Berlin sacrifie Axel Weber pour pousser son "pacte de compétitivité"

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L'Allemagne préfère imposer un renforcement des règles anti-déficit à ses partenaires de la zone euro plutôt que s'arc-bouter pour placer le président de la Bundesbank à la tête de la Banque centrale européenne.

"Il n'est pas si important d'être diplomate dans une banque centrale". Le président de la Bundesbank, Axel Weber, a ainsi averti il y a quelques mois qu'il n'entendait pas se plier à des marchandages pour devenir le président de la Banque centrale européenne (BCE). En indiquant officieusement mardi soir qu'il ne souhaite pas prolonger son actuel mandat à la banque centrale allemande au delà de son terme en avril 2012, cet universitaire semble également ne plus vouloir être le candidat de la chancelière Merkel pour succéder le 1er novembre prochain à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE.

Axel Weber tire peut être ainsi la conséquence d'un accord entre Paris et Berlin. Nicolas Sarkozy s'est en effet joint à Angela Merkel pour demander "un pacte de compétitivité" aux pays de la zone euro, notamment d'inscrire dans leur constitution une limitation de l'endettement public (sur le modèle en vigueur en Allemagne), une modification qui ne va pas plus de soi en France que dans la plupart des Etats-membres de l'euro.

Mandat prolongé pour Trichet ?

En échange le président français pourrait avoir exigé qu'Axel Weber ne prenne pas les rênes de la BCE. Nicolas Sarkozy goûte peu la ligne très orthodoxe de l'actuel président de la Bundesbank, qui avait publiquement critiqué l'achat par la BCE d'obligations d'Etat de la zone euro en difficulté (Portugal, Espagne, Irlande...). Ainsi lors de la visite fin novembre dernier de Weber à Paris, ni le président, ni un de ses conseillers n'avait pris la peine de le rencontrer. Du côté allemand, on semble se contenter d'imposer aux seize autres pays de la zone euro la camisole de force du "Pacte de compétitivité" anti-dette et déficit publics. "Il n'y a pas lieu de s'occuper maintenant de la direction de la BCE : nous voulons d'abord renforcer la stabilité de l'euro d'ici fin mars, ensuite seulement la question des personnes se posera" indique à La Tribune un haut responsable à Berlin.

Et pour permettre aux Allemands de trouver un nouveau candidat à la tête de la BCE, Jean-Claude Trichet pourrait prolonger son mandat à la présidence au-delà du 31 octobre. Son prédécesseur, Wim Duisenberg, l'avait déjà fait en 2003 pour lui garder le poste de numéro un de la BCE malgré l'affaire du Crédit Lyonnais.


 

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a écrit le 21/02/2011 à 9:16 :
L'excédent de la balance commerciale allemande en 2010 est de 154,3 Milliards ( dix-septième d'affilée), obtenu surtout dans la zone euro, ceci revient à une exportation du chômage allemand vers les autres pays euro. Cet excédent est réinvesti en dehors de celle-ci, ce qui équivaut à une fuite de capital. Le déficit de la balance commercial de la France pour 2010 se monte lui à 51, 4 milliards. De quoi donner du travail à pas mal de chômeurs Français.
L'euro ne peut pas survivre sans une union fiscale qui permettrait de rééquilibrer les économies de la zone Euro entre elles.
a écrit le 10/02/2011 à 6:33 :
Le plus inquiétant c'est l'influence que peut avoir un seul pays sur l'avenir de toute l'UE. Je pense que c'est par le biais de l'entente franco-allemande que l'on soit arrivé à cette situation pour le moins dangereuse, le jour ou l'Allemagne pourra se passer de la France pour dicter sa volonté à l'Europe n'est plus bien loin.
Réponse de le 10/02/2011 à 13:35 :
Ah bon, vous trouvez cela inquiétant que l'Allemagne nous demande "d'inscrire dans leur constitution une limitation de l'endettement public"

Moi, je trouve cela scandaleux que ce ne soit pas dans la constitution, et que nos présidents puissent, par le seul fait du prince, dépenser autant qu'ils le veulent l'argent commun des français
Réponse de le 11/02/2011 à 6:33 :
Mais c'est justement cette entente qui nous a conduit à la situation actuelle, les règles de l'UE et de la zone euro ont été dictée presque entièrement par ces deux pays. On se rend compte maintenant qu'elle ont surtout profité à l'Allemagne. En fait c'est la loi du plus fort que l'on applique dans l'UE.
Ce dont a besoin l'Europe c'est surtout une harmonisation des économies et non pas une centralisation de celle-ci. Ce dont nous avons besoin de une politique économique qui tiennent compte de la situation de chaque pays. À l'age de la globalisation vouloir revenir à Charlemagne est schizophrène. Pourquoi pas alors l'Empire Romain, l'Europe était alors encore plus complète que sous Charlemagne et il a duré beaucoup plus longtemps? En fait il ne manquait que l'Allemagne, ce qui explique peu t'être son succès
a écrit le 10/02/2011 à 5:35 :
tant va la cruche à l?eau qu?à la fin elle se casse
La France et l'Allemagne devrait y penser, l'UE ne se limite pas à ces deux pays.
Réponse de le 10/02/2011 à 18:06 :
Certes...mais pour retrouver l'efficacité de fonctionnement de l'UE faudra revenir aux fondamentaux de l'Empire Charlemagne...soit rebatir une conféfération Franco-Allemande constituant la véritable épine dorsale (dotée de ses institutions et d'une véritable politique), c'est tout l'enjeu de la survie qui est posé la!

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