Un G7 Finances à Marseille sous haute tension

 |   |  567  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que le débat sur la politique économique à mettre en place pour lutter contre la crise - rigueur ou relance - devrait être au cœur des débats du G7 Finances à Marseille, les doutes sur la croissance mondiale accentuent la pression sur les dirigeants. Mais leurs marges de manœuvre restent réduites.

"Il ne faut pas s'attendre à une solution miracle ou même une réponse globale et uniforme aux solutions à apporter à la crise". De source proche de la présidence française du G20, on veille à ce que les attentes concernant le G7 Finances, qui se tient ce vendredi à Marseille, ne soient pas trop élevées. Pourtant, cette réunion des ministres des Finances des pays du G7 (Etats-Unis, Canada, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Japon) et des banquiers centraux est attendue de pied ferme. Car même s'il ne s'agit que d'une rencontre préparatoire avant le G20 Finances du 23 septembre à Washington, elle donnera un signal sur la capacité de réponse des économies occidentales aux crises à répétition qui menacent l'économie mondiale.

Rigueur ou relance ?

La pression est donc grande. Le FMI ou encore Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain, ont exhorté jeudi les Européens à prendre de nouvelles mesure susceptibles de "rassurer" sur leur capacité à répondre à la crise. L'enjeu est un vrai débat de politique économique : alors que les perspectives de croissance ne cessent d'être revues à la baisse et que les craintes d'une récession se font vives, la politique de rigueur installée partout en Europe est-elle la bonne solution ? Ne vaudrait-il mieux pas, à l'image du plan de 450 milliards de dollars de Barack Obama, favoriser la relance de l'économie pour stimuler la croissance, quitte à alourdir provisoirement le poids des déficits et de la dette ?

Le débat, qui s'était tu depuis que les mesures de relance de 2008-2009 ont contribué aux crises de la dette, a ressurgi ces derniers jours suite à l'appel de Christine Lagarde à favoriser le retour de la croissance par la relance. Mais la marge de manoeuvre des pays du G7 est limitée.  Selon les économistes, la nécessité impérative de réduire les dettes publiques et le rejet des mesures d'assouplissement monétaire par les pays émergents, qui les accusent de nourrir l'inflation et les bulles, forment une équation difficile à résoudre.  "Alors que les perspectives d'activité se sont nettement assombries pendant l'été, Portugal, Grèce, Espagne et maintenant Italie (bientôt la France ?) en sont réduits à multiplier les mesures de consolidation fiscale afin de respecter leurs engagements budgétaires. Un cercle vicieux s'est ainsi enclenché, où toute nouvelle révision à la baisse des prévisions de croissance appelle à une nouvelle cure d'austérité qui déprime à nouveau l'activité", estime Sylvain Broyer, économiste chez Natixis.

Taxe controversée sur les transactions financières

La question sur comment concilier rigueur et relance sera en tout cas débattue ce vendredi. Signe que les positions pourraient évoluer en Europe, qui jusqu'à présent s'est engouffrée dans l'austérité, le ministre des Finances François Baroin, dans une interview au Figaro, a estimé que chaque pays doit "rechercher ce qui est le plus adapté à sa situation".

Autre sujet qui devrait faire l'objet de discussions : la taxe sur les transactions financières. Sous l'impulsion du président français, François Baroin et son homologue allemand Wolfgang Schäuble ont sollicité vendredi la Commission européenne pour mettre cette question à l'ordre du jour du Conseil dans les prochains mois. Mais là encore, le consensus est difficile à trouver. Le Royaume-Uni a d'ores et déjà annoncé vendredi qu'il est "sceptique" au sujet d'une taxe au sujet de la seule UE. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/09/2011 à 17:15 :
Tôt ou tard les Européens comprendront que leurs capitaux ne doivent pas servir à un sauvetage trop tardif, donc impossible à réaliser, de pays en difficulté. Ce sauvetage est irréaliste et nous fait couler avec eux en nous appauvrissant à un moment ou nous devons rechercher un renforcement de l'économie européenne.
Seule cette démarche permettra de rétablir l'Euro à un niveau raisonnable face au dollar et nous autorisera à subventionner à nouveau, et cette fois ci avec un contrôle efficace, les pays qui font partie de l'Europe.
Il est des moments où il vaut mieux lacher du lest en se préparant aux remous considérable que cela entraine par une doctrine économique gagnante et jugée comme telle par tous les organismes financiers. Ne serait ce que pour éviter l'inexorable élargissement du nombre de pays en difficulté qu?entraîne la politique actuelle.
Toute autre man?uvre fait le jeu des banques Américaines qui, tout en reprochant aux banques Européennes leur exposition à l'inévitable restructuration de la dette, sont elles mêmes impliquées dans cette nouvelle pyramide Ponzi de la dette des états qu'elles contribuent largement à créer tant il est financièrement gagnant à court terme.
a écrit le 10/09/2011 à 12:30 :
Le point essentiel de ce G7 sera la coordination financière de la remontée de l'euro face au dollar sur une nouvelle base de 1.3 ainsi que je le préconisait il ya quelques semaines. L'europe ne peut plus porter seul et autant l'effort pour la remise en état de l'économie américaine. Il s'agit d'un point extrêmement positif. Ensuite certainement l'accord pour un seuil mondial des taux à 1% ou peu supérieur en préparation qui repositionnerait principalement le Japon et son attitude économique de moins en moins acceptable. Enfin un schéma pour la Grèce : les pilleurs devront rendre une partie de l'argent, mais que se passera-t-il chez eux comme conséquence et comment y pallier ? L'Allemagne cette fois devrait se trouver sur la scellette. On voit que le FMI pousse pour que cette évolution mentale et économique se produise dans le pays.
Réponse de le 10/09/2011 à 15:38 :
Avant de s'occuper des US,prenons notre bâton de pélerin pour harmoniser notre économie Européenne.
Nous ne devons pas continuer ces interventions militaires qui sont ruineuses et non amortissables.
Occupons-nous de notre Agro Alimentaire,de notre Santé,de notre Intelligence,de nos sites touristiques,bref tous ce qui n'est pas externalisable,et réduisons notre hyper consommation qui finit à la poubelle.
a écrit le 10/09/2011 à 9:05 :
Nous sommes en surconsommation,et produisons plus que de raison ,le tout pour finir à la poubelle!!!!Au bénéfice de qui?
Nous n'avons pas d'actions fortes en emplois.Les centres de formation des grands groupes comme SNCF,EDF,GAZ etc sont fermés ou inopérant
Nous ne savons pas mettre en valeur nos prestations non externalisables?comme la médecine,quand au tourisme c'est l'arnaK perpétuelle.
Reflechir comme un ménage paraît plus que jamais d'actualité.
a écrit le 10/09/2011 à 9:04 :
Quelle perte d'argent en organisant ce genre de festivité en sachant que la vidéoconférence existe et pourquoi n'allons-nous pas apprendre ces personnes de travailler autrement ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :