L'Egypte renoue avec la violence et l'instabilité

 |   |  683  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que la situation est toujours très tendue place Tahrir où la répression de la contestation a fait plus de vingt morts, les doutes grandissent sur le début du processus électoral prévu lundi prochain.

Un nouveau gouvernement pour sortir de la crise, c'est la solution qu'envisagent les autorités militaires, en charge de la transition en Egypte. Dimanche, au soir du deuxième jour d'affrontements place Tahrir, le gouvernement d'Essam Sharaf avait presenté sa démission mais l'information n'a été rendue publique que le lendemain soir alors que des dizaines milliers de personnes se massaient sur la place symbole de la révolution. Formellement la démission n'a pas encore été acceptée par le Conseil suprême des Forces armées, faute d'avoir trouvé un Premier ministre de remplacement.

Sur la place l'annonce a été accueillie par les mêmes slogans criés depuis trois jours: la chute du pouvoir militaire et du général Tantawi, à la tête du pays depuis la chute d'Hosni Moubarak le 11 février dernier. L'appel à la marche d'un million de personnes ce mardi donnera la mesure de la détérmination des manifestants ...et de la marge de man?uvre de l'armée.

Pour le moment aucune décision n'a été prise de reporter le scrutin qui devrait débuter lundi prochain, le 28 novembre, malgré le bilan croissant des affrontements très violents qui ont ont lieu place Tahrir et aux alentours depuis samedi dernier. Les chiffres officiels font état de 22 morts et de centaines de blessés mais sur le terrain, les associations débordées, estime que la violente répression a fait bien plus de victimes.

Le ministère de l'Intérieur a assuré que les forces de l'ordre avaient fait preuve de retenue et qu'aucun tir à balle réelles n'avait eu lieu. "Nous avons vu quatre corps hier à la morgue qui ont été victimes de tirs à balles réelles, réplique Maha Maamoun pour le Centre juridique Hisham Moubarak. Rien que dans un hôpital nous avons compté 16 personnes qui ont perdu leur ?il droit, cela prouve qu'il y avait intention d'infliger ce type de blessures. Impossible d'arrêter un bilan pour le moment..."

La fin de la main-mise des militaires sur le pouvoir était aussi le mot d'ordre de la manifestation de vendredi dernier qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes et s'est déroulée dans le calme. Les heurts ont éclatés samedi matin après que la police ait violemment dispersé un sit-in de dizaines de militants restés sur la place.

"Les forces politiques sont divisées, même parmi les manifestants de la place il n'y a pas d'unité entre ceux qui réclament la passation du pouvoir à un pouvoir civil, immédiatement, ou à une date ultérieure. Mais la violence et le nombre de morts pourraient durcir et unifier les demandes", estime Issandr El Amrani, analyste politique et blogueur.

Paralysie politique et économique
Du côté des partis, quelques candidats ont appelé au report des élections, Mohamed Al Baradai ancien directeur de l'Agence pour l'énergie atomique et candidat à la présidentielle a réclamé la formation d'un gouvernement de salut national, mais le parti Liberté et Justice des Frères musulmans qui fait office de favori, a appelé au maintien du scrutin. Les forces politiques hésitent aussi sur le soutien à apporter aux manifestations, et la possibilité de se joindre à la contestation tout soutenant le maintien des élections.

Ce week-end le ministre des Finances a annoncé que l'Egypte allait resolliciter le prêt auprès du FMI négocié puis rejeté en juillet dernier (voir ci-contre) mais l'annonce a été éclipsée par la situation très volatile qui règne sur la place Tahrir et dans d'autres villes du pays.

"Nous sommes dans une impasse, estime Issandr El Amrani, le conseil suprême des forces armées n'envisage pas un mode de transition accéléré. Les forces politiques sont divisées sur la question des élections. En janvier (fin prévue du processus électoral) la confrontation pourra avoir lieu entre un Parlement élu avec sa propre légitimité et l'armée mais cela signifie un mois et demi de paralysie politique et économique pour le pays qui a véritablement besoin d'un leadership."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/11/2011 à 15:11 :
il ne faut surtout pas encourager ces mouvements de revoltes car derriere les islamistes sont en embuscade.c'est l'affaire des citoyens de ce pays.
a écrit le 22/11/2011 à 14:37 :
Mais non voyons, ce sont justes des démonstrations de joies et d'amours, c'est nous les gros débiles violent et intolérant et pas gentil et xénophobe et .... Le "printemps arabe" il y a de quoi bien rigoler. En effet la France à connu ça avec Robespierre, ils auront bientôt un général empereur dictateur "je veux dire "UN VRAI DICTATEUR" et ça va sentir le mal de tête ! Mais on ira balancer des bombes c'est toujours bon pour le business d'aller faire la guerre pour la démocratie.
a écrit le 22/11/2011 à 13:51 :
A tous les Bobos qui croyaient que l'on instaure une démocratie en 24h,allez dons en parler a Robespierre,Danton,st juste ils vous expliqueront...
Réponse de le 22/11/2011 à 14:16 :
sur ce coup j etais optimiste je voyais arriver ça en février-mars 2012...autant pour moi les autres vont suivre
Réponse de le 22/11/2011 à 14:27 :
Mais non. Démocratie et Islam sont indissociables. C'est évident. Attendons 2 ou 3 siècles. Vous allez voir, ça va le faire.
a écrit le 22/11/2011 à 13:04 :
On se croirait à Marseille ou ailleurs en France !!!
a écrit le 22/11/2011 à 12:33 :
Lors de la "Révolution" égyptienne, les médias occidentaux ont présenté l'armée comme un "pilier de la Nation". En effet, elle l'est. Mais pas dans le sens où ces mêmes médias l'entendent. Depuis les accords de paix signés entre Israël et l?Égypte, l'armée est financée par les États-Unis. L'armée, en Égypte, c'est un État dans l?État. Elle bénéficie d'immenses privilèges. En contre partie, son "contrat moral" est d?empêcher les "extrémistes islamistes" de remettre en question le statu quo avec son voisin israélien. Nous verrons si, dans les prochaines semaines, ce "contrat" résiste à l'agitation populaire. Mais cette agitation est elle aussi populaire que cela ? Rien n'est moins sûr. A force de présenter les événements dans le "monde arabe" comme quelque chose de binaire, sans le décoder, les médias la brouillent notre compréhension des choses. Bien sûr, cette version n'est pas rassurante. En fait, la "Révolution" était une mesure homéopathique, pour amortir les mécontentements sociaux. Moubarak a disparu, mais les mécontentements restent. Quand aux deux "piliers", les islamistes et l'armée, ils sont toujours face à face
a écrit le 22/11/2011 à 12:19 :
Chronique d'un cauchemar islamiste annoncé.
Réponse de le 22/11/2011 à 14:05 :
On peut se préparer à ça aussi chez nous. On en prend le chemin.
a écrit le 22/11/2011 à 7:33 :
L'egypte va devenir comme d'autres pays de la région, un beau pays mais dangereux au point de faire fuir les touristes.
Réponse de le 22/11/2011 à 13:21 :
Le mécontentement social n'est pas dangereux seulement pour le tourisme; ça affecte énormément le pays a tous les niveaux... Il faut redonner au peuple égyptien sa liberté et sa dignité.
Réponse de le 22/11/2011 à 14:03 :
L'analphabétisme est dangereux pour le tourisme et plus généralement pour la civilisation. On commence d'ailleurs à s'en apercevoir aussi en france.
Réponse de le 22/11/2011 à 16:04 :
redonner ??
l'ont ils deja eu?
Réponse de le 22/11/2011 à 16:35 :
Pas une minute de démocratie en 6000 ans dans tous ces beaux pays. Ca laisse rêveur. Et ça ne va pas changer, on peut leur faire confiance.
a écrit le 22/11/2011 à 6:44 :
Quelques décennies de pagaille et ensuite tout ira mieux. La lapidation passera. Soyons confiants.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :