Cap sur le sud de la Méditerranée pour les entreprises françaises

 |   |  505  mots
Copyright Reuters
Après le printemps arabe, des décideurs d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, réunis au forum d'affaires de Marseille, se mobilisent pour favoriser les échanges commerciaux.

Quelque 300 hommes d'affaires, ambassadeurs et hommes politiques se sont retrouvés la semaine dernière à Marseille, au premier forum d'affaires Europe ? Mena (Moyen-Orient - Afrique du Nord). Organisé conjointement par l'école de management Euromed et le « think tank » CapMena, ce salon avait pour but de mettre en relation des décideurs d'Europe et du Moyen-orient comme de l'Afrique du Nord, afin de favoriser les échanges commerciaux entre ces zones méditerranéennes.

Une étape essentielle pour commercer avec ces pays au fort potentiel économique, selon François-Aissa Touazi, initiateur du projet. « Le printemps arabe est porteur d'espoir et d'opportunités, en termes de gouvernance mais aussi d'investissements », analyse François-Aissa Touazi. « En cette période, l'entreprise doit être au coeur du dispositif pour permettre à cette transition d'être une réussite », poursuit-il. Et si le « printemps arabe » a eu un impact réel sur l'économie, à moyen terme, l'effet ne pourra être que bénéfique, affirmaient d'une seule voix les différents intervenants vendredi.

Pour Thierry Courtaigne, vice-président et directeur général du Medef international, le « printemps arabe » n'a en tout cas pas découragé les entrepreneurs français. « Aucune entreprise n'a quitté la zone », affirme-t-il. Pour lui, « la zone Mena est une priorité absolue » et son avenir réside dans sa capacité à s'intégrer régionalement. Il reconnaît toutefois l'ampleur de la tâche, car malgré la « proximité » qui existe entre l'Europe et le Maghreb et le Moyen-Orient, les systèmes en place sont « totalement différents ». Et selon lui, « l'entreprise, pour gagner, doit s'adapter. Il faut innover et créer pour ce nouveau monde qui est en transformation brutale et très rapide ». Il rappelle qu'il existe déjà de solides rapports commerciaux entre la France et les pays du Sud : « 45 filales d'entreprises françaises sont implantées en Libye, nous avons 1.500 investissements français en Tunisie et Paris est le principal partenaire commercial de Tunis, et le deuxième d'Istanbul. »

Du côté des grands groupes, on met d'ores et déjà les bouchées doubles pour s'y implanter. « C'est un marché qui nous intéresse par sa dynamique de croissance », explique Jean-Laurent Granier, en charge notamment de la zone Mena pour Axa. Le groupe d'assurance n'a pas subi de ralentissement de son activité à cause du « printemps arabe ». La cause : il n'était pas implanté dans les pays concernés, faute d'un « cadre juridique et institutionnel clair » nécessaire à l'encadrement de contrats d'assurance.

Alors, en attendant qu'un tel cadre existe, l'assureur garde le cap sur la zone Mena. Il compte doubler sa contribution au chiffre d'affaires (aujourd'hui de 600 millions d'euros) en consolidant les opérations déjà mises en place. Stratégie globale du groupe : développer la distribution, en doublant le réseau d'agents au Maroc dans les cinq prochaines années, et diversifier son offre en se positionnant sur le marché des assurances aux particuliers dans des pays comme l'Arabie Saoudite dans lesquels l'activité d'Axa repose essentiellement sur des assurances destinées au personnel d'entreprises.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :