Le bon plan de la BCE pour sauver l'Europe

L'ex-trader Marc Fiorentino apporte son regard éclairé sur la stratégie de la Banque Centrale Européenne confronté à un problème majeur : le risque de la propagation de la crise grecque aux autres pays de la zone euro dans le collimateur des marchés : de l'Irlande au Portugal en passant par la Belgique, l'Espagne et même l'Italie.
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La Banque centrale européenne (BCE) est montée au créneau dans les derniers jours. Avec une véhémence qu'on ne lui connaissait plus depuis longtemps. Qu'elle soit soft ou hard, la BCE ne veut pas de restructuration de la dette grecque. Jean-Claude Trichet l'avait affirmé haut et fort. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et vice-président de la BCE, a franchi un pas dans l'escalade verbale. Il a parlé d'un "scénario de l'horreur".

On se demande : "Pourquoi tant de haine ?" Pourquoi l'évocation d'une restructuration, même soft, de la dette grecque, une restructuration que tous, y compris la BCE, savent inéluctable provoque-t-elle une telle levée de boucliers ? Les Allemands veulent la restructuration, les Grecs veulent une restructuration pour bénéficier d'une bouffée d'oxygène, les pays de l'Union européenne veulent une restructuration mais la BCE n'en veut pas. En fait, ce n'est pas tout à fait exact. Si on lit entre les lignes, on s'aperçoit que la BCE ne veut plus d'une solution partielle.

Restructurer la dette grecque seulement serait une rustine de plus

Depuis l'annonce du plan d'aide à la Grèce, en février 2010, soit depuis près de seize mois, on passe notre temps à colmater les brèches. Les unes après les autres. Toujours avec un temps de retard. Toujours poussés par les marchés. Sans vision globale. Sans projet d'ensemble. D'où la propagation de la crise grecque à l'Irlande puis au Portugal et plus récemment à la Belgique, à l'Espagne et même à l'Italie.

Restructurer la dette grecque seulement serait une rustine de plus. Un pas supplémentaire franchi sous la pression et qui déclencherait une nouvelle onde de choc. Car si on restructure la dette grecque, pourquoi ne pas restructurer la dette irlandaise, la dette portugaise et même la dette espagnole ? Et la BCE pose une question essentielle : quid des banques ?

L'inévitable restructuration des dettes des pays "périphériques"

Certes, la restructuration de la dette grecque n'aurait qu'un impact limité sur le bilan des banques européennes mais on doit, pour une fois, tenter de prévoir le coup d'après. Les banques européennes peuvent-elles absorber toutes les restructurations en cascade que provoquera inexorablement la restructuration de la dette grecque ? Et pour la BCE, la réponse est non.

Je ne pense pas que la BCE soit opposée au principe de la restructuration des dettes périphériques. Elle est inévitable. Mais la BCE voudrait probablement qu'on envisage un vrai plan de sauvetage européen dans lequel on prévoirait déjà les mesures d'urgence nécessaires pour que le système bancaire européen résiste au choc. Comme un assouplissement des ratios de capitaux propres.

Cessons la politique des petits pas

On a bien fait sauter momentanément les critères de Maastricht pour les États, en raison de la crise, on peut très bien suspendre momentanément tous les Bâle et les Solvency le temps que les banques surmontent le réajustement des dettes européennes. Il est temps, et je pense que c'est le message de la BCE, qu'on arrête cette politique des petits pas... en arrière et qu'on adopte une véritable refonte en profondeur. Allongement des maturités des dettes, abaissement des taux d'intérêt sur 3 à 5 ans, émission d'eurobonds pour financer les besoins à court terme : la « road map » est claire. Il ne manque plus qu'une volonté européenne commune.

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Commentaires 18
à écrit le 04/06/2011 à 15:49
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On en a marre de sauver les banques. On refuse tous ces moyens déguisés de faire payer les contribuables pour engraisser à nouveau des banquiers qui sont incapables de prendre leurs responsabilités. Qu'ils assument leurs pertes. L'indignation de la p...

le 06/06/2011 à 15:43
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Il ne s'agit pas de sauver les banques, mais les finances publiques de pays malheureusement membres de l'Euro. Et ce n'est pas pareil. Espérons que nos politiciens adorés ne vont plus faire entrer d'autres pays à la noix dans l'Euro, à défaut d'en f...

le 06/06/2011 à 15:43
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Il ne s'agit pas de sauver les banques, mais les finances publiques de pays malheureusement membres de l'Euro. Et ce n'est pas pareil. Espérons que nos politiciens adorés ne vont plus faire entrer d'autres pays à la noix dans l'Euro, à défaut d'en f...

à écrit le 04/06/2011 à 12:22
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Nous retournons à notre monnaie avec possibilité comme du temps de Pompidou de battre monnaie (ne plus être sous la coupe des Etats-Unis ) et que la Banque de France retrouve son vrai rôle.

le 04/06/2011 à 19:55
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et pq pas revenir au mercantilisme?

à écrit le 04/06/2011 à 12:17
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NON ! NON ! Vous en plein dans le faux, Monsieur l'économiste ! Il faut remettre les frontières pour chaque pays et se remettre au travail pour créer de la richesse et donner à manger, soigner les citoyens. Et fiche en l'air les financiers !

à écrit le 04/06/2011 à 9:29
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BCE pour sauver l'europe ?? Fiorentino est dans un délire plus boursier qu'économique qu'il a commencé avec le remplissage de son compte en banque. Vraiment pas crédible, même comme lobbysiste.

à écrit le 03/06/2011 à 14:04
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Waouh !!! Quelle dissertation presque injurieuse pour quelqu'un, certes non politiquement correct, mais dont j'apprécie bien le langage qui n'est pas de bois et dont je partage souvent les opinion, n'en déplaise à nos médias officiels. Tout votre bla...

à écrit le 03/06/2011 à 9:28
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J'en déduis que la valeur boursière des banques européennes va s'effondrer, avant de remonter une fois la pilule avalée. Donc, conservons du cash pour pouvoir se goinfrer d'actions pas chères le moment venu...

le 03/06/2011 à 12:25
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Exactement, ou bien acheter des trackers négatifs qui parient sur la baisse du CAC, Il me semble, mais je peux me tromper, que ces produits sont des spécialités de Soc Gen et de Bnp Paribas. Donc des gens qui parient sur leur propre chute.

à écrit le 03/06/2011 à 7:32
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M. Fiorentino, vous allez trop vite en besogne et votre analyse est très?. standard, des lieux communs vous savez les mettre bout à bout, mais vous restez très peu pertinent, j?allais dire quasiment comme d?habitude. En effet, le problème de fond vou...

le 06/06/2011 à 13:24
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La crise de la dette souveraine masque les origines de la crise des subprimes qui paradoxalement n'est pas terminée. Selon Napoléon, un bon croquis vaut mieux qu'un long discours: http://graphicsweb.wsj.com/documents/Failed-US-Banks.html

à écrit le 02/06/2011 à 12:03
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Le fond du problème est l'accaparement des états par les politiques. Afin de se faire élire et de gagner leur vie, la compromission et le clientèlisme sont devenus la règle, même si personne ne veut soulever ces points. Les lobbys (au sens large, i...

le 03/06/2011 à 3:12
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le fond du probleme c est que les francais votent aveuglement depuis 20 ans pour les memes et ignorent ceux qui les denoncent.

le 03/06/2011 à 12:36
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Les français ont-ils tant le choix que ça de candidats? Etre candidat hors système en France relève du suicide.

à écrit le 02/06/2011 à 10:18
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La France, Mitterrand et Kohl, auraient pu imposer des règles qui auraient conduit à un développement économique homogène des pays de la zone Euro. Il ne l'ont pas fait parce-que les règles actuelles et qu'ils ont imposées aux autres pays (eigene Ver...

à écrit le 02/06/2011 à 9:45
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Restructuration, nouveaux credits ou je ne sais quoi encore, tout ca n'est que discutions steriles d'economistes et politiques depasses par les evenements qu'ils ont cree. La verite est que la Grece ne peut pas rembourser sa dette. Moody vient encore...

le 03/06/2011 à 9:01
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Ce que vous dites alan john ne me rejouit pas du tout !!!!!

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