Sauvetage de la Grèce : Bercy et les financiers français s'accordent sur un scénario

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Le Trésor français et les institutions financières se sont mis d'accord sur un scénario destiné à favoriser la participation des créanciers privés au plan de sauvetage de la Grèce. La zone euro se prépare au pire dans la crise grecque et fera face si le plan d'aide au gouvernement d'Athènes n'aboutit pas, a déclaré par ailleurs le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans une interview au Bild am Sonntag.

Selon Le Figaro, un accord est intervenu dans la nuit de vendredi à samedi sur une proposition à laquelle Paris tentera de rallier ses partenaires européens, rapporte le quotidien sur son site Internet.

Les banques et compagnies d'assurances françaises sont prêtes à souscrire volontairement à de nouvelles obligations publiques grecques, avait déclaré vendredi Nicolas Sarkozy à l'issue du Conseil européen de Bruxelles.

Ce processus de "rollover" sur une base volontaire est la solution actuellement à l'étude pour permettre aux investisseurs privés de participer au plan de sauvetage financier de la Grèce mis sur pied par les pays de la zone euro.

Les modalités de la participation des institutions financières posent cependant problème. La proposition de Paris prévoit des emprunts longs qui pourraient être assortis d'un taux d'intérêt équivalent à celui que la Grèce acquitte vis-à-vis de ses "sauveteurs" publics, avec en outre un taux d'intérêt variable susceptible d'être indexé sur un indicateur économique grec, comme le PIB, rapporte le Figaro.

L'alternative, avancée par un groupe de travail emmené par BNP Paribas, ouvre la possibilité de réinvestir 70% seulement des sommes reçues à l'occasion des tombées d'emprunts grecs, précise le quotidien.

La moitié serait allouée à de nouveaux prêts grecs, émis cette fois à 30 ans. Quant aux 20% restants, ils seraient placés sur un fonds investi sur des titres de très grande qualité qui s'autoalimenterait ensuite grâce au cumul des intérêts, ajoute Le Figaro.

Cette proposition, qui rapporterait moins aux créanciers mais présenterait pour eux moins de risques, a reçu un accueil favorable dans les couloirs du Conseil européen, assure un proche du dossier cité par Le Figaro.

Selon des sources bancaires européennes, des banques et des responsables des autorités monétaires et financières discutent d'une proposition visant à remplacer la dette grecque par une catégorie d'obligations différente. Il s'agit d'éviter que les agences de notation ne placent la dette grecque en défaut.

Par ailleurs, la zone euro se prépare au pire dans la crise grecque et fera face si le plan d'aide au gouvernement d'Athènes n'aboutit pas, a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans une interview publiée ce dimanche. Il a déclaré que lui et ses homologues européens attendaient que le parlement grec adopte des mesures d'austérité cruciales cette semaine, malgré des manifestations de rue et une résistance de l'opposition, mais que l'Europe ferait face s'il était rejeté. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter une escalade périlleuse pour l'Europe mais en même temps tout doit être organisé pour affronter le pire", a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag.

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Commentaires
a écrit le 28/06/2011 à 12:19 :
La Tribune. Expliquez pourquoi vous ne voulez pas parler de la Chine. Dont le Premier Ministre a déclaré: vouloir racheter toute la dette grecque. N'est-ce pas un bon moyen de se débarrasser de cette patate bouillante...Jean-Claude Meslin
a écrit le 28/06/2011 à 6:42 :
Bah .... trouver à qui refiler la patate chaude ! Je jeux de massacre continu !
a écrit le 27/06/2011 à 21:29 :
En fait de favoriser la participation des créanciers, il s'agit avant tout de leur garantir un paiement minimum à ce que je comprends. Quand même pas du tout la même chose. L'exact inverse même, non?
Si la Grèce fait faillite, ils reçoivent 0. Pas 5%, pas 10% pas 15%: zéro.
Leur garantir donc 30% plus un financement par le fonds spécial leur permettant de sortir littéralement les titres de la dette grèque de leurs actifs est du pain bénit!
Je ne serais pas surpris que si cet "avancée" devient réalité, le cours de nos chères banques repartent massivement à la hausse.
Et en échange, nous allons recevoir quoi des banques? Rien comme d'habitude?
Insupportable.
a écrit le 27/06/2011 à 19:51 :
En son temps, le retrait des troupes américaines du Vietnam (appelé "vietnamisation") avait été traduit par le peu amène "jaunissement des cadavres".... Par analogie avec la Grèce, la "participation des créanciers privés" est la relève (ou le complément) des efforts publics. Seule restera à déterminer la couleur de ces cadavres financiers privés ainsi enrolés ?
a écrit le 27/06/2011 à 16:28 :
J'attendrai mercredi et jeudi pour pondre un commentaire en fonction de ce que leur parlement aura acté (sans doute contre le peuple).
a écrit le 27/06/2011 à 15:02 :
Comme toujours, j?ai du mal à comprendre cette déontologie empirique.
En somme, la Grèce a fait défaut le jour ou la BCE (et autres) a du intervenir pour prêter de l?argent à un taux que la Grèce pouvait supporter. Maintenant, on sait que cela ne peut plus continuer, et on veut « reformater » la dette grecque de telle façon à ce que l?on puisse dire qu?ils n?ont pas fait défaut (pour éviter les conséquences des CDS). C?est de la sémantique gouvernemental frauduleuse(?) et j?imagine les textes revues et corriges des CDS en ce moment. Supposons que la dette grecque actuelle est « reformatée » sur 30ans, alors que vaut-elle exactement ? Est-ce que les banques vont reconnaître leur valeur marché dans leurs comptes ? si elle vaut 50-60% de moins a 10ans que vaut-elle à 30ans? Mais, la réalité est plus grave, rien ne changera le lendemain d?une dite solution, car la semaine et les mois qui suivent, la Grèce devra malheureusement continuer à s?endetter et donc on est repartie pour un tour. L?Europe (comme d?autres pays) manipule la notion de « Risk/Reward » et je vois mal comment rendre de la valeur a la dette grecque sans une garantie absolue de la BCE ce qui mettrai la dette proche de la dette allemande, puis il y l?Irlande, l?Espagne, le Portugal, l?Italie?..
Réponse de le 27/06/2011 à 15:53 :
Je suis d'accord il va falloir demander des comptes à la BCE qui a acheté, sauf erreur, 40 milliards d'emprunts grecs pour dépanner les banques (qui en ont profité pour se défausser) avec à peine un discount de moins que rien. Quand la BCE devra passer au moins 20 milliards de provisions dans ses comptes, et que les Etats devront pourvoir à sa recapitalisation qui paiera? Les contribuables, bien sûr. Donc de l'argent public pour sauver des intérêts privés, ça ne va pas, le gouvernement français avait déjà fait un cadeau royal aux banques françaises en leur prêtant à un taux minable en pleine tourmente, alors qu'il aurait pu/dû gagner des dizaines de milliards d'euros vu le risque pris. C'est encore la politique du n'importe quoi ou du cadeau permanent aux riches et aux banques. Sauf que là, le coup du rachat de la dette grecque par la BCE c'est peut être pas tout à fait légal.
Réponse de le 27/06/2011 à 21:33 :
Je ne veux pas dire de bêtise, mais le capital de la BCE est de combien? 10.76 Mds? et encore après une augmentation de capital récente, non?
a écrit le 27/06/2011 à 14:29 :
N'est il pas plus important de sauver le Stade Français plutôt que la Grèce et c'est moins onéreux...
Réponse de le 27/06/2011 à 15:21 :
@PB83, avant de sauver la Grèce, sauver l'hôpital et la sécurité sociale FRANCAISE! la Grèce ne pourra jamais rembourser!!!!!!!!
Réponse de le 28/06/2011 à 3:25 :
ah parce que l'hôpital et la sécurité sociale pourront rembourser ? et avec quoi ?? nos impôts encore et encore et NOUS EN AVONS MARRE
a écrit le 27/06/2011 à 13:17 :
Au dernières nouvelles aucun accord n'a été obtenu sur ce qu'on appelle le plan français concernant le sort de la dette souveraine détenue par les banques et autres investisseurs institutionnels. Les banques ont bien vu que ce plan s'assimilait à un discount de 50% (investis en titres à 30 ans), 30% étant payés cash à la tombée des obligations existantes (ce qui pourrait être tentant pour des obligs à échéance 2011 ou 2012 mais pas au delà) et 20% remboursés en titres émis par le Fond Européen de Stabilité Financière (qui bénéficie d'une notation AAA). Donc Madames, Messieurs, préparez vos mouchoirs, car les mesures d'austérité demandée à la Grèce sont tout simplement inapplicables, même si par hasard elles étaient votées dans les prochains jours. Les banquiers ont un gros défaut, c'est qu'il aussi aussi myopes qu'une taupe avec en plus une absence totale de flair, je parle bien entendu des grandes banques universelles, c'est moins vrai pour les banques d'affaires qui la vue aussi aiguisée que les vautours.
Réponse de le 28/06/2011 à 3:28 :
vous êtes un reveur : les banques savent parfaitement à quoi s'attendre : sarkozy leur tord le bras pour les y obliger !
votre amour des banques me surprend : elles prêtent votre argent et s'y elle ne sont pas rembourser c'et votre argent qui part en fumée
a écrit le 27/06/2011 à 13:14 :
C'est quand même bizarre cette politique libérale depuis 30ans qui ne fait que nous endetter d'années en années de plus en plus ....
C'est voulu ?
Et puis ces attaques sur tous les fronts en même temps de la part des lobbies agricole , industriel , financier même les "lobbies" politiques..s'y mettent.......
C'est la guerre?
Réponse de le 27/06/2011 à 21:40 :
Avec un minimum d'honnêteté intellectuelle vous ne pouvez appeller libérale une politique dictée par une élite de plus en plus bureaucratique, au profit d'oligopoles sans la sanction ou l'aval des peuples.
C'est même le contraire.
L'inflation législative et réglementaire qui l'accompagnent, le contrôle de plus en plus étroit de l'économie par les états et les instances supranationales en témoignent.
Ce sont les partis au pouvoir et l'opposition de gauche qui ont beau jeu d'appeller ces politiques libérales, voire ultr-libérales, pour accentuer toujours plus le pouvoir entre les mains des mêmes, mais au prétexte de lutter contre des dérapages qu'ils ne corrigent d'ailleurs jamais. Regardez le fonctionnement des banques. Vous trouvez qu'il a changé? Le fait qu'on ait élu un ancien de Goldman Sachs à la tête de la BCE ne vous interpelle pas?
a écrit le 27/06/2011 à 11:39 :
Juste une question (merci pour les réponses): en cas d'éclatement de la zone euro et de disparition de la monnaie unique, qu'adviendrait-il des dettes publiques? Peut-on et doit-on rembourser une dette libellée dans une monnaie n'existant plus?
Réponse de le 27/06/2011 à 12:28 :
Je crois (mais c'est à confirmer) que dans ce cas les obligations seraient converties dans la nouvelle monnaie. Si l'euro disparait cela implique forcément l'utilisation d'une autre monnaie (vous pensez je suppose à un retour au franc, mark, drachme, etc... ?). Ensuite ces obligations évolueraient également avec le taux de change. Donc en cas de dévaluation du drachme, une fois convertie en Francs, ou en euros si seule la grèce sort du système, les obligations re-libellées en Drachme baisseraient d'autant une fois le taux de change appliqués. Mais honnêtement je ne crois pas à une disparition de l'euro. Techniquement il faudrait plusieurs mois de préparation ne serait ce que pour réadapter les systèmes informatiques. Tous les programmes informatiques écrit depuis 10 ans sont en Euros, donc il faudrait un plan de "retour" comme il a fallu des plans de passage à l'euro. Politiquement, même si la zone Euro devait éclater, cela ne veut pas dire que tous les pays l'abandonnerai. Bref, un retour aux anciennes monnaies, c'est comme un plan de sortie du nucléaire : il faut des mois ou des années de préparation et de mise en place. Seul cas d'exception : si vous avez une parité de 1 pour 1 et que le changement est juste un changement de nom.
Réponse de le 27/06/2011 à 12:43 :
On peut proposer de rembourser en nouveaux francs, un nouveau franc valant un euro, et du coup on divise notre dette par six, pas mal in (si au contraire mal in). M' enfin parmi les porteurs de dette française, y a quand même beaucoup d'européens, idem pour les dettes espagnole, portugaise, belge ou italienne. Pas sur qu'on soit tous gagnants.

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