Crise grecque : inquiétudes autour des "petits arrangements entre amis"

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En négociant son aide directement avec la Grèce, la Finlande crée un précédent peu apprécié des agences de notation et des marchés financiers. Car l'effet tâche d'huile a déjà commencé : l'Autriche, les Pays-Bas et la Slovaquie veulent également profiter de conditions privilégiées. Par ailleurs, un membre de la BCE craint des retards dans la modification du FESF.

A force d'avoir des exceptions, il risque de ne plus y avoir de règle. Tel est le problème que pose la négociation de garanties entre la Finlande et la Grèce, qui oblige la Grèce à reverser à la Finlande tout ou partie de la contribution du pays au nouveau plan d'aide. Ce qui revient, au bout du compte, à annuler la contribution finlandaise au plan global.

Les pays membres de la zone euro risquent de fait, de regretter d'avoir précisé au terme du sommet européen pour sauver la Grèce que "le cas échéant, un contrat de garantie sera mis en place de façon à couvrir le risque résultant, pour les États-membres de la zone euro, des garanties qu'ils auront fournies au FESF [Fonds européen de stabilité financière]".

Les réactions ont tardé, mais elles n'en sont que plus virulentes. Berlin vient d'annoncer que l'accord entre la Finlande et la Grèce devait être validé par toute la zone euro. Ce petit arrangement entre pays inquiète également l'agence de notation Moody's, qui a déclaré lundi que des accords bilatéraux sur la mise en place de collatéraux attachés aux prêts consentis à la Grèce seraient négatifs pour la note de crédit d'Athènes et celle des autres pays aidés.

La demande de la Finlande de voir ses prêts garantis par des actifs, condition sine qua non pour sa participation au plan d'aide à la Grèce, menace de faire tache d'huile en Europe alors que l'Autriche, les Pays-Bas et la Slovaquie ont dit souhaiter à leur tour pouvoir profiter d'une telle garantie.

"La tentative d'accord finno-grec sur un collatéral soulève des inquiétudes sur la volonté et la capacité de certains dirigeants de la zone euro à appliquer les mesures nécessaires pour préserver la stabilité de l'union monétaire européenne", juge l'agence de notation.

"Cette réticence accentue la pression sur l'Allemagne et la France pour prendre une position de soutien plus tranchée à l'égard de la zone euro, avec des propositions plus concrètes et plus immédiates que celles dévoilées par les deux pays la semaine dernière." Moody's dit s'attendre à ce que les pays membres de la zone euro rejettent l'accord entre la Finlande et la Grèce.

La recherche de tels accords risque en effet de retarder le déblocage de la tranche suivante de l'aide à Athènes et de précipiter un défaut, souligne-t-elle. En outre, la prolifération d'accords sur des collatéraux limiterait la disponibilité des fonds pour les futurs programmes.

Par ailleurs, Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, dit craindre que certains pays de la zone euro n'adoptent pas aussi rapidement que prévu les modifications du Fonds européen de stabilité financière (FESF). "Je crains que le délai prévu de la fin octobre ne tienne pas", a-t-il déclaré au magazine autrichien Profil publié lundi.

Les Etats membres doivent tous adopter la révision du FESF afin qu'il prenne le relais de la Banque centrale européenne (BCE) pour le rachat sur le marché secondaire de dettes de pays en difficulté. Il a en outre réaffirmé que le programme de rachat d'obligations par la BCE était un instrument "sensé et efficace mais pas un mécanisme de long terme."

Selon les modifications acceptées le mois dernier, le FESF, et son successeur, le Mécanisme européen de stabilité qui entrera en vigueur à la mi-2013, pourront racheter des titres sur le marché secondaire et non plus seulement sur le marché primaire.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2011 à 15:28 :
pourquoi ne met'on pas une clausule penal ,responsabilisant les responsables politiques aux gouvernements !!!!!!

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