Le nouveau Premier ministre japonais ? Un homme consensuel et austère

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L'actuel ministre des Finances, Yoshihiko Noda, a été élu ce mardi nouveau chef de l'éxécutif. Il prône des hausses d'impôts face à la dette publique abyssale.

Contre toute attente, le ministre des Finances japonais, Yoshihiko Noda, a été élu ce mardi le nouveau Premier Ministre de la troisième économie mondiale. Ce bon orateur âgé de 54 ans au profil plutôt consensuel a en effet remporté lundi, au second tour, le vote décisif des parlementaires du parti au pouvoir, le Parti démocrate du Japon (PDJ). Yoshihiko Noda n'était arrivé que second lors du premier tour. Ce n'est que grâce au soutien de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Seiji Maehara et à celui du Premier Ministre sortant, Naoto Kan, qu'il a pu s'imposer.

Cela illustre déjà un des premiers défis du troisième Premier Ministre issu du PDJ depuis sa victoire en 2009 : rassembler le parti.

Mais son manque de charisme - un « homme sans qualités » selon la définition d'un éditorialiste - pourrait se révéler un atout : « c'est justement cela qui en fait un des plus sérieux candidats à la succession de Naoto Kan », jugeait avant sa nomination le quotidien de centre gauche « Asahi ». En effet il s'entend facilement avec ses pairs.

Après sa victoire, Yoshihiko Noda a d'ailleurs répété être ouvert à une grande coalition avec le grand parti d'opposition, le Parti libéral démocrate (PLD). De bons rapports avec ces conservateurs du PLD, qui ont dirigé le pays quasiment sans discontinuer pendant plus de cinquante ans, sont indispensables pour l'exécutif nippon : le PLD contrôle la chambre haute du Parlement et conditionne du coup le vote de lois importantes.

La victoire de Noda signifie, à premier abord, la continuité avec la politique de Naoto Kan.

Rassurer les marchés

Le nouveau Premier ministre veut financer l'énorme coût des conséquences du tsunami de mars dernier et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, estimé à plus de 200 milliards d'euros sur dix ans, par des hausses d'impôts, notamment une taxe sur la consommation de 5 %. Cela devrait rassurer un tant soit peu les agences de notation : la semaine dernière Moody's avait abaissé d'un cran (de Aa3 à Aa2) la note de la dette souveraine de l'Archipel. «La hausse inexorable de la dette publique exige d'agir pour revenir à un chemin d'assainissement budgétaire » justifiait l'agence de notation. Estimée par le Fonds monétaire international (FMI) à 233 % de son PIB cette année, la dette publique japonaise a de quoi inquiéter. Détenue surtout par les Japonais eux-mêmes, elle n'a pas suscité le même émoi que celle des Etats-Unis ou de la zone euro. Le défi de Noda est de maintenir cette indulgence.

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