Inquiète pour la croissance, la BCE baisse ses taux

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A la surprise générale, la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ce jeudi son principal taux directeur à 1,25%, contre 1,5% précédemment. L'italien Mario Draghi, qui tenait sa première conférence de presse en tant que nouveau président de l'institution monétaire européenne, a souligné que la zone euro traversait une période de croissance lente "qui s'achemine vers une récession modérée d'ici la fin de l'année", mais que l'inflation devrait ralentir en 2012.

La Bourse de Paris a accéléré brutalement le rythme de sa progression ce jeudi après-midi et prenait plus de 3%, propulsé par la décision de la Banque centrale européenne (BCE) d'abaisser son taux directeur de 0,25 point à 1,25%, sur fond de crise gouvernementale en Grèce.

Le taux de refinancement, principal taux directeur de la BCE, passe ainsi à 1,25%. Le taux de facilité de dépôt est ramené à 0,5% et le taux de prêt marginal revient à 2%. Cette baisse des taux marque un changement de cap de la part de la banque centrale, qui avait augmenté ses taux en avril et en juillet. Elle était la première banque centrale à l'avoir fait après la crise financière.

Le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué cette décision lors de la traditionnelle conférence de presse, qui était sa première en tant que successeur de Jean-Claude Trichet. "Sur la base de son analyse économique et monétaire régulière, le Conseil des gouverneurs a décidé de réduire le principal taux directeur de la BCE de 25 points de base. Alors que l'inflation est restée élevée et risque de rester au-dessus de 2% pendant les mois qui viennent, le taux d'inflation devrait diminuer dans le courant de 2012 pour tomber à moins de 2%".

Concernant la croissance, "ce que nous observons actuellement... c'est une croissance lente qui s'achemine vers une récession modérée d'ici la fin de l'année", a précisé Mario Draghi pour lequel, "en raison de l'effet défavorable des conditions de financement et de la confiance, les tensions des marchés financiers risquent de grever le rythme de la croissance économique de la zone euro au second semestre de cette année".

"Les perspectives économiques restent sujettes à une incertitude particulièrement élevée et à des risques baissiers qui se sont intensifiés. Certains de ces risques se sont concrétisés, ce qui rend très probable une sensible révision à la baisse des prévisions et des projections de la croissance réelle moyenne du PIB en 2012".

Sur le programme de la BCE d'achats obligataires, il a précisé : "notre programme de marchés de valeurs mobilières a trois caractéristiques: il est temporaire; il est limité; il trouve sa justification dans le rétablissement du fonctionnement des canaux de transmission monétaire".

Concernant la Grèce, "nous surveillons attentivement la situation et sommes absolument convaincus que si les mesures définies dans le programme doivent être appliquées... conjointement avec le renforcement du système bancaire et avec la décision prise par le Conseil européen concernant le FESF... tout ceci, avec en préambule renouer avec la mise en oeuvre de politiques économiques adaptées, devrait apaiser bien des inquiétudes", a-t-il expliqué.

Au sujet du renforcement du capital des banques, "nous saluons l'accord du Conseil européen visant à poursuivre le renforcement de la position des fonds propres bancaires durs Tier 1 à 9% d'ici la fin juin 2012. Nous soutenons également pleinement le fait qu'il soit demandé aux superviseurs nationaux de faire en sorte que les plans de recapitalisation des banques ne débouchent pas sur un dégonflement excessif des bilans", a-t-il insisté.

"Le Conseil des gouverneurs pend acte des engagements budgétaires pris lors du sommet européen du 26 octobre et appelle tous les pays à mettre en oeuvre pleinement et le plus rapidement possible les mesures nécessaires à une consolidation des budgets et des régimes de retraite, ainsi qu'à une amélioration de la gouvernance".

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a écrit le 03/11/2011 à 21:55 :
C'est la porte ouverte à l'inflation ... c'est l'EPO de la relance et après quelques années on finit comme Simpson dans le Ventoux . C'est pour çaelà qu' Amstrong ne se dopait jamais et il a duré !!!
a écrit le 03/11/2011 à 20:36 :
L'Europe ne nous apporte que du malheur, des restrictions, des critères de convergence impossible à atteindre, des plans de rigueur, voire peut-être prochainement la ruine complète.
Il ne s'agit finalement que d'une superposition de coûts supplémentaires sans qu'aucune synergie ne s'en dégage.
Y aura-t-il un jour des hommes intelligents pour se lever et arrêter ce massacre ?
a écrit le 03/11/2011 à 18:41 :
Il commence fort M Draghi, une baisse des taux qui va alimenter une hausse de l'inflation dèjà élevée. L'inflation frappe les classes les plus modestes diminuant leur pouvoir d'achat par une hausse des prix, et pénalise les créditeurs.
a écrit le 03/11/2011 à 18:14 :
L'inflation est à 3%, au dessus de la limite de 2% fixée par la BCE, et la BCE baisse ses taux... Quelle inepsie. On nous dit que l'inflation va baisser, mais cela fait 3 ans que la banque centrale anglaise annonce que l'inflation va baisser pour justifier sa politique de taux, et l'inflation continue de monter.. Avec Braghi, la BCE perd toute sa crédibilité, dès la première réunion qu'il préside. Mais pouvait-on espérer mieux d'un ancien de Goldman Sachs ? Il a privilégié les intérêts de ses amis banquiers, au détriment de la population. C'est une trahison.
a écrit le 03/11/2011 à 14:12 :
L'axiome hausse des taux égal récession dans nos économies malades et vieillissantes a été enfin compris et appliqué. Ouf!
a écrit le 03/11/2011 à 13:44 :
Mario Draghi a compris que pour sauver la zone euro il faut mener une politique monétaire qui soit favorable aux membres les plus fragiles. L'Espagne, l'Italie mais aussi la France, ont besoin d'une politique monétaire accommodant et des taux bas.
Quand le chômage atteint des proportions inquiétantes et que l'économie est au bord de la récession, la lutte contre l'inflation du prix des matières premières n'est plus la priorité.
Réponse de le 03/11/2011 à 16:59 :
Et donc, le n?ud du problème est là. Un coup, la BCE applique une politique de taux qui soit favorable aux pays du Nord, tantôt aux pays du Sud. Je ne vois pas comment cette usine à gaz que l'on appelle Euro fonctionne encore, et ce d'autant plus que les puissants du Nord ne voudront pas d'une politique monétaire trop laxiste ad vitam aeternam pour faire plaisir aux cigales du bassin méditéranéen. Bref, on repousse l'échéance et on utilise la méthode Caué pour se rassurer. J'appellerai ceci de la mauvaise gouvernance.
Réponse de le 03/11/2011 à 18:17 :
C'est surtout une politique favorable aux banques : baisse du coût de leur matière première, les fonds illimités fournis par la BCE. Au détriment de la population, qui va souffrir de l'inflation et de baisse de pouvoir d'achat; Une trahison aux principes de la BCE.

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