Sauvetage grec : les pourparlers sont suspendus !

Les autorités grecques d'un côté, et les inspecteurs de l'Union européenne, le FMI et la BCE de l'autre sont en désaccord sur l'ampleur de retard pris par Athènes sur la réduction de son déficit budgétaire.

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Les autorités grecques et les inspecteurs de l'Union européenne, du FMI et de la BCE ont suspendu leurs pourparlers pour dix jours, a-t-on appris vendredi de source autorisée.

Les deux parties sont en désaccord sur les raisons et l'ampleur du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit budgétaire.

Jeudi, la Grèce et ses créanciers internationaux ont annoncé que l'objectif de réduction du déficit ne serait pas atteint cette année.

La pause des discussions, qui révèle des tensions dans le processus de mise en place du deuxième plan d'aide à la Grèce, était imprévue. Le ministre des Finances Evangelos Venizelos a démenti que les pourparlers aient été suspendus et indiqué qu'ils reprendraient le 14 septembre, le temps d'étudier les données économiques au niveau technique.

Le Fonds monétaire international avait initialement dit vouloir conclure le processus le 5 septembre au plus tard. "Il a été décidé hier soir de conclure le premier cycle des discussions et un second cycle débutera dans une dizaine de jours le 14 septembre", a dit le ministre grec lors d'une conférence de presse. Il a ajouté que la récession qui toucherait la Grèce serait de l'ordre de 5% cette année, ce qui affecterait les objectifs du gouvernement.

RETOUR PRÉVU MI-SEPTEMBRE

La mission conjointe a par la suite annoncé qu'elle avait temporairement quitté la Grèce afin de donner à Athènes le temps d'achever ses travaux techniques sur le budget 2012 et les réformes.

"La mission conjointe CE/BCE/FMI a discuté des récents développements économiques et étudié les actions entreprises dans le contexte de la cinquième révision du programme économique grec", indique-t-elle dans un communiqué.

"La mission a bien progressé, mais a quitté Athènes de façon temporaire afin de permettre aux autorités de conclure, entre autres, les travaux techniques liés au budget 2012 et aux réformes structurelles en faveur de la croissance."

"La mission compte revenir à Athènes à la mi-septembre, date à laquelle nous pensons que les autorités grecques auront achevé ces travaux techniques, afin d'y poursuivre les discussions sur les mesures nécessaires à la conclusion du processus."

A défaut d'accord sur le deuxième plan de sauvetage grec, le pays risque de se trouver en situation de défaut sur sa dette.

Aucun titre obligataire du pays n'arrive à échéance avant le mois de mars 2012, ce qui signifie qu'un risque de défaut n'est pas à craindre dans l'immédiat, même si Athènes n'obtient pas la tranche de huit milliards d'euros prévue ce mois-ci.

La Grèce continue cependant de dégager d'importants déficits et les liquidités risquent de lui faire défaut.

Selon un responsable proche de la mission conjointe, le déficit budgétaire 2011 sera d'au moins 8,6% du produit intérieur brut, alors que l'objectif fixé est de 7,6%.

Un haut fonctionnaire du gouvernement grec a de son côté dit à Reuters qu'Athènes estimait le déficit à 8,1% ou 8,2% du PIB et l'imputait à une récession plus marquée que prévu.

Or, selon lui, la "troïka" estime que seul un quart de la déviation budgétaire est dû à la récession.

Dans le pays, c'est le désarroi. Faute de pouvoir remplir les caisses de l'État par la collecte d'impôt ou des privatisations qui tardent, le gouvernement grec, pressé par les bailleurs de fond du pays a augmenté mercredi la TVA de 10 % dans la restauration, sur les boissons, les plats préparés, les sandwichs et les gâteaux. Une mesure d'urgence, qui sera abrogée en janvier lorsque la nouvelle loi fiscale sera appliquée, mais qui a provoqué l'ire de la population.

L'Union des restaurateurs de Grèce a annoncé qu'elle n'augmenterait pas ses tarifs pour ne pas avoir à reverser cette TVA au fisc, « nos magasins sont vides, les gens n'y entrent plus, explique Yiannis Tsiakos son président. On a déjà absorbé les deux précédentes hausses de la TVA. On n'en peut plus, on va tous fermer ». 15.000 entreprises et plus de 45.000 employés sont concernés.

Par ailleurs, la ministre des Finances finlandaise a rappelé que son pays exigerait des garanties financières de la part de la Grèce en échange du prêt qu'elle a consentie à Athènes le 16 août. Vivement critiqué au sein de l'Union européenne, notamment par l'Allemagne, cet accord bilatéral pourrait être rediscuté. "Des négociations ont lieu chaque jour et nous sommes attachés à trouver une solution qui satisfasse tous les pays de la zone euro", a indiqué ce vendredi Jutta Urpilainen, la ministre finlandaise. Celle-ci doit rencontrer ses homologues allemand et néerlandais mardi à Berlin .

L'UE VALIDE L'AIDE AU PORTUGAL ET A L'IRLANDE

Si les discussions semblent au point mort pour la Grèce, le Portugal et l'Irlande, elles, sont parvenues à rassurer suffisament deux des parties de la "Troïka". Les deux pays recevront respectivement 11,5 milliards et 7,5 milliards d'euros au titre du soutien financière qui leur avait été promis. Le Conseil de l'Union européenne vient en effet de valider, ce vendredi, le versement des prochaines tranches d'aide après qu'elles ont reçu le feu vert de la BCE. La Banque centrale européenne a jugé leurs efforts budgétaires positifs.

 

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Commentaires 21
à écrit le 04/09/2011 à 21:34
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Samedi 3 septembre 2011, un article très important dans le Wall Street Journal : Talks on Greek Bailout Are Stalled. The suspension pushed yields on Greek government debt to levels indicating that investors see a default by Athens soon as a near ce...

à écrit le 04/09/2011 à 9:50
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Les banques et les voyous fianciers, souvent les memes, devront tot ou tard faire des "Abandons de Créances" ... en Grece, en Espagne, en Irlande, et en France ...

à écrit le 03/09/2011 à 21:28
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Je suis sur la route des retours de vacances ... j'ai pu trouver des pièces d'un euro espagnol, grec, portugaise, irlandaise ... et française bien sur comme ca va devenir un truc " collector " ! Bref tout est dit !

à écrit le 03/09/2011 à 20:26
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Les grecs nous auraient-ils raconté des salades ?

à écrit le 03/09/2011 à 8:31
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Le gouvernement grec a menti et falsifier les chiffres pour rentrer dans la zone euro et du coup a évité de faire quelques efforts de rigueur à l'époque. Il y a un peu plus d'un an la Grèce a reçu des milliards en prêt avec la promesse de faire des e...

le 05/09/2011 à 6:47
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sans oublier que les "hautes" autorites soit disant competentes europeennes SAVAIENT que les comptes Grecs etaient truques!!!! No Comments....

à écrit le 03/09/2011 à 0:40
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Qu'on les sortent de l'europe et de l'euro et nous avec....Y'en a marre de ces conneries

à écrit le 02/09/2011 à 19:59
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Il est encore temps de se réveiller et de réorienter l'argent destiné à soutenir la Grèce vers la recapitalisation et le soutien de nos banques, pour le profit de nos emplois et de notre économie. Mais cela ne va peut-être plus beaucoup durer.

le 03/09/2011 à 9:20
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Recapitaliser les banques "pour le profit de nos emplois et de notre économie", vous voulez rire!!! Qui va recapitaliser les banques sinon le contribuable pour rembourser la dette que la Grèce n'est pas capable d'honorer? Et il y a belle lurette que ...

le 03/09/2011 à 10:33
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à franchouillard : si les banques font faillite, ses clients individuels (vous et moi) perdent tout leur argent et les entreprises clientes ne peuvent plus payer leurs salariés ni leurs fournisseurs. Réveillez-vous !

le 03/09/2011 à 12:30
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ca arragerait toutes les personnes quiu ont des prets (surtout immo ) , plus rien a rembourser !!!

le 04/09/2011 à 21:21
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Surtout que ce sont les banques françaises et allemande qui détiennent la plus grosse partit du déficit grec ... si elle coule, on coule tous ... on peut pas sortir de l'euro, c'est un engrenage sans fin ... il va falloir apprendre à vivre autrement ...

à écrit le 02/09/2011 à 17:25
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Le traité de Versailles de 1919 était plus simple à remplir que ce que l'on exige de la Grèce aujourd'hui

à écrit le 02/09/2011 à 15:04
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J'adore ces bonnes nouvelles ! Plus les eurobéats souffrent et plus je suis heureux.

à écrit le 02/09/2011 à 14:18
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la faillitte de l'europe est proche les gouvernants doivent tous laisser filer ,il ne sert a rien de faire des reparations de fortune il faut redemarrer avec de nouvelles strategies pour redemarrer abaissement des salaires et retraite (35 % serait un...

le 02/09/2011 à 15:32
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mais bien sur et le retour de l esclavage aussi ?

le 03/09/2011 à 23:10
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Lol vous n'y connaissez rien Supprimer des postes, taxer, etc est tentant, sauf que ce faisant, vous réduisez la consommation, donc l'économie ralentie entraînant encore plus de chomage, moins de recettes pour l'État, etc. Ce n'est vraiment pas une s...

le 05/09/2011 à 7:38
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D'accord avec un surplus de recession en grece.Ce qui m'a le plus frappe et d'autres personnes aussi, c'est de voir aussi peu de monde ds les cafes de aghios nikolaos( crete) pourtant touristique, ds les resto, et surtout pas de grecs ou peu.Ils n'on...

à écrit le 02/09/2011 à 12:52
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Il est probable que les inspecteurs de l'UE, de la BCE et du FMI ont du prendre les premiers avions disponibles au départ d'Athènes ce Vendredi pour ne pas rater leur fin de semaine en famille (à moins que leur package leur permette de passer le week...

à écrit le 02/09/2011 à 12:42
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Un quart dû à la récession, logique. Les trois quarts restant sont de Goldman Sachs.

à écrit le 02/09/2011 à 12:29
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ça cafouille , ça bidouille , ça merdouille !!!

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