G20 : rééquilibrer le monde par la coopération

 |   |  437  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Pourra-t-on relancer la solidarité entre pays excédentaires et pays déficitaires pour relancer la croissance ?

Il y a deux ans, à Pittsburgh, les membres du G20 s'étaient mis d'accord pour adopter un Mutual Assessment Process, un processus sous l'égide du FMI (Fonds monétaire international) visant à orienter le monde vers « une croissance forte, durable et équilibrée ». Chacun avait fait sien le principe du Fonds selon lequel aucun pays ne pouvait accumuler des déficits à l'infini, mais que pour réduire ses déséquilibres sans plomber totalement sa croissance, il devait se faire aider par les pays en excédent amenés à relancer leur économie dans un esprit de coopération.

C'est précisément cet esprit collectif qui a sauvé le monde de la grande dépression, et lui a permis de sortir de « la première crise » par le haut : « En 2009, on est bien parvenu à coordonner les plans de soutien mis en oeuvre dans le monde entier », se rappelle Florence Pisani, économiste chez Dexia AM. D'ailleurs, depuis Pittsburgh, chaque nouveau G20 s'est attaché à mieux définir les indicateurs de déséquilibres pertinents - déficits et dettes publiques, taux d'épargne, endettement privé, balance des paiements - et à préciser quelles sont les politiques publiques ad hoc pour corriger les déséquilibres en question.

Pourtant, au moment même où l'on est techniquement prêt pour élaborer un plan d'action coordonné au niveau mondial, et où la présidence française du G20 veut lancer ce plan d'action à coups d'engagements précis de chaque puissance, le chacun pour soi domine. « Aujourd'hui, les grandes économies semblent avoir renoncé à coordonner leur politique de sortie de crise, déplore Florence Pisani. Et comme beaucoup essayent de réduire en même temps et rapidement leur déficit budgétaire, cela provoque une pression déflationniste sur l'économie mondiale. »

Deuxième récession en 3 ans ?

Il est clair que les grands pays excédentaires, comme la Chine et les autres pays asiatiques, l'Allemagne, ou encore l'ensemble du Moyen-Orient, auraient pu mieux soutenir la croissance mondiale, en relançant leur consommation, au moment où le reste du monde, notamment l'Europe, est contraint de serrer les freins en réduisant les déficits. Or ils ne l'ont pas, ou peu, fait : si l'on peut douter de son efficacité sur la croissance, tant le poids des émergents dans la consommation mondiale est faible, force est de constater que le rééquilibrage promis il y a deux ans a déjà calé, et la croissance des pays de la zone euro comme des États-Unis avec.

Le G20 de Cannes permettra-t-il à ces grandes puissances d'éviter une deuxième récession en trois ans ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :