Le gouvernement grec veut toutes les voix socialistes pour faire adopter son plan de rigueur

Ne disposant que de trois voix d'avance, le parti du premier ministre George Papandreou demande aux députés de faire leur devoir, lors du vote prévu mercredi et jeudi prochains. Le nouveau plan de sortie de crise prévoit d'ici 2015 des économies budgétaires de 28,4 milliards d'euros et des privatisations chiffrées à 50 milliards. Pour 2011, l'effort supplémentaire est de 6,4 milliards.
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Le gouvernement grec a appelé samedi les députés récalcitrants du Parti socialiste (Pasok) à "faire leur devoir" la semaine prochaine au parlement, en adoptant le nouveau plan d'austérité réclamé par les bailleurs de la Grèce. Le vote devrait être serré mercredi prochain lorsque les députés se prononceront sur le plan d'austérité de cinq ans mis au point avec le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE). Ils voteront le lendemain sur la loi d'application de ce programme. Les bailleurs exigent l'adoption de ce plan, qui prévoit des baisses des dépenses, des hausses d'impôts et des privatisations, avant de débloquer la prochaine tranche d'aide évitant à la Grèce de faire défaut. La majorité du gouvernement de George Papandreou est réduite: le Pasok au pouvoir compte 155 députés sur 300. Deux députés socialistes ayant annoncé qu'ils voteraient contre ces mesures, la majorité ne tient plus qu'à trois voix.

La récession la plus violente depuis trente-sept ans

Après les élections législatives d'octobre 2009, les socialistes comptaient 160 députés mais les mesures d'austérité, contestées tous les jours dans la rue, ont provoqué cinq défections. Le nouveau ministre des Finances, Evangelos Venizelos, a proposé de discuter avec tous les députés hésitants. "Je pense que le sens de responsabilité l'emportera au final; le Dieu de la Grèce est grand", a-t-il dit sur la chaîne de télévision grecque Alter. Pour le ministre de la Justice Miltiadis Papaioannou, les élus socialistes "doivent boucher leurs oreilles face à toutes les critiques et faire leur devoir.

"L'un des dissidents, Thomas Robopoulos, n'est pas de cet avis. "Des commerces ferment tous les jours et on veut prendre des mesures qui bloquent la croissance", a dit à Reuters ce concessionnaire de Thessalonique, un des rares hommes d'affaires membres du parlement.Les mesures d'austérité ont fait plonger la Grèce dans la récession, la plus violente depuis 37 ans, avec un produit intérieur brut en baisse de 4% l'an passé. Le chômage a atteint le niveau record de 16,2% en mars, et 43% chez les jeunes.Une grève générale de 48 heures est organisée la semaine prochaine, coïncidant avec les votes du parlement.

L'ultimatum de Bruxelles expire le 3 juillet

Cette semaine, des débrayages ont eu lieu dans les entreprises menacées par la privatisation, comme le premier producteur d'électricité PPC.Venizelos a reconnu que nombre des mesures arrêtées jeudi soir par Athènes avec l'UE et le FMI étaient dures et injustes, mais il a soutenu qu'elles étaient inévitables. Les ministres des Finances de l'UE ont donné jusqu'au 3 juillet aux autorités grecques pour faire adopter au parlement les mesures d'austérité, avant de débloquer le prêt de 12 milliards d'euros et préparer le second plan d'aide.

Le nouveau plan

Le nouveau plan de sortie de crise prévoit d'ici 2015 des économies budgétaires de 28,4 milliards d'euros et des privatisations chiffrées à 50 milliards. Pour 2011, l'effort supplémentaire est de 6,4 milliards. L'objectif est de ramener le déficit public à 1,1% en 2015 pour juguler une dette, actuellement à 350 milliards d'euros.

Les principales mesures en sont désormais connues, réparties quasi à égalité entre recettes (15 milliards) et coupes dans les dépenses (13,8 milliards), qui s'ajoutent à un premier plan d'austérité en 2010, centré sur des coupes salariales dans la fonction publique et une réforme des retraites.

Le seuil général d'imposition serait abaissé de 12.000 à 8.000 euros par an, une taxe de solidarité de 1 à 5% frappera les revenus, et une taxe professionnelle de 450 euros par an en moyenne sera imposée aux auto-entrepreneurs. La taxation du fuel de chauffage augmente, comme celles sur les signes extérieurs de richesse, et de nouvelles hausses de TVA sont prévues.

Pour réduire les dépenses publiques, il est prévu un durcissement des critères pour les allocations sociales, y compris de chômage (taux de 15,9% au premier trimestre), et une réduction de certaines retraites complémentaires. En matière d'emploi public, des réductions ciblées de salaires sont prévues, et le ratio d'une embauche pour cinq départs durci à une sur dix en 2011. Le licenciement d'employés d'organismes publics supprimés ou fusionnés devient possible.

Côté privatisations, un Fonds d'exploitation du patrimoine de l'Etat, où la zone euro et la Commission européenne auront des postes d'observateurs, pilotera des cessions au privé allant des ports et aéroports à la Poste, en passant par l'énergie (Electricité, Pétrole et Gaz de Grèce), les paris sportifs et les banques. Le plus gros des cessions est prévu d'ici 2013, tandis que l'Etat doit chercher des exploitants privés de son foncier et immobilier. Les revenus seront affectés à la gestion de la dette.

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Commentaires 2
à écrit le 30/06/2011 à 4:41
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Seriez vous prets a voter pour un parti qui aurait comme principal programme l equilibre des comptes rapidement, en serant les depenses (on sanctuarise les investissements) et en relevant les impots? Des politiques qui nous diraient honnetement les c...

le 01/07/2011 à 11:45
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yann, Je lis ces jours dans "Valeurs Actuelles " que jamais les Grecs n'auraient dû entrer dans l'Europe (cette Europe économique ). Ils ont été trompés par les politiques d'alors (je crois Papandréou ) et le Draghi, le nouveau banquier de la BCE !...

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