La BCE confrontée à un triple défi

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Hausse de l'inflation, tensions sur le marché monétaire et envol de l'euro seront au menu du conseil de la BCE.

C'est un contexte économique et financier insolite qui préside ce jeudi à la deuxième réunion du conseil de la Banque centrale européenne de 2011. D'abord, le spectre de l'inflation pointe à nouveau le bout de son nez. Après l'indice des prix à la consommation, qui a progressé de 2,4% en glissement annuel en janvier, selon la première estimation d'Eurostat, alors que le plafond toléré par la BCE se situe à 2%, on a appris mercredi que l'indice des prix à la production avait bondi de 5,4% en décembre. Jean-Claude Trichet et ses pairs ne manqueront pas de s'en émouvoir, eux qui ont déjà entamé une croisade pour éviter les effets de second tour de cette dérive, sur les salaires, notamment en Allemagne. Quitte à brandir plus énergiquement le recours à l'arme des taux pour faire rentrer "l'hydre hideuse" dans son antre.

La situation de la BCE n'est pas non plus facilitée par les récentes tensions sur le marché monétaire de la zone euro. Alors que l'Eonia, le taux au jour le jour de la zone euro, dépasse désormais largement le taux de refinancement - le principal taux directeur de la BCE - fixé à 1%, avec une pointe récente à 1,31%, l'Euribor trois mois, le taux de référence du marché interbancaire, se retrouve à son plus haut niveau depuis juillet 2009, à 1,083% mercredi au fixage de la Fédération bancaire européenne. Cette tension a eu un effet inattendu : elle a empêché la BCE de neutraliser la totalité de ses achats de titres de dette publique, dont elle cherche à éviter qu'ils ne provoquent des pressions inflationnistes, via la hausse des liquidités en circulation. Mardi, les banques de la zone euro ne se sont pas prêtées intégralement au jeu, ne permettant à la BCE de ponctionner que 68,2 milliards d'euros au lieu des 76,5 milliards correspondant au total de ses achats depuis le lancement du programme le 10 mai. Même si à deux reprise déjà, la BCE avait subi le même type de contrariété, en juin et décembre, les conditions de marché, très volatiles à l'époque, étaient bien différentes. Aujourd'hui, les banques répugnent à bloquer des capitaux moins bien rémunérés que par le marché.

L'euro ploie légèrement

Enfin, la tâche de la BCE est singulièrement compliquée par l'envolée de l'euro, justement alimentée par le renforcement des anticipations de hausse des taux de ce côté ci de l'Atlantique, alors que, de l'autre, le sentiment prévaut que la politique de taux zéro de la Réserve fédérale ne sera pas remise en question cette année. Pour le troisième jour consécutif, la monnaie unique a franchi un point haut de trois mois face au dollar, pour se propulser à plus de 1,3860, même si l'euro a légèrement ployé dans la foulée de la dégradation de la note souveraine de l'Irlande, de A à A-, par l'agence Standard and Poor's.

La tâche de la BCE est singulièrement compliquée par l'envolée de l'euro, justement alimentée par le renforcement des anticipations de hausse des taux.

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