Démission du Premier ministre japonais

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a démissionné ce mercredi à quelques semaines d'élections sénatoriales.

Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a annoncé, ce mercredi, sa démission, à quelques semaines d'élections sénatoriales que son parti redoutait de perdre sous la conduite d'un dirigeant dont la cote de popularité est au plus bas. Les membres du Parti démocrate (PDJ) ont multiplié les appels à la démission de Yukio Hatoyama afin de relancer leurs chances de remporter ces élections, prévues le 11 juillet, où un succès est nécessaire pour faciliter la tâche du gouvernement.

Les larmes aux yeux, Hatoyama a déclaré devant les députés du PDJ qu'il quittait son poste, huit mois après une victoire qui avait mis fin à plus de cinquante années d'emprise du Parti libéral démocrate sur la vie politique japonaise. Le secrétaire général et numéro deux du PDJ, Ichiro Ozawa, va également quitter son poste. "Afin de revitaliser notre parti, nous devons faire place tout à fait nette au Parti démocrate. J'aimerais vous demander votre coopération", a dit Hatoyama, quatrième Premier ministre à quitter ses fonctions après moins d'un an au Japon. La cote de popularité du chef démocrate, dont les électeurs doutaient de la capacité à gouverner, s'est effondrée depuis son arrivée aux affaires.

L'image plus traditionnelle d'Ozawa, perçu comme l'homme qui tirait les ficelles en coulisses mais aussi soupçonné d'être impliqué dans un scandale financier, a également coûté au PDJ. Le parti devrait désigner un nouveau chef vendredi à l'issue de réunions de ses députés et sénateurs, a-t-on appris auprès d'un dirigeant du parti. Un nouveau gouvernement devrait être formé la semaine prochaine. Les analystes misent sur le ministre des Finances Naoto Kan pour prendre la tête du PDJ.


Priorités économiques

Le départ des deux dirigeants, notent les observateurs, ne résoudra pas tous les problèmes, d'autant que les électeurs n'avaient pas goûté les précédents départs précoces de dirigeants, mais pourra donner un nouveau souffle au PDJ. "Se séparer d'Ozawa et Hatoyama ne ramènera pas tout le soutien, mais au moins, les démocrates n'auront plus à rester sur la défensive pendant toute la campagne", a estimé Katsuhiko Nakamura, directeur de recherche au Forum Asie Japon. Les libéraux démocrates s'étaient vu reprocher par le passé de changer de Premier ministre sans en appeler aux électeurs, aussi Nakamura estime-t-il que le nouveau chef du gouvernement pourrait rapidement se soumettre au verdict des urnes.

Ces troubles politiques, auquel s'est ajouté ce week-end le départ du Parti social-démocrate de la coalition gouvernementale pour protester contre le maintien d'une base militaire américaine sur l'île d'Okinawa, ont détourné l'exécutif de ses priorités, au premier rang desquelles la réduction du déficit. "La démission de Hatoyama pourrait engendrer des retards dans l'annonce prévue ce mois-ci de la stratégie de croissance et des objectifs budgétaires du gouvernement. Quiconque remplacera Hatoyama devra y travailler avant les élections sénatoriales, au risque de décevoir les électeurs", a noté Hirokata Kusaba, économiste à l'institut de recherche Mizuho.

Après la démission de Hatoyama, le yen a plongé à son plus bas niveau face au dollar en deux semaines, les investisseurs étant inquiets de cette instabilité et de ses conséquences sur la politique économique. Mais la nouvelle a bénéficié à la Bourse de Tokyo qui a rebondi avant la mi-séance. Par le passé, le ministre des Finances Naoto Kan a pressé la Banque centrale de faire davantage pour juguler la déflation et s'est montré plus ouvert que Hatoyama à une augmentation de taxes pour couvrir les dépenses sociales en forte augmentation dans ce pays à la population vieillissante et dont la dette publique atteint presque 200% du Produit intérieur brut.

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Commentaires
a écrit le 02/06/2010 à 6:53 :
4 Premiers ministres en 4 ans! Qui dit mieux dans les grands pays développés?
Des démissions pour des raisons essentielles de corruption. Comme quoi, ce phénomène ne concerne pas que les petits pays tel que la Grèce....
Les USA maintiennent leurs positions au japon, et pas seulement sur le plan militaire. Qu'en est-il de l'Europe qui a complètement zappée sur ce pays qui pourrait pourtant contribuer à la relance de l'économie mondiale? Dans l'intérêt de tous, il serait temps de sauver "le samouraï Oshima" !

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