Les convictions iconoclastes du prix Nobel d'économie 2001 sur la crise

Dans une interview accordée au site Youphil, Joseph Stiglitz va à contre-courant des idées reçues sur la crise. Pour lui, "diminuer le déficit affaiblira l'économie" et "en passant beaucoup de temps à s'occuper des banques, on en a oublié les problèmes de fond".

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Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz ne pense décidemment pas comme les autres. Déjà, il y a quelques mois, il conseillait tout bonnement à l'Allemagne... de sortir de la zone euro. Dans une interview accordée au site Youphil, il pointe du doigt les incohérences des gouvernements pour endiguer la crise et donne ses solutions.

Ne pas se focaliser sur le secteur financier

Pour l'économiste, le problème fondamental n'était pas seulement financier. "Renflouer les banques était nécessaire, mais pas suffisant. Et c'est là que le gouvernement d'Obama et ceux qui étaient proches du système bancaire se sont trompés. Les banques se sont très mal comportées et elles ont aggravé la crise. En passant beaucoup de temps à s'occuper des banques, on en a oublié les problèmes de fond" précise-t-il dans l'interview.

Pour lui, les véritables racines de la crise sont la compétitivité croissante des pays émergents, le système monétaire international et la flambée des prix de l'énergie.

La règle d'or ? Un remède pire que le mal

Selon Joseph Stiglitz, la réduction du déficit est tout sauf prioritaire : "en ce moment, diminuer le déficit affaiblira l'économie. L'austérité n'est pas la solution ; cela aggravera nos problèmes." Il recommande au contraire de nouvelles dépenses publiques pour stimuler l'emploi, notamment américain.

Déséquilibres

Pour résoudre le problème des inégalités croissantes, il faut mener, d'après l'ancien prix Nobel d'économie, une politique de long terme sur l'éducation. Mais aussi privilégier les innovations environnementales alors que, "jusqu'à présent, le secteur privé a mis l'accent sur des innovations qui créent du chômage".

Lire l'intégralité de l'interview...

 

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Commentaires 9
à écrit le 30/10/2011 à 16:33
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5 : à ceux qui se posent des questions sur le protectionisme à la Mélanchon, Montebourg, Le Pen, Dupont-Aignan et les autres, sachez que ça existe déjà, très souvent aux USA et en Chine, mais également en Europe ! Renseignez-vous sur la taxe qui pr...

à écrit le 30/10/2011 à 16:23
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4 : au fait que sont devenus les empires des 4000 dernières années ? Ne sommes-nous pas tout simplement dans le "déclin de l'empire occidental" ? A l'échelle de l'Histoire, ça restera un épi-phénomène, et ce n'est pas un Ipad, Imac, Ipod, ou un Iph...

à écrit le 30/10/2011 à 16:12
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En 2012 le déficit budgétaire sera d'environ 100 mds ? dont presque la moitié pour payer les intérêts de la dette. Avec (chaque année) une loi TEPA entre 8 et 14 Mds ?, un "amendement Copé" à 7 à 10 mds ?, un cadeau fiscal à la restauration à 2 à 3 ...

à écrit le 30/10/2011 à 15:45
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2 : si la France est endettée, c'est qu'elle trouve des prêteurs et quand on leur doit 1700 mds ?, ce n'est plus le prêteur qui dirige mais l'emprunteur ! On peut négocier : les délais, les taux et même l'annulation de certains prêts. Mais ça n'est...

à écrit le 30/10/2011 à 15:40
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1 : Combien d'intérêts (de la "dette") ont été payés par les Français depuis le 03/01/1973 (loi Pompidou/Giscard/Rotschild) ? : environ 1700 mds d'euros (tiens c'est le montant de notre dette !!) En fait, on a déjà remboursé la dette ...

à écrit le 26/10/2011 à 19:47
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Je vois qu'il y a des économistes ici, alors j'en profite pour leur poser une question qui me taraude depuis deux ans : dans notre pays de la retraite par répartition, de la réévaluation annuelle des minimas sociaux, des salaires, des loyers et du li...

à écrit le 26/10/2011 à 6:04
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C'est amusant, il semble qu'il y ait un consensus total des lecteurs de La Tribune pour rendre responsable les théories neo-keynesiennes de la crise actuelle. Jusqu'ici il m'avait plutôt sembler que que ce soit la dérégulation des marchés et l 'absen...

le 26/10/2011 à 8:33
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Que d'erreurs, quelle naïveté ! Aux USA, les néo-keynésiens ont imposé aux banques la distribution de crédits aux insolvables : les organismes de garantie hypothécaires sont des organismes publics qui ont été renfloués avec de l'argent volé (impôts e...

à écrit le 26/10/2011 à 4:37
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Le problème de l'Europe c'est l'Allemagne. Trop forte pour être intégrée, trop rétrograde intellectuellement pour que les autres acceptent d'être intégrés par elle. Il faudra penser à la réduire encore après la prochain conflit.

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