L'Irlande, dégradée par S and P, dévoile son plan d'austérité ce mercredi

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Le gouvernement irlandais annonce ce mercredi un plan d'austérité de 15 milliards d'euros sur quatre ans pour réduire le déficit du pays qui a fait appel à l'aide de l'Europe et du FMI. Mardi soir, l'agence Standard and Poor's a dégradé d'un cran la note de la dette à long terme du pays.

L'agence Standard and Poor's a abaissé d'un cran, mardi soir, la note de la dette à long terme de l'Irlande, à "A" contre "AA-" auparavant, invoquant la probabilité que le gouvernement irlandais doive emprunter davantage qu'estimé précédemment. Cette note attribuée à la dette de long terme du pays, la cinquième sur une échelle de vingt-et-un, correspond à un emprunteur solide mais susceptible d'être affecté par des changements de la situation économique.

La note à court terme est également abaissée d'un cran, à "A-1" contre "A-1+". Cela reste une note attribuée aux émetteurs présentant les meilleures garanties de remboursement. Les deux notes sont assorties d'une "perspective négative", indiquant que S&P envisage de les abaisser encore.

Cette dégradation intervient alors que, déjà fortement impopulaire, le gouvernement irlandais dévoile ce mercredi un plan d'austérité de 15 milliards d'euros sur quatre ans. Ce dernier est destiné à combler un déficit public record l'ayant contraint à solliciter l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.

Le détail de ce plan d'austérité sera publié ce mercredi à 15 heures par le ministère des Finances irlandais. Il sera disponible à la même heure sur le site internet du ministère www.budget.gov.ie. Ce plan prévoit 15 milliards d'économie d'ici 2014, dont six milliards dès l'année prochaine, afin de faire face à la profonde crise financière qui frappe l'Irlande.
 

Ce plan est une première étape avant la présentation le 7 décembre du projet de budget pour 2011, dont l'adoption incertaine est pourtant réclamée par l'UE et le FMI avant le déblocage de leur aide.

Le Premier ministre, Brian Cowen, ne devrait pas rester en fonction suffisamment longtemps pour ne serait-ce que commencer la mise en oeuvre des mesures qu'il va présenter mercredi. Son éventuel successeur pourrait bien toutefois être lié à ce plan tant les marges de manoeuvre de l'Irlande paraissent faibles face aux craintes qu'inspirent aux marchés ses finances publiques.

Le Fine Gael, principale formation d'opposition, est jusqu'à présent resté évasif au sujet du budget 2011. La présentation du plan d'austérité devrait le contraindre à sortir du bois et à dire s'il soutiendra ou s'opposera ensuite au projet de budget.

S'il vote massivement contre, il pourrait en empêcher l'adoption au vu du désagrégement de la coalition gouvernementale et du faible soutien dont bénéficie le Premier ministre jusque dans ses propres rangs. Cela repousserait d'autant le déblocage de l'aide européenne.

Les marchés aux aguets

Les investisseurs qui ont contraint l'Irlande à réclamer un soutien extérieur vont examiner de près les détails du plan d'austérité. Ils pourraient renchérir un peu plus le coût de la dette irlandaise s'ils jugent que ce plan se fonde sur des hypothèses de croissance irréalistes, a prévenu Alan McQuaid, économiste au sein de la société de courtage Bloxham.

"Les marchés pourraient juger certaines prévisions trop optimistes et augmenter les rendements (de la dette) en conséquence", dit-il.

La crise irlandaise pèse déjà sur le coût de l'emprunt dans d'autres pays de la zone euro tels que le Portugal et l'Espagne.

Les économistes ne s'attendent à aucune surprise sur les grandes lignes du plan d'austérité, qui devrait combiner 10 milliards d'euros de réduction de dépenses et cinq milliards d'euros de recettes supplémentaires d'ici 2015. Cela représente environ 3.700 euros par habitant.

Aux termes de l'accord conclu avec l'UE et le FMI, le gouvernement doit procéder à une première baisse des dépenses de six milliards d'euros en 2011. Ce volet devrait être détaillé dans le projet de budget.

Les mesures d'austérité devraient comprendre une baisse des prestations sociales, des effectifs de la fonction publique et des salaires des fonctionnaires. Les Irlandais propriétaires de leur logement vont pour la première fois devoir acquitter une taxe foncière et la moitié de la population active qui n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu doit s'attendre à être désormais sollicitée.

Crise politique

Le gouvernement ne compte pas en revanche toucher à l'impôt sur les sociétés, fixé à 12,5%, l'un des plus bas d'Europe, qu'il juge nécessaire à la future croissance économique.

La crise financière s'est transformée en crise politique. Les membres de la coalition gouvernementale, les Verts ont annoncé qu'ils ne soutiendraient plus le Premier ministre une fois le budget adopté, ce qui condamne Brian Cowen à devenir minoritaire au parlement.

Le Premier ministre a annoncé l'organisation d'élections législatives anticipées après l'adoption définitive du budget, ce qui, selon lui, pourrait durer jusqu'en février. Son parti, le Fianna Fail, semble certain de perdre ce scrutin.

Il a rejeté une demande de l'opposition consistant à avancer le vote sur le budget à la semaine prochaine dans le but d'organiser les législatives avant la fin de l'année.

Les électeurs de l'ancien "Tigre celtique" ont déjà subi depuis deux ans des coupes dans les dépenses de l'Etat, un effondrement des prix de l'immobilier, une récession record et une hausse brutale du chômage passé de 4% à 14% de la population active.

Auparavant, les années de forte croissance économique avaient créé une bulle immobilière, qui, lorsqu'elle a éclaté, a contraint le gouvernement à venir au secours des banques et à transférer le fardeau sur les contribuables.

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