Les diamants du sang à nouveau autorisés à la vente ?

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Le Processus de Kimberley, régulateur mondial chargé de ne pas mettre sur le marché les diamants dont la vente sert à financer des guerres civiles, a autorisé la commercialisation des pierres des mines de Marange, dans l'est du Zimbabwe. Le pays devrait pouvoir en tirer 2 milliards de dollars par an. Mais cette décision est loin de faire l'unanimité.

Considérées comme les plus riches découvertes en Afrique depuis des décennies, les mines de diamants de Marange au Zimbabwe ont été envahies en 2008 par l'armée zimbabwéenne, qui en a expulsé des milliers de mineurs, avant de forcer des civils à les remplacer. Diverses organisations de défense des droits de l'homme avaient alors dénoncé les massacres et viols perpétrés par l'armée conduisant à la signature du Processus de Kimberley et engageant ses membres à suspendre les exportations de ces diamants du sang.

Depuis 2002, le dirigeant zimbabwéen, Robert Mugabe, et ses proches sont interdits de voyage et leurs avoirs ont été gelés par l'Union européenne et les Etats-Unis, en raison de violations répétées des droits de l'Homme et des libertés fondamentales par son régime.

Seulement voilà, mardi, le Processus de Kimberley a donné son feu vert à la mise sur le marché avec "effet immédiat" des diamants provenant de deux sites des domaines de Marange. De quoi assurer des milliards de dollars au pays et à son président, Robert Mugabe ; 2 milliards de dollars par an minimum, estime le ministre zimbabwéen des Mines, Obert Mpofu, proche du chef de l'Etat.

Soutiens de l'Inde et de la Chine, abstention américaine et vigilance européenne

Sur fonds d'informations faisant état de nouveaux abus dans la région, cette décision intervient après de longs mois de négociations, voire le risque de voir le Processus de Kimberley exploser en vol. 

Le Zimbabwe a bénéficié du soutien de l'Inde et de la Chine, de pouvoir reprendre la vente de ces diamants à travers deux entreprises zimbabwéennes.

Le département d'Etat américain a indiqué que Washington s'était abstenu afin de sortir le Processus d'une "impasse". Nous sommes toujours préoccupés par la situation à Marange", a précisé Elizabeth Trudeau, porte-parole de l'ambassade américaine à Pretoria.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a jugé "positif" l'accord sur la reprise de la commercialisation des diamants provenant des mines de Marange au Zimbabwe, suspendues après la révélation de violations de droits de l'Homme, mais a averti qu'elle resterait vigilante. L'Union européenne salue "en particulier" l'engagement renouvelé du Zimbabwe de résoudre les problèmes de non-conformité aux standards du processus de Kimberley dans l'ensemble de la région de Marange, ainsi que la mise en place "d'un mécanisme de suivi crédible" et l'implication de la société civile pour améliorer la transparence.

Dans un communiqué, le président du Conseil mondial du diamant, Eli Izhakoff, qui a assisté à la plénière, a salué la signature et souligné entre autres le "rôle déterminant" de l'Union européenne qui a proposé l'accord entériné après "plus de deux ans" de négociations entre les parties. "J'espère ardemment qu'il nous permettra de faire aller de l'avant le processus de Kimberley et l'industrie" diamantifère, a-t-il ajouté.

"C'est vraiment une parodie, qui remet en question l'avenir du Processus de Kimberley et ses références en tant que système qui garantit aux consommateurs que leurs diamants ne sont pas tachés de sang", a réagi Mike Davis, du groupe de défense des droits de l'homme Global Witness. Faisant allusion aux méthodes du président Mugabe, Mike Davis insiste sur le fait que "les principaux bénéficiaires pourraient bien être particulièrement douteux, et, pour certains, des personnages violents de l'establishment politique du Zimbabwe qui cherchent comment financer leurs exactions et intimidations des campagnes électorales".

Le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) du Premier ministre Morgan Tsvangirai, adversaire de Mugabe, bien qu'associé à lui dans un fragile gouvernement d'union nationale, ainsi que des groupes de défense des droits de l'Homme accusent le camp du président  de détourner les bénéfices tirés des diamants à son propre profit, alors que des élections sont envisagées l'an prochain.

Pour Morgan Tsvangirai, la reprise des ventes n'est envisageable qu'à condition que les revenus aillent dans les caisses de l'Etat et non dans celles de son adversaire politique. "J'espère que ce feu vert du Processus de Kimberley permettra au gouvernement de contrôler les ressources de Marange d'une manière transparente et ouverte", a insisté le Premier ministre.

Une équipe de contrôle du processus de Kimberley visitera avant la fin du mois la puissante société minière chinoise Anjin, qui opère à Marange, et les nouvelles mines "dans les quatorze jours suivant la date d'invitation", est-il précisé. "Dès vérification de la conformité, les exportations pourront démarrer immédiatement", a-t-il également été décidé.

Retour des violences politiques

La décision intervient en outre alors que les violences politiques semblent reprendre dans le pays, selon Morgan Tsvangirai qui n'hésite pas à désigner  les partisans du président Mugabe et les forces de sécurité du Zimbabwe comme responsables. Mardi, dans le centre de Harare, la police anti-émeutes a condamné les locaux du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et a tiré des gaz lacrymogènes à l'intérieur du bâtiment ainsi qu'en direction des passants.

"Les éléments de la sécurité d'Etat ont initié un coup d'Etat contre l'autorité civile, et se trouvent désormais au-dessus des lois, au point de pouvoir perturber les actions gouvernementales et d'agresser des civils en toute impunité", a-t-il déclaré.

 

Voir la vidéo "Les diamants aussi s'achètent sur Internet"

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Commentaires
a écrit le 06/11/2011 à 16:49 :
Quelle différence faites-vous entre "mineurs" et "civils" ? ... C'est un peu comme en Lybie ou en Syrie, quelle différence entre "rebelles" et "civils" ? Arrêtons l'enfumage systématique.
a écrit le 04/11/2011 à 17:54 :
l'afrique a toujour ete exploiter ,depuis des décennie les riche profite ,donc sa ne m'étonne pas
a écrit le 04/11/2011 à 13:49 :
Oui, c'est bien, mais il faudrait qu'un organisme indépendant supervise le paiement des ventes et que cela aille directement dans les caisses du Trésor Public ! Si cela est fait, alors 1000 fois oui pour les ventes. Si non, laissez tomber, l'argent sera bien détourné et ira remplir les poches des plus véreux en laissant le peuple crevé de faim.
a écrit le 04/11/2011 à 8:05 :
c'est une bonne décision mais les zimbabwéen doivent fournir un effort pour que cette exploitation puisse les apporter un plus qui va contribuer au développement de toute la nation et peut être de l?Afrique australe en générale car c'est une chance pour eux.
chez-nous en r.d.Congo;nous avons 7 km2 de gisement de l'or dans la province du Maniema,territoire de kabambare qui n'est pas exploité et je vous dis c'est une bonne qualité car c'est toutes les 3 catégories mais la province reste toujours enclavée par manque des investisseurs et les fermetures des mines d'or aux exploitants artisanaux.
a écrit le 04/11/2011 à 1:16 :
ils ont le droit de vendre leur diamant et de gerer leur pays comm bon leur semble non?? pourquoi priver ce pays des plus pauvres du monde d'une telle rente d'argent?? Meme si le pouvoir va en beneficier une partie ira toujours au benefice du peuple...
Réponse de le 04/11/2011 à 6:20 :
pppfffffffff pathétique !!!
Réponse de le 04/11/2011 à 7:52 :
vous avez fumé vos diamants oups la moquette. Depuis quand le peuple profite de quoi que ce soit lorsqu'il s'agit du dieu argent.
Réponse de le 04/11/2011 à 13:24 :
Faut arreter de dire des conneries.

Un film à la con qui pourrait t'ouvrir les yeux "Blood Diamand".

pppfffffffff pathétique !!!


:-)
Réponse de le 04/11/2011 à 15:43 :
Oui bien sûr, tout comme les habitants de l'Angola, du Gabon, du Cameroun ou de l'Algérie vivent confortablement grâce au sous-sol de leur pays (minerais, pétrole, gaz) c'est bien connu! D'autant que les dirigeants de ces pays sont des modèles d'intégrité et de désintéressement. Renseignez-vous un peu, ce n'est même plus de la naïveté à ce niveau...
a écrit le 03/11/2011 à 22:53 :
Eh merde cette connerie va faire chuter le cours du diamant...
a écrit le 03/11/2011 à 14:45 :
Un caillou qui tue et qui en plus risque de te couter la main dans la rue... ridicule. Symptomatique de notre societé.
a écrit le 03/11/2011 à 6:14 :
Vaste couillonnade,le pognon d'abord & ensuite peut être,le respect de la vie humaine ?et puis quoi encore,non ?
Réponse de le 04/11/2011 à 11:34 :
chic, j'ai envie d'un 3carats, où faut il s'adresser
Réponse de le 04/11/2011 à 11:35 :
chic où acheter un3carats

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