Fitch pourrait dégrader la note des Etat-Unis

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Après Moody's c'est au tour de l'agence de notation Fitch Ratings d'annoncer mercredi soir qu'elle pourrait dégrader la note des Etats-Unis si le Congrès ne progresse pas sur les questions du déficit budgétaire et de l'endettement. Fitch évoque notamment un possible "défaut limité" en août.

C'est au tour de l'agence de notation de Fitch d'annoncer la possible dégration de la note des Etats-Unis, Moody's l'avait évoquée jeudi. Les Etats-Unis pourraient ne pas conserver leur note AAA s'ils sont frappés d'un défaut, même limité au "défaut technique" (technical default), a annoncé l'agence de notation Fitch Ratings mercredi.

Des membres du Parti républicain se demandent si un bref défaut ne serait pas un prix à payer acceptable si cela conforte leur position dans les négociations menées avec le Maison Blanche en vue de relever le plafond d'endettement.

Fitch a ajouté qu'elle pourrait qualifier la dette souveraine des Etats-Unis en "défaut limité" (restricted default) si le Trésor ne remboursait pas certaines échéances obligataires le 15 août. "Même un 'défaut technique' suggèrerait une crise de 'gouvernance' du point de vue de la note souveraine et de sa notation", explique l'agence dans un communiqué.

"Même si un tel événement (comme un défaut de courte durée sur des bons du Trésor) n'entraverait peut-être pas la capacité des Etats-Unis à honorer ses obligations, il est peu probable que leur statut 'AAA' serait conservé à court et moyen termes".

L'agence explique aussi que la note souveraine des Etats-Unis sera placée sous surveillance avec implication négative si le plafond de la dette n'est pas relevé d'ici au 2 août ou d'ici toute autre date limite qui serait fixée par le Trésor. "Le fait de ne pas relever le plafond de la dette en temps opportun impliquerait une crise de gouvernance qui pourrait remettre en cause le statut 'AAA' des Etats-Unis", a dit David Riley, chef des notes souveraines chez Fitch.

"Mais surtout, un défaut du premier emprunteur mondial et émetteur de la première monnaie de réserve serait exceptionnel et menacerait une stabilité financière encore fragile aux USA et dans le monde, surtout dans le contexte de la crise de la dette souveraine européenne".

Tout se dénoue

Le Trésor américain a réagi en déclarant que Fitch avait adressé un avertissement sans frais au Congrès afin qu'il prononce rapidement, et de préférence avant la date limite du 2 août, un relèvement du plafond de la dette, lequel est actuellement de 14.300 milliards de dollars.

Sinon, a prévenu le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, les Etats-Unis s'exposent à un défaut catastrophique aux conséquences incalculables sur les marchés financiers.

La Maison blanche a réagi dans le même sens, en disant que la décision de Fitch montre qu'il n'y a "pas d'alternative à un relèvement du plafond de la dette".

James Bullard, président de la Réserve fédérale de St.Louis a estimé que la perspective d'un défaut des Etats-Unis était le plus grand risque pesant sur l'économie mondiale.

"La situation budgétaire américaine, si elle n'est pas pilotée correctement, pourrait se transformer en choc mondial. L'idée que les Etats-Unis pourraient faire défaut est une idée dangereuse", a-t-il dit à Reuters.

Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, s'est également montré alarmiste en disant que la situation concernant le déficit budgétaire américain et la dette du pays était "très sérieuse". "A ce stade, il est difficile d'être excessivement optimiste sur un accord (entre républicains et démocrates) à court terme", a-t-il ajouté.

Moody's avait déjà dit jeudi dernier qu'elle envisagerait de réduire la note des USA si le Congrès n'avait pas progressé d'ici la mi-juillet sur les questions du déficit budgétaire et de l'endettement.

L'agence Fitch dit toutefois penser qu'un accord sera en définitive conclu au Congrès pour relever ce plafond et éviter tout défaut. Pourtant, son analyste David Riley juge qu'"à l'évidence, les signaux politiques venant (de Washington) sont une source d'inquiétude". "Mais nous savons par expérience (...) que la stratégie du pire ne va jamais jusqu'au bout et qu'en définitive tout se dénoue", a-t-il dit, dans un entretien à Reuters.

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a écrit le 10/06/2011 à 9:55 :
La dette par habitant est 3 fois plus importante aux Etats Unis qu'en Grèce et personne ne s'en émeut alors qu'on fait tout un foin pour cette dernière.
par conséquent, lorsque l'Etat américain sera en cessation de paiement (bientôt) cela ne fera pas pschittt ! comme en Grèce mais BAOUMMM !!!!!
a écrit le 10/06/2011 à 7:35 :
Il était temps qu'une agence de notation prenne ce courage d'abaisser la note de l'Amérique jusqu'a quand ces déficits qui ne font qu'augmenter .Si ça continue la valeur du $us pourrait se situer aux alentours de 1;80 contre l'euro.l
a écrit le 10/06/2011 à 5:15 :
Vivement que ce system eclate. et que l'argent aille dasn la poche de ceux qui travaillent plutot que de ceux qui font travailler. Ce scandale pire qu'odieux et ceux qui en profite lachement ne meritent rein d'autre.
a écrit le 09/06/2011 à 20:44 :
Heureusement que le dollar est encore une monnaie de réserve sinon il y a longtemps que le dollar se serait cassé la gueule. Et si en plus le Quantitative Easing n'avait pas sauvé les taux d'intérêts auxquels emprunte l'Etat, leurs taux seraient comparables à ceux de la Grèce. En tous cas la justice là dedans c'est que la Chine qui ne voulait pas laisser son taux de change s'apprécier et qui a accumulé les réserves en dollar qu'elle a ensuite investie sur le marché américain en pensant faire un investissement non risqué va perdre beaucoup sur la remontée imminente des taux et la baisse du dollar!
a écrit le 09/06/2011 à 12:20 :
Ce débat est totalement anecdotique.

Les US ce n'est pas l'Europe: avec un statut de monnaie de réserve, les Chinois qui ne peuvent pas tuer leur meilleur client, la réforme en cours du financement du secteur immobilier et leur capacité à générer des surplus en haut de cycle, la situation des US n'a rien à voir

France Energies, le parti du développement social

http://goo.gl/p4ij6
a écrit le 09/06/2011 à 11:13 :
Peut être serait ce un mal pour un bien;
le dollar tombe de son piédestal;
les usa ne peuvent plus continuer à s'endetter inconsidérément en sachant que au final c'est eux qui fixent la valeur du dollar et donc ce qu'ils veulent bien effectivement rembourser de la dette.
Et donc fin de la récréation :
de l'aventurisme impérial
de l'exonération fiscale pour les plus riches (ceux qui sont à même de payer le plus);
situation abehrrante qui ressemble aux privilégiés qui en 1789 ont précipité la fin de régime en s'arc-boutant sur leur refus de payer des impôts comme les autres.
Rationalisation des dépenses intérieures même contre les lobby, par exemple réformes pour diminuer le cout de la santé (16% DU PIB), même si ca doit faire dégringoler en bourse les cours des pharma et des assurances.
Les américains payant dés lors moins pour la santé pouvant payer plus pour le remboursement de la dette.
a écrit le 09/06/2011 à 10:44 :
Il serait en effet grand temps de stopper la vie à crédit des Américains!
a écrit le 09/06/2011 à 9:20 :
conclusion : les USA sont en faillite mais on essaye de détourner notre attention sur le cataclysme financier mondial (pour les pays dits de l'Occident) qui va suivre en se focalisant sur la Grèce, le Portugal et les autres... alors qu'ils ne présentent chacun qu'un 1% du déficit US. Adrienne ! ça va péter après le 15 août 2011 !
Même Timothy Geithner nous prévient : les Etats-Unis s'exposent à un défaut catastrophique aux conséquences incalculables sur les marchés financiers.
C'est la fin d'un système qui est à bout de souffle.
Même en cas de relèvement du plafond de la dette, l'échéance ne sera que reportée et le nouveau plafond sera rapidement atteint et dépassé en 2012 ou 2013 au vu de l'évolution du déficit US (voir votre graphique).
a écrit le 09/06/2011 à 9:16 :
Fitch pourrait mais Fitch ne le fera pas. Ils connaissent les limites a ne pas depasser chez Fitch. S'attaquer aux PIIGS(ou meme au Royaume-Uni ) est une chose, s'attaquer aux USA, quand en plus on est Americain, en est une autre.
a écrit le 09/06/2011 à 9:14 :
Pour une Gouvernance crédible et responsable, cadrons cette Anarchie Financière mondiale :....1) il faut que les agences de notation ne puissent communiquer sur les dettes souveraines qu'une fois par mois et à des dates fixes.....et....il faut interdire les transactions sur les CDS en l'absence de contreparties de risque réelles....
a écrit le 09/06/2011 à 8:42 :
L'idée que les Etats-Unis pourrait faire défault n'est pas nouvelle... On voit bien que l'on fait tout pour remettre le bateau à flot car comme il a été dit dans un commentaire précédent, les Etats-Unis est "Too big to fail"... En tout cas pour l'instant...
a écrit le 09/06/2011 à 7:26 :
Les experts financiers de La Tribune n'ont toujours pas répondu à la question que je pose depuis longtemps: Comment se fait-il qu'il faut que ce soit des américains qui décident qui, dans ce monde est financièrement crédible et qui ne l'est pas.
Il est quand même surprenant qu'en 2011 on soit toujours sous l'égide de cette dictature du fric et du militarisme américain. En France, nos dirigeants sont tellement nuls qu'ils veulent accroître cette dépendance en ayant une prostituée US à la tête du FMI. Pauvre France; que vas-tu léguer aux générations futures?
Jean-Claude Meslin
a écrit le 09/06/2011 à 7:14 :
Apres avoir connue les banques "to big to fail" qui ont creé en grande parti notre "crise Mondial". Voila maintenant le pays "to big to fail" qui lui aussi va suivre la meme direction que les banque et peut etre nous apporter une autre crise mondial,de quel nature et pour combien de temps?. Il est temp de remettre ce pays a sa place et de lui enlever les manettes du monde.
Réponse de le 09/06/2011 à 13:04 :
le changement de monnaie étalon-dollar est à l'horizon : Saddam Husayn, Kadhafi, sont les précursseurs.

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