Prochain sommet européen sur la Grèce, à nouveau dégradée par Fitch

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La zone euro continuait ce mercredi d'être divisée sur la question d'un possible défaut grec, qui devrait finalement être tranchée la semaine prochaine lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des dix-sept pays de la zone euro.

Berlin, qui avait ce mercredi matin largement refroidi les espoirs de voir une réunion européenne être organisée, a fini par en accepter le principe, a indiqué à Reuters une source diplomatique de haut rang, qui a ajouté que la date finale dépendrait de l'avancement des discussions en cours sur la participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce.

Pratiquement au même moment, l'agence de notation Fitch annonçait l'abaissement de la note de la Grèce, qui était déjà en catégorie spéculative, de B+ à CCC en invoquant l'absence d'un programme crédible dans le pays.

"Le principe d'avoir une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro est accepté par les principaux acteurs, dont l'Allemagne", a dit ce diplomate, avant de préciser que le sommet aurait lieu la semaine prochaine et non vendredi comme évoqué initialement.

Il a par ailleurs indiqué que la date finale en serait arrêtée en fonction de l'état d'avancement des discussions en cours entre les membres de la zone euro sur le double dossier de la participation du secteur privé et d'un "défaut sélectif" de la Grèce qui serait déclaré par les agences de notation et dont les conséquence potentielles sont incalculables.

Les dates de lundi et mardi font partie des options étudiées, a-t-on appris auprès de plusieurs autres sources.

Le plan initial du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, tel que communiqué aux ambassadeurs à Bruxelles, était de tenir ce sommet vendredi, avec la possibilité de réunir ensuite les ministres des Finances dimanche.

Mais les autorités allemandes se sont montrées réticentes à fixer une date tant qu'une solution claire n'émergerait pas des discussions techniques en cours sur la forme que doit prendre la participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement au sauvetage de la Grèce.

Apportant de l'eau au moulin allemand, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que cette participation privée à un nouveau plan grec était primordiale alors que la dette du pays devrait atteindre un pic à 172% en 2012, contre 159% précédemment attendu.

Selon plusieurs diplomates, trois idées restent sur la table : celle d'un rachat d'obligations grecques sur le marché secondaire avec l'aide du fonds de soutien "zone euro" (FESF), celle d'un "swap" d'obligations existantes pour de nouveaux titres à la maturité allongée, poussée par l'Allemagne, et celle d'un "roll-over" de la dette grecque, soutenue par la France.

La Banque centrale européenne, comme beaucoup d'Etats membres, reste toutefois vivement opposée à toute solution impliquant un "défaut sélectif" et Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a rappelé mercredi matin que l'option d'un rachat d'obligations par le FESF n'était absolument pas souhaitable.

Inquiétudes pour l'Italie et l'Espagne

Au-delà des cas grecs, irlandais et portugais, les trois pays bénéficiant d'un plan d'aide, c'est aussi et surtout désormais les situations de l'Italie et de l'Espagne, des pays jugés trop gros pour être secourus, qui inquiètent les marchés.

Avant de se replier légèrement mercredi, les rendements des obligations italiennes et espagnoles ont touché des plus hauts historiques ces derniers jours. "Les grands pays sont désormais en crise. Cela devient assez dangereux", a estimé un trader.

Les résultats des "stress tests" bancaires européens, qui seront publiés vendredi soir, pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

Une petite quinzaine de banques pourraient échouer à ces tests, dont six institutions en Espagne, selon le journal ABC.

Les banques italiennes ont quant à elles déjà souffert cette semaine en Bourse des inquiétudes liées à la situation politique et économique transalpines.

Le président de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a toutefois répété mercredi qu'il était absolument sûr que les banques italiennes réussiraient les tests.

Il a également fait valoir que la crise appelait à des décisions politiques de plus grande ampleur que celles prises au cours des derniers 18 mois.

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a lui-aussi estimé, après l'abaissement mardi soir de la dette de l'Irlande en catégorie spéculative par l'agence de notation Moody's, que s'il devait y avoir un sommet, celui-ci devrait permettre de dégager des solutions politiques à long terme.

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Commentaires
a écrit le 14/07/2011 à 12:42 :
lCinéma! ils savent très bien que la Grèce, sa note est, en réalité est 0 +0 = 0 , je tourne , je tourne autour du pot! ils ne pourront pas rembourser! avec quoi! Le peuple est à plat ventre!
a écrit le 14/07/2011 à 6:26 :
Toutes les "solutions" évoquées soulignent la mauvaise qualité du débiteur : sur un marché secondaire, les dettes grecques ne vaudront plus qu'une fraction de leur nominal (leur détenteur-vendeur perdant donc la différence). Roll over ou swap pour des maturités allongées reviennent au même : la perpétualisation de la dette grecque avec l'espoir que ce pays pourra, a minima, servir les intérêts dus.
Réponse de le 14/07/2011 à 11:29 :
La question essentielle est la suivante : qui va payer ? Les banques qui ont prété et surendetté le pays ? Les populations qui ont vécu au dessus de leurs moyens ? Ceux qui ont bénéficié de fortes réductions fiscales en Grèce (église, Armateurs) ? Ou les contribuables européens ? La priorité semble être, comme toujours, de sauver les banques, au détriment des populations et des contribuables : cela n'est aucunement acceptable, et cela explique la montée de l'"indignation" en Grèce, en Espagne, et bientôt dans d'autres pays si les banques ne prennent pas leurs responsabilités : prendre leurs pertes.
Réponse de le 14/07/2011 à 13:18 :
De toute manière, le problème reste du pareil au même. On ne sauve pas les banques, et vous avez les difficultés économiques qui vont avec. On les sauve et on casque aussi. Moi, je dis que nous assistons à u spectacle pour le moins terrifiant d'un serpent qui se mordrait la queue !
a écrit le 14/07/2011 à 3:39 :
Depuis que la Grèce est dégradée, elle n'a même plus de bouton sur sa chemise, ni sur le pantalon! ils s'avent très bien que la Grèce ne peut pas rembourser! ce pays va ruiner la CEE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 14/07/2011 à 11:25 :
Ce n'est pas très grave, puisque la CEE dont vous parlez n'existe plus depuis 1993 ;-) On a l'UE maintenant !!!
a écrit le 13/07/2011 à 21:53 :
Pourquoi vous concentrez vous uniquement sur les problèmes de dette européennes, faisant ainsi le jeu des spéculateurs ? Pourquoi ne parlez vous pas autant de la situation de quasi défaut de paiement de l'état d'Illinois, qui a des retards de plus d'un an sur certaines factures que le gouvernement d'Illinois n'a plus les moyens de payer ? Cela faisait la une de Bloomberg il y a un peu plus d'une semaine. Et cela me semble une information très importante et pertinente. Et cela montre que ce n'est pas qu'un problème européen, mais que les USA sont eux aussi touchés.
a écrit le 13/07/2011 à 21:48 :
En cas de guerre, une des priorités est de désarmer les adversaires, surtout si leurs armes sont déloyales. Dans le cas des attaques des dettes européennes, la priorité est de supprimer les CDS à nu, qui consistent à "prendre une assurance sur la maison du voisin avant d'y mettre le feu". Pourquoi l'UE n'a t'elle toujours pas pris la mesure indispensable, et de bon sens, d'interdire ces CDS à nu qui n'ont aucune utilité réelle et sont extrêmement nocifs ? Leur suppression rendrait plus difficile la spéculation contre la Grèce et autres pays périphériques européens.
Réponse de le 14/07/2011 à 20:38 :
Priorité, oui, on se demande comment il se fait que aucune mesure soit prise dans le direction de L'UE - c'est à croire que certains à cette direction ont tout INTERETS à ce que cela perdure et se fichent totalement des conséquences sur le ( les ) peuples!
a écrit le 13/07/2011 à 20:53 :
Il est urgent de ne rien faire! Les politiques se discrédite a la vitesse grand v.
Incapable de prendre des décisions,le comble pour des décideurs.
Si tu ne prends pas de décision,la décision s'imposera a toi!

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