La Birmanie paye encore au prix fort des décennies de folie dictatoriale

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Dictateurs superstitieux, junte militaire, absence de politique économique... de pays riche de la zone Asie en 1945, la Birmanie est devenu le pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les choses changent, mais lentement.

En Birmanie, on conduit à droite avec un volant? à droite ! On doit cette incohérence à Ne Win, un dictateur birman si superstitieux qu?il changea du jour au lendemain en 1970 les règles de circulation sur les conseils de son astrologue, sans changer le volant. Des billets de 45 et 90 kyats, peu pratiques à l?utilisation, ont été émis pendant une période parce que le « 90 » serait soi-disant son chiffre chanceux.

La politique économique en Birmanie est comparable à ces faits divers, c?est-à-dire qu?elle est inexistante. Si la Birmanie était un des pays les plus riches d?Asie du Sud-Est au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, 50% de la population vit aujourd?hui sous le seuil de pauvreté selon l?Organisation des Nations Unis (ONU). Son économie reste essentiellement rurale. Pendant longtemps, la junte militaire au pouvoir a depuis 1962 accaparé les ressources du pays pour son propre bénéfice sans répartition.

 

La Birmanie reste un problème

« La Birmanie reste un problème » a déclaré vendredi lors de la réunion annuelle du Forum Régional de l?ASEAN (Association des Nations de l?Asie du Sud-Est) le secrétaire d?Etat américain Hillary Clinton, qui attend de la junte militaire des efforts concrets au niveau économique ou politique, avant tout rapprochement. En effet, la junte est restée longtemps isolée de la communauté internationale. Pourtant, ces derniers mois, c?est le mot « changement » qui court dans les rues de Rangoon, l?ancienne capitale.

 

Ainsi, un esprit de réforme plane depuis l?entrée en fonction du gouvernement de Thein Sein en mars 2011, mois qui marque également l?entrée en vigueur de la nouvelle Constitution votée en 2008. A titre d?exemple, le discours intronisant de Thein Sein était surprenant dans la mesure qu?il évoquait les sujets sensibles comme les Droits de l?Homme. Cet esprit de réforme a été ressenti même au-delà des frontières. L?Union Européenne (UE) a ainsi revu en avril dernier sa position commune en allégeant pour la première fois, certes de façon minime, les sanctions imposées à la junte, suggérant une possibilité de dialogue. Mais les réformes attendues n?ont toujours pas été mises en place.

 

Apparition d'une opposition

Toutefois, un élément nouveau est apparu au niveau politique : le monopole du pouvoir par l?armée se transforme aujourd?hui en oligopole instable face à une opposition de quelques réformateurs, pour l?instant minoritaires et marginalisés. Cette opposition apparaît même au sein de l?armée, caractérisée par de fortes rivalités entre clans et personnes. Au point qu?on ne sait plus qui, des réformateurs ou des conservateurs, détient véritablement les commandes à Nay Pyi Tau, capitale du pays.

 

La Birmanie est ainsi bel et bien dans une phase de changement, peut-être pour le meilleur comme pour le pire. Dans tous les cas, il n?est pas question aujourd?hui pour la France de lever ses sanctions. De même, la Chambre des représentants américain a d?ailleurs approuvé mercredi la reconduction de sanctions visant la Birmanie, adoptées pour la première fois en 2003 en représailles contre des violations des droits de l'homme et l'absence de réformes démocratiques dans le pays.

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Commentaires
a écrit le 23/07/2011 à 21:32 :
La Birmanie subit une dictature socialiste depuis 1962 avec la "recette" habituelle du socialisme, les nationalisations, avec les mêmes résultats, l'appauvrissement général. Ne rien faire eut permis à la Birmanie de conserver sa prospérité.

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