, grosse corruption et surtout mauvaise gestion des finances publiques ! l'europe n'a rien vu et c'est cela qui est grave : à quand un contrôle des états de la zone euro !
on nous assomme avec l'importance de la dette française, mais je suis un épargnant, je paie mes impôts et je prends part à la dette ! donc mr Fillon ça suffit !
a écrit le 30/04/2010 à 9:34 :
la faillite de la Grèce est consommée ... inutile d'étrangler les populations avec un remake du traité de Versaille , on sait où ça mène ! Nous avons européens un problème de crédibilité qui ne peut trouver de solution que dans un renforcement de notre volonté d'agir groupés face au reste du monde . Ce n'est pas gagné mais pourtant c'est jouable . L'ennemi est dans le fruit , sortons le .
a écrit le 30/04/2010 à 7:38 :
@image,
Oui, M. Fillon prepare une reforme des retraites et va continuer a detricoter les 35 heures en continuant a reduire le nombre pletorique de fonctionnaires. Les socialistes nous ont fait croire qu'en travaillant mons longtemps dans sa vie et moins longtemps par semaine nous allions resoudre le probleme du chomage: observez les resulats (je conviens aussi au passage que Chirac a mene une politique immobliste). Maintenantle PS veut nous faire croire que les perspectives alarmantes sur l'evolution des comptes sociaux des retraites sont fausses: ce n'est ni credible ni constructif. Nous ne sommes ni la Grece ni le Portugal, mais la reduction des deficits est une obligation morale que nous avons vis a vis de nos enfants. Courage et au travail (40 heures par semaines et jusqu'a au moins 62 ou 63 ans).
a écrit le 30/04/2010 à 6:34 :
ceci est une image a ce que fillon nous prepare

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