Budapest vote la réforme de sa banque centrale, quitte à fâcher l'Europe

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Le parlement hongrois a adopté ce vendredi un projet de loi sur l'encadrement de la banque centrale, en dépit des objections formulées par l'UE et la Banque centrale européenne, qui y voient une remise en cause de l'indépendance des autorités monétaires.

C'est sur le texte réformant l'encadrement de la banque centrale qu'ont achoppé il y a quelques jours les discussions informelles avec l'UE et le Fonds monétaire international (FMI). Il a été adopté ce vendredi par 293 voix contre quatre, selon le site Internet du parlement. L'opposition socialiste et le parti écologiste LMP n'ont pas pris part au scrutin.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, avait opposé une fin de non-recevoir aux autorités européennes, qui lui demandaient de renoncer à ce projet, en déclarant que son pays n'avait pas d'ordre à recevoir de Bruxelles.

Une reprise des négociations avec le FMI et l'UE en janvier n'est désormais plus assurée : mercredi, le FMI a déclaré que le gouvernement, s'il voulait voir les discussions avancer, devait résoudre ses problèmes politiques, parmi lesquels le statut de la banque centrale.

La Hongrie a besoin d'un nouvel accord de financement pour rassurer les investisseurs internationaux et s'assurer un accès aux marchés en 2012: elle aura en effet besoin de refinancer 4,8 milliards d'euros de dettes en devises au cours des prochains mois, un montant qui intègre le remboursement d'aides de l'UE et du FMI reçues en 2008.

L'issue du vote au parlement ne faisait guère de doute, le parti de Viktor Orban, le Fidesz, y détenant deux tiers des sièges.

L'adoption du texte pourrait accroître la pression sur le forint, la monnaie nationale, tombée jeudi à son plus bas niveau depuis un mois après l'annulation d'une adjudication obligataire.

Le Fidesz a certes amendé le projet de loi pour répondre à la plupart des objections formulées par la Banque centrale européenne (BCE) mais il n'a pas renoncé aux articles augmentant le nombre des membres du comité de politique monétaire et des vice-gouverneurs de la banque centrale, considérés par les critiques comme des moyens détournés de rogner l'indépendance de l'institut d'émission hongrois.

"C'est une tendance européenne d'attribuer à la banque centrale une indépendance sacrée", a dénoncé le Premier ministre à la radio publique mr1. Le gouverneur de la banque centrale, Andras Simor, a lui-même exprimé des réserves, jugeant superflu de nommer de nouveaux membres du conseil et estimant qu'un nouveau vice-gouverneur ne serait rien d'autre qu'un "commissaire politique".

De son côté, le gouvernement Orban a critiqué les dernières hausses de taux décidées par la banque centrale et lui a reproché de ne pas soutenir suffisamment l'économie du pays, menacée d'une récession en 2012.

Le parlement a en outre ouvert la voie à une possible fusion entre la banque centrale et l'autorité des marchés financiers hongrois, ce qui permettrait au gouvernement de limoger Andras Simor.

Il y a dix jours, l'agence de notation Standard & Poor's avait cité la politique de Budapest envers la banque centrale parmi les raisons justifiant la dégradation de la note souveraine du pays en catégorie spéculative, quelques semaines après une décision similaire de Moody's.

Pour les observateurs, la réforme de la banque centrale est emblématique à la fois du désaccord entre la Hongrie et ses partenaires internationaux et de la politique peu orthodoxe du gouvernement Orban.

Parmi les mesures contestées mises en oeuvre ces derniers mois par Budapest figurent une taxation exceptionnelle des banques et d'autres grands secteurs ainsi qu'une nationalisation des actifs de plusieurs fonds de pension privés.

L'adoption du texte pourrait conduire la BCE à riposter sur le terrain judiciaire, estime Peter Attard Montalto, analyste de Nomura. "La BCE (...) pourrait bien annoncer qu'elle va ouvrir un dossier (à la Cour européenne de justice) contre la Hongrie", a-t-il dit. "Les mesures prises par la BCE (...) pourraient inclure le retrait de lignes de "swaps" avec la Hongrie et peut-être même une modification des règles en vigueur en matière d'acceptation des dettes hongroises comme garantie."

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Commentaires
a écrit le 03/01/2012 à 10:29 :
La Commission Européenne et les lobbies nous a mis dans la ... . La CEsatisfaire les ambitions et les egos d'une poignée de technocrates. Les financiers en ont profité pour se partager le fromage.
c'est ce qui ressort d'un livre commis par Claude Allègre.
a écrit le 02/01/2012 à 13:24 :
définitivement des fonctionnaires de la CE et de ses fonctionnaires "haut niveau"qui finissent de saper la démocratie en Europe, ceci depuis l'entrée de la Grande bretagne! Il y a tout à redouter de leur action sounoise

a écrit le 02/01/2012 à 10:59 :
Je pense que les Hongrois ont raison de ne pas se plier aux dictats des instances européennes, et de la BCE qui fait ce qu'elle veut, y compris mettre en faillite des pays que n'ont rien demandé, sauf leur dirigeants avides de notoriété égale à leur incompétence, si il fallait que nous gérions notre budget familiale comme ils gèrent celui de l'Europe, il y a belle lurette que l'on serait en cessation de paiement, bravo aux dirigeants Hongrois, que la France en fasse autant et nous serons revenus sous de cieux meilleurs, sans avoir besoin pour cela de revenir à une monnaie nationale , et surtout envoyer paître le FMI et encadrer la BCE fermement, ainsi que nos banques nationales, qui sont un état dans l'état.
Réponse de le 02/01/2012 à 18:05 :
La France ne peut pas faire pareille, puisqu'elle a perdu le contrôle de sa monnaie. La seule manière pour elle de contrôler à nouveau sa banque centrale consiste à quitter la zone euro. Elle pourra alors agir comme la Grande-Bretagne, le Japon, la Suisse, les USA, la Hongrie. Pour le meilleur ou pour le pire.
a écrit le 02/01/2012 à 8:17 :
La Hongrie laboratoire du FN, disons que la France gouvernée par le FN sera un mélange entre l'Argentine et la Corée du Nord.
a écrit le 01/01/2012 à 22:40 :
"Il y a dix jours, l'agence de notation Standard & Poor's avait cité la politique de Budapest envers la banque centrale parmi les raisons justifiant la dégradation de la note souveraine du pays en catégorie spéculative, quelques semaines après une décision similaire de Moody's."
Et quand la federal reserve us fait tourner la planche à billet à hauteur de milliers de milliards de dollars (ce que l'on appelle pudiquement quantitative easing ), ces agences de notations n'y trouvent rien à redire ...
Quel crédit peut on vraiment accorder à ces agences ?
a écrit le 01/01/2012 à 18:32 :
mais que font moodys et standard and poor?elles seules peuvent arreter cet énergumène
a écrit le 01/01/2012 à 10:18 :
il va se faire virer comme Papandréou et remplacé par un gus bien docile
a écrit le 31/12/2011 à 16:42 :
fidesz et Orban combien de "divisions"? Ridicule gesticulation de théatre ! la suite montrera les limites de leur prétendue politique "nationale".
a écrit le 31/12/2011 à 16:39 :
Vue les commentaires de certaines personnes sur ce sujet, qui sont ras les paquerettes, voici le constat suivant :

Ce sinitre individu fait du populisme à la lepen, déjà la liberté d'expression dans son pays est fortement "encadré" et cette personne va utiliser la planche à billet pour resoudre le problème du financement de la dette hongroise et ces concitoyens n'auront plus que de la monnaie de singe pour pleurer.
a écrit le 31/12/2011 à 11:51 :
Si la france comme la suisse était un pays démocratique,il ferait un référendum sur l'europe et l'euro,mais voila c'est un semblant de démocratie la france.
Réponse de le 31/12/2011 à 16:49 :
Bravo la pluie ; mais le pouvoir démocratique a été confisqué en FRANCE, et d'autres Etats n'appliquent que les directives de "la City".
a écrit le 31/12/2011 à 10:55 :
"quitte à fâcher l'Europe" ou quitte à facher Merkel?
parce-que en France on est revenu au temps de la collaboration, politiquement et verbalment.
a écrit le 31/12/2011 à 8:51 :
quand ils seront en cessation de paiement, ils en appeleront a qui? le fmi? l'europe? vache, ils sont mal barres!
Réponse de le 31/12/2011 à 10:28 :
hahahahahahaha n'importe quoi ! S'ils voulaient devenir esclave de la dette via le FMI ou l'Europe et LA PLANCHE A BILLET ce n'était pas difficile, la réalité c'est qu'ils ont très bien compris que le projet est MORT et qu'il vaut mieux être seul dans SA galère qu'embarquer à bord du Titanic (exemple du Brésil ou de l'Argentine).
Réponse de le 31/12/2011 à 10:39 :
L'Histoire récente nous a démontré que d'autres pays ont besoin de l'aide du FMI, sans même pour autant avoir leur propre monnaie.
a écrit le 31/12/2011 à 8:31 :
Ils finiront bien par vendre des paquebots aux Chinois.
Réponse de le 31/12/2011 à 8:52 :
Je ne sais pas trop si c'est de l'humour ? Mais si c'est le cas on peu alors rigoler à chaudes larmes quand on vend des Airbus aux chinois.
a écrit le 31/12/2011 à 6:37 :
Les Hongrois font preuve d'un courage admirable et nous rendent un énorme service en obligeant nos "démocrates" européens à montrer leur véritable visage de serviteurs d?intérêts internationaux. Compte tenu des précédents historiques, je doute que ceux-ci acceptent de les laisser faire sans réagir avec la plus extrême violence.
Réponse de le 31/12/2011 à 7:57 :
Oui, eux savent ce qu'est une tyrannie et ils n'ont pas envie d'une nouvelle soumission à l'EURSS.
Réponse de le 31/12/2011 à 8:15 :
Je souscris à votre commentaire et espère que d'autres pays auront des sursauts salvateurs...Il suffit d'assister inertes, à la mort des pays, à travers des gouvernements impuissants, ou incompétents, ou roublards ! Raz le bol de jouer sur le moral des gens en leur imposant, à longueur de temps et de manière intentionnelle, des dramaturgies cyniques pour les paralyser et leur faire accepter à tours de passe passe, des décisions bidons prises lors de sommets coûteux et creux !
Réponse de le 31/12/2011 à 8:51 :
Je vous rejoins totalement là dessus! ce Mr Orban -contrairement à ses pairs peuropéens y compris, surtout, l'homoncule élyséen- à des C...................! très très rare de nos jours!
Réponse de le 31/12/2011 à 11:30 :
Très facile quand on a bien profiter des subventions européennes pour se construire et maintenant tchao! Je pense que si ils sont emmenés sur le terrain judiciaire ils vont devoir rembourser l'UE: seul ou pas ils l'auront leur crise de la dette.
a écrit le 30/12/2011 à 20:51 :
La monnaie n'est qu'une unité de mesure. Décréter que la valeur de la monnaie hongroise sera définie par les politiques au pouvoir est aussi stupide que confier à ces derniers la définition de la longueur du mètre ou la masse du kg de cerises. Les hongrois doivent s'attendre à bouffer des racines sous peu !
Réponse de le 30/12/2011 à 21:29 :
C?est aussi stupide que de confier le pouvoir de création de la monnaie au secteur bancaire privée ; c?est aussi stupide que de confier son épargne á la spéculation des banques qui investissent votre argent á votre insu, assumant toujours les gains et jamais les pertes ; c?est aussi stupide que de verser OBLIGATOIREMENT votre salaire aux banques avant de l?en disposer vous-même. C?est aussi stupide d?affirmer que la dette publique est le résultat de trop de dépenses des français, alors qu?ils ont dépensé moins que durant le 30 glorieuses , il est vrai qu?á cette époque la Banque Centrale dépendait de l?Etat. C?est aussi stupide de remettre tous les pouvoirs á un seul homme durant 5 ans sans aucune possibilité de contrôle par le peuple qui l?a élu. Il est aussi stupide de?Notre système "democratique"est un puits sans fond de stupidité.
Réponse de le 31/12/2011 à 8:55 :
Bravo AC !
Réponse de le 01/01/2012 à 16:52 :
Bravo AC! j'approuve à deux mains.
a écrit le 30/12/2011 à 19:27 :
Réduire l?indépendance de la banque Centrale, taxer les Banques et les grandes entreprises censees fournir les services publiques comme l?Energie, les Telecommunications et autres, sont perçus comme des attaques á la democratie alors que cette situation n?est rien d?autre que celle de la France et des autres pays europeens avant 1973 (pour la France), date á laquelle la dette publique? n?existait pas. Cette politique est en fait une attaque frontale contre les marches financiers qui réagissent contre l?eternelle rengaine de menace de perte de la democratie, en suscitant comme toujours la peur parmi les masses. Mais de quelle democratie parle-t-on ? Existe-t-elle en France ? Peut-on avoir peur de perdre quelque chose que l?on n?a jamais possedée ?
La principale arme des Marchés et des Oligarchies nationales est la désinformation. Le cas actuel de la Hongrie est un bon exemple.
Réponse de le 01/01/2012 à 16:56 :
Oui, cet article ne fait rien d'autre en n'expliquant pas ce qui oppose vraiment les envoyés de la BCE et du FMI au gouv. hongrois.
a écrit le 30/12/2011 à 18:40 :
bravo la hongrie qui refuse de s'aligner devant les menaces de la bce qui veut soutirer toutes les richesses des pays tenus en laisse pour les asservir aux banques tjs assoiffées
a écrit le 30/12/2011 à 14:53 :
"Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, avait opposé une fin de non-recevoir aux autorités européennes, qui lui demandaient de renoncer à ce projet, en déclarant que son pays n'avait pas d'ordre à recevoir de Bruxelles."=> incroyable ! Il reste des dirigeants nationaux intègres et courageux ! Bravo !
Réponse de le 30/12/2011 à 16:49 :
@ Bastien : Si c'est pour faire des sottises, il n'y a pas de quoi s'en féliciter. L'idolâtrie de la souveraineté a été mise à la mode en France par De Gaulle, un homme du 19 ème siècle. Elle entraîne des dépenses diplomatiques et militaires déraisonnables et on ferait mieux de s'occuper de notre commerce extérieur. Il faut savoir vivre avec son temps.
Réponse de le 30/12/2011 à 17:46 :
@ Matanescau : ce que vous dites est en partie faux, notamment en ce ce qui concerne la partie militaire. Les grandes puissances militaires peuvent défendre leurs intérêts économiques à l'étranger, chose que ne peut pas faire un petit pays. Ainsi, les Etats-Unis ont non seulement eut une armée surpuissante pour contrer leurs rivaux disparus, les soviétiques, mais aussi assurer leur approvisionnement en matières premières, plus particulièrement pétrolières. Vouloir réduire le budget de la défense est un leur, surtout qu'il rend l'armée d'un pays moins dissuasive face à ses adversaires, même s'ils ne sont qu'économiques.
Réponse de le 30/12/2011 à 18:12 :
100% d'accord avec bastien, enfin ça existe ! Quand on lit Matanescau ça fait peur bonjour la délire "l'idolâtrie de la souveraineté" vivement qu'on puisse s'installer chez lui, vu qu'il trouve inutile d'être souverain ça commence donc par montrer l'exemple ?! Ce sont les idôlatres de l'Europe le danger public, comment encore croire à pareil projet !
Réponse de le 31/12/2011 à 6:37 :
@Arlix : l'image de la puissance qui défend ses intérêts à l'étranger cache une toute autre réalité.
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/74356/date/2011-12-19/article/les-jeunes-veterans-americains-ont-du-mal-a-se-faire-une-place-dans-le-monde-du-travail/
Réponse de le 31/12/2011 à 8:53 :
quand son pays fera faillite, il expliquera que c'est la faute des autres; il a fait ses etudes en france, ou quoi?
Réponse de le 31/12/2011 à 12:32 :
La zone Euro est en faillite, et pourtant, Dieu sait que nous avons des gens surdiplômés à sa tête. " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", Rabelais.

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