Les banques centrales à la manoeuvre

 |   |  541  mots
e (R) Chairman of the U.S. Federal Reserve Board and European Central Bank (ECB) President Jean-Claude Trichet arrive for the sixth ECB Central Banking conference in Frankfurt, November 19, 2010.   REUTERS/Kai Pfaffenbach
e (R) Chairman of the U.S. Federal Reserve Board and European Central Bank (ECB) President Jean-Claude Trichet arrive for the sixth ECB Central Banking conference in Frankfurt, November 19, 2010. REUTERS/Kai Pfaffenbach (Crédits : REUTERS)
Les cinq principales banques centrales mondiales vont agir en concertation pour alimenter le marché interbancaire en dollars, à nouveau grippé. Elles procèderont à trois opérations de refinancement à trois mois d'ici à fin 2011, où elles octroieront à taux fixes des quantités illimitées de dollars aux banques.

Voilà à nouveau les grandes banques centrales à la manoeuvre, de façon concertée, pour faire face aux blocages qui recommençaient à gripper le marché interbancaire et on ne peut que saluer leur réactivité. Les cinq plus éminents instituts d'émission de la planète ont annoncé jeudi une action coordonnée pour élargir l'approvisionnement des banques commerciales en dollars. La Banque centrale européenne, la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon et la Banque nationale suisse vont mettre à la disposition des banques des liquidités en dollars dans le cadre d'opérations à trois mois, afin de couvrir les besoins au-delà de la fin d'année.

peur d'une crise systémique

L'aggravation de la crise de la dette souveraine et son cortège de rumeurs, notamment sur d'hypothétiques faillites bancaires, avaient réveillé les vieux démons de l'immédiat après Lehman Brothers - le spectre d'une crise systémique - mettant certaines banques européennes en difficultés pour s'alimenter en dollars. D'autant que la plupart des fonds monétaires américains, grands pourvoyeurs de liquidités, ont récemment réduit l'approvisionnement du marché interbancaire en dollars.

La défiance des institutions financières les unes envers les autres - la peste qui avait empoisonné la deuxième partie de l'année 2008 et tout le millésime 2009 - avait déjà conduit mercredi la BCE à rouvrir sa facilité en dollars au profit de deux établissements de la zone euro en difficulté, en leur accordant un prêt de 575 millions de dollars. La somme est modique, mais, hormis une demande portant sur 500 millions de dollars en août, depuis février dernier les demandes de dollars reçues par la BCE avaient été quasi nulles. Et il faut remonter à mai 2010 pour retrouver trace de prêts de grande ampleur, portant sur plusieurs milliards de dollars.

Un peu d'oxygène

Certes, on est encore loin de la thrombose qui avait paralysé le marché interbancaire au plus fort de la crise financière. Les banques se financent à des taux encore historiquement bas et la liquidité reste abondante, mais des goulets d'étranglement avaient recommencé à apparaître et la méfiance entre établissements à se propager. D'où l'opportunité de l'action très rapide des instituts d'émission. Leurs opérations de refinancement à trois mois s'ajouteront à celles conduites sur une semaine en dollars, activées en mai 2010. Comme ces dernières (et comme toutes les opérations de refinancement de la BCE au profit des banques de la zone euro), elles se dérouleront à taux fixe et avec un volume illimité. C'est dire que toutes les demandes des institutions financières seront servies. Les opérations en dollars auront lieu le 12 octobre, le 9 novembre et le 7 décembre, selon le calendrier fourni par les cinq banques centrales.

Cette nouvelle fenêtre ne devrait être utilisée que très parcimonieusement, mais elle a désormais le mérite d'exister, apportant un peu d'oxygène aux marchés. Et montrant la détermination des grands instituts d'émission de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour juguler la crise de la dette, notamment en jouant leur rôle de prêteur en dernier ressort.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/09/2011 à 8:04 :
A lire la presse sur les évolutions du traitement de la crise monétaire, nous avons l'impression de revivre l'histoire du déchirement de l'europe. Toutes ces années d'aprés guerre passées n'auront donc servies à peu de chose puisque une nouvelle fois nous nous dirigeons vers les états unis pour solutionner nos divergences nos craintes, nos erreurs. Il semblerait que le maître mot soit " Il vaut mieux les USA que la tutelle des grands pays pour encadrer et diriger une europe identitaire.
Où est l'union européenne et quoi sert-elle aujourd'hui. Tant de divergence et de laisser aller au profit du capitalisme...
a écrit le 16/09/2011 à 18:29 :
C'est super chouette, mais comment concrètement bénéficier de cette manne inespérée ? Je précise que je suis un particulier pas une banque !!!!!!!!!!
a écrit le 16/09/2011 à 12:14 :
Il faut UNE AUTORITÉ MONÉTAIRE MONDIALE chargée de la régulation, Une sorte de Gendarme monetaire. Le financement de son fonctionnement proviendra d'une taxe prélevée des transactions financières. Elle aura des démembrements dans des continents où il y a une forte tendances des flux financiers.
a écrit le 16/09/2011 à 10:29 :
C'est encore tournée générale pour les banques et les problèmes continueront !
Nous sommes donc au même niveau de problème qu'il y a trois ans (puisque aucune action corrective n'a été faite) mais en pire. Question pour nos politiques : On continu ? ou va-t' il falloir que nous nous en occupions nous mêmes !
a écrit le 16/09/2011 à 9:48 :
Oui, oui, oui et encore oui.

Continuons à prodiguer la saignée à l'hémophile..
Continuons à shooter le drogué...
Continuons d'alimenter l'obèse...

MDR
a écrit le 16/09/2011 à 9:47 :
le seul vrai remède c'est la croissance et non pas la comptabilité financière aussi sophitisquée soit elle, la réduction des dépenses publiques, une politique cohérente non pas pendant un jour, une semaine mais au moins pendant quelques années.
Une vertu de la crise : on voit bien que les pays qui s'en sortent le mieux sont ceux ou l' on produit, ou l'on fabrique et non ceux ou l'on vend du vent!
a écrit le 16/09/2011 à 8:53 :
Quelqu'un se rend-il compte qu'en créant tout cet argent déconnecté de la moindre production de richesse, on appauvrit nos monnaies.

Nos économies fondent comme neige au soleil sans que personne ne le souligne.

Qui sait qu'entre 2000 et aujourd'hui les USA ont créé plus de dollars que dans le reste de leur histoire...

a écrit le 16/09/2011 à 7:43 :
voici une nouvelle preuve du système -monde les lois de l'économie restent perennes et les commentaires manquent trop de recul historique; quant à la Chine il lui faudra continuer de se glisser dans le même système.
a écrit le 16/09/2011 à 6:13 :
Bon.....le problème reste le même quelques poignées de dollars plus loin. La manipulation de ces millions et milliards de dollars commence à être nauséabonde. Et qui dit que toute cette manne va être utilisé de la meilleur des façon? Les américains ont déversés chez eux tout ce qu'ils pouvaient sans grands résultats, alors maintenant il envoient un QE3 mondial......

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :