Liberia : la présidente Sirleaf, prix Nobel de la paix 2011, réélue dans la violence

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Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et prix Nobel de la paix 2011, devrait être réélue suite au retrait de son concurrent la veille du second tour des élections présidentielles, après que des violences policières ont fait plusieurs morts. L'économie ne devrait cependant pas être affectée.

Une vague de violence a secoué le Liberia, pays du prix Nobel de la paix 2011, la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Les élections présidentielles qui se déroulaient cette semaine ont été entachées de violences meurtrières ayant conduit au retrait du candidat d'opposition à la veille du second tour. Lundi, des manifestants opposés au gouvernement avaient été réprimés dans le sang par les forces de l'ordre, causant la mort de deux à huit personnes, selon les sources.

Dans ce pays qui est sorti de près de quatorzec ans de guerre civile en 2003, ce type d'incident ravive des souvenirs. Plus de 70% des quelque 1,8 millions d'électeurs s'étaient déplacés pour voter lors du premier tour. La participation était en chute au second tour, mardi, selon les observateurs. Une chute qui s'explique également par l'appel au boycott lancé par Winston Tubman. L'opposant à la présidente en exercice avait annoncé le retrait de sa candidature à la suite des événements de lundi, accusant le parti au pouvoir d'avoir tenté de l'assassiner. "J'ai été la cible d'un tir de sniper, ce tir m'était destiné", avait-il déclaré. Des accusations démenties "catégoriquement" par le chef de la police libérienne, Marc Amblard.

Ces incidents ne devraient cependant pas perturber le système économique - naissant - du Liberia, selon les experts, même si pour Gilles Yabi, directeur pour l'Afrique de l'Ouest à l'International Crisis Group, "le chemin de la reconstruction est encore long". Pourtant, depuis la formation d'un gouvernement et l'élection de la première femme à la présidence d'un Etat subsaharien, en 2005, du chemin a été parcouru. A commencer par l'annulation d'une partie de la dette qui s'élevait à près de 980% du PIB en 2004 et n'était plus que de 13,4% en 2010, selon les données du FMI.

Certes, si le pays basculait dans l'instabilité politique, cela signifierait un retrait des investisseurs étrangers. Un coup dur pour cet Etat très pauvre, qui a la particularité d'être le pays dont la part des investissements directs (IDE) dans l'économie est la plus importante au monde. Le pays est un des premiers exportateurs de caoutchouc avec la culture de l'hévéa. Huile de palme et mines de fers sont les autres principales ressources exploitées par le Liberia. Mais la réélection d'Ellen Johnson Sirleaf, étant seule en lice au second tour, ne fait plus de doute. La continuité de la présidence de la république semble donc assurée. Même si le taux de participation très faible au second tour et les événements violents qui se sont déroulés au début de la semaine ont entamé la légitimité de la présidente Sirleaf. Celle-ci a déclaré qu'elle proposerait des postes dans le gouvernement à ses opposants politiques si elle était réélue, dans un esprit de réconciliation.

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