Pour les Roumains, le FMI reste un "sauveur" qui n'a pas convaincu tout le monde

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Le FMI a octroyé un douloureux régime de rigueur à l'économie roumaine.

Pour les Roumains, l'intervention du FMI a toujours du mal à passer. En quelques mois, près de 100.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés alors que les salaires de la fonction publique ont été réduits de 25% et que la TVA est passé de 19% à 24%. Pour l'économiste roumain Liviu Voinea, si l'intervention du Fonds a permis d'éviter "une crise majeure pour le pays", elle n'a rien résolu au niveau macro-économique. "Le FMI nous a demandé d'entreprendre des réformes monétaires et non pas structurelles. En fait, nous n'avons fait qu'acheter du temps car les problèmes de notre économie sont restés les mêmes", estime-t-il.

Touchée de plein fouet par la crise, la Roumanie s'est résignée à contracter un emprunt de 20 milliards en mars 2009, dont 12,9 milliards d'euros ont été assurés par le FMI. La condition imposée à Bucarest par le Fonds monétaire international a été de réduire de façon drastique ses dépenses, notamment celles de son appareil administratif. Soucieux de respecter son contrat, le gouvernement roumain de centre-droit a procédé à des mesures extrêmes, parfois plus dures que celles conseillées par le FMI. Au début de l'année dernière, d'importants mouvements sociaux ont eu lieu dans tous le pays. Effrayé par leur ampleur, Dominique Strauss-Kahn lui-même a affirmé lors d'une intervention sur France 2 au printemps 2010, qu'il avait conseillé aux autorités roumaines de préférer augmenter les taxes plutôt que de baisser de façon si drastique les revenus des fonctionnaires.

Piqué au vif, Traian Basescu, le président roumain, lui avait alors répondu que sa variante ne traitait pas le bon problème car elle "maintiendrait le cancer du budget de l'Etat de la Roumanie". Plus récemment, il a déclaré que l'institution financière internationale n'était pas le "fléau de Dieu sur le gouvernement roumain et le parlement". Malgré ces déclarations, les relations entre le FMI et Bucarest sont restées bonnes. Les autorités roumaines ont tenu leurs engagements de réduction du déficit et en mars dernier, un nouvel accord de type préventif, assorti d'une ligne de crédit de 5 milliards d'euros, a été passé. Il s'agit du huitième depuis la chute du régime communiste en 1989. Liviu Voinea de conclure : "la Roumanie a toujours eu besoin d'une intervention extérieure pour réaliser ses réformes, c'est presque devenue une culture !".

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Commentaires
a écrit le 19/05/2011 à 15:09 :
il a raison ce président , le FMI par le biais de son directeur , contraint les pays pauvres à prendre des mesures drastiques , en libéralisant tous les secteurs par la privatisation et en retour ils accordent les fonds . Alors que ces personnels , gagnent pas mal et mènent une vie à la Hollywood !!
faut vraiment qu'on change les règles du jeu , ou sinon que les pays émergents se rendent compte qu'ils se font plumer depuis des années et qu'il est temps de fonder un autre organisme de ce genre destiné
aux PVD
Réponse de le 20/05/2011 à 7:49 :
Avant d'affirmer que les emergents se font"plumer" ,verifiez le niveau des contributions des uns et des autres au budjet du FMI .
a écrit le 19/05/2011 à 14:51 :
C'est tellement prévisible et pathétique que je me demande si cela étonne encore les vrais économistes.

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