Défense anti-missiles : les Américains veulent que les Européens mettent la main à la poche

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Entre les Etats-Unis et l'Europe, la défense anti-missile demeure un casse-tête stratégique A la conférence annuelle sur la sécurité de Munich, les demandes américaines se sont faites plus pressantes sur une participation européenne à ce programme mis en œuvre par l'Otan. Un article de notre partenaire suisse, Le Temps.

Leon Panetta est venu à Munich pour poser à nouveau aux Européens une question de confiance. Le secrétaire d?Etat américain à la défense, chargé d?engager les importantes coupes budgétaires prévues dans le budget militaire des Etats-Unis dans la décennie à venir, a répété samedi à la conférence annuelle sur la sécurité que son pays tiendrait ses promesses en matière de défense anti-missile en Europe. Un projet toujours contesté par la Russie qui, officiellement associée, traîne en réalité des pieds par crainte qu?il ne soit contraire à ses intérêts: « Nous ne sommes pas vraiment au stade des discussions a confirmé à Munich le ministre des Affaires étrangères russe Serguei Lavrov. Nous en sommes encore à celui des consultations ».

Le prochain déploiement, par les Etats-Unis, de batteries d?intercepteurs en Roumanie et en Pologne, et de navires Aegis en Espagne a été confirmé, quelques jours après la décision prise par l?Otan de placer le futur centre de commandement de ce dispositif en Allemagne, sur la base de Ramstein. La capacité des Européens à répondre par des investissements similaires, dans un domaine très coûteux et à l?heure d?une crise sans précédent de la zone euro, reste en revanche en suspens: « Ce sujet est celui qui pose le plus de problème confirme l?analyste français des questions stratégiques François Heisbourg. Au vu des budgets de défense des pays membres de l?UE, ceux-ci ne sont guère capables d?offrir les assurances qu?attend le Pentagone ».

Ce donnant-donnant transatlantique semble, plus que jamais, la priorité de l?administration Obama, campagne électorale oblige. Avec, au centre du débat, le rôle de l?Alliance Atlantique et la capacité des Européens à investir, outre dans la défense anti missile, dans les secteurs dont la guerre en Libye a démontré les faiblesses, tels les structures de commandement, les moyens de ravitaillement en vols, les systèmes de défense antiaérienne ou tout ce qui concerne les moyens de communication.

Précisant le tir sur les conséquences des coupes budgétaires du Pentagone de ce coté-ci de l?Atlantique, Leon Panetta a confirmé le retrait prochain de deux brigades américaines stationnées en Europe, soit environ 7 000 hommes déployés ces dernières années, il est vrai, le plus souvent hors du vieux continent. En contrepartie, un détachement aérien américain sera installé en Pologne et la participation des Etats-Unis à la force de réaction rapide de l?Otan sera accrue. La conclusion cette semaine d?un accord, au sein de l?Alliance, sur la future surveillance aérienne radar du territoire européen vient compléter le dispositif. Sans que l?on sache toutefois, là encore, quelles réponses apporteront les pays membres de l?Union, tant ces investissements sont coûteux: « Washington s?emploie à rassurer l?Europe. L?inverse n?est pas vrai » estime François Heisbourg.

Paradoxalement, la convergence la plus forte entre Européens et Américains se trouve peut-être en Afghanistan, où les uns comme les autres ont en tête d?accélérer le calendrier de retrait. Hôte de la conférence de Munich, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westervelle a été bien seul à répéter que Berlin ne retirerait pas ses troupes avant l?échéance prévue de la fin 2014. Tout en répétant l?engagement des alliés à « sortir tous ensemble », à continuer d?assurer la formation de l?armée Afghane et à se tenir prêt à mener des opérations de combat malgré l?adoption d?une posture plus défensive, Leon Panetta a implicitement confirmé que le sort de l?Otan et de l?axe transatlantique ne se joue plus à Kaboul.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2012 à 12:55 :
Bien sûr, on n'a que çà à foutre en ce moment d'aller payer la peau des noix de l'armement totalement inutile ! On est DEJA en guerre (économique) au cas où les américains ne l'auraient pas remarqué et çà nous coûte assez cher comme çà !
a écrit le 06/02/2012 à 13:38 :
Il n'y a pas de place sur cette terre pour deux superpuissances impérialistes dévorant toutes les ressources de cette planète. Donc la confrontation économique, puis militaire, entre les USA et la Chine est inéluctable, peut-être dans les dix à vingt ans à venir, en fait, quand les ultralibéraux cupides auront fini de fournir à la Chine les technologies dont elle a encore besoin. Dans ce schéma, l'Europe est le paravent destiné à recevoir les premiers coups et d'où doivent partir les répliques pour protéger le sol américain. En somme, les Américains demandent aux Européens de payer pour se faire atomiser à leur place.
a écrit le 06/02/2012 à 11:43 :
Contre qui ces missiles aux frais d'un Europe pas assez endettée? l'exemple grec qui n'a pas réduit son énorme ligne budgétaire "armements" d'un iota. Mais pour la ceinture pour tous il n'y qu'un unisson le trio troïka et pas un mot sur la réduction, l'allégement de cette énorme ligne budgétaire? Des armes contre la Turquie que les US veulent voir dans l'Europe! Si vous comprenez merci d'en faire part.
a écrit le 06/02/2012 à 9:21 :
Envahir le monde voila la motivation des USA, il finiront par tomber rien qu'avec une simple pierre...

Deux brigades blindées lourdes étasuniennes, basées en Allemagne, avec un total de 7 000 hommes, font leur bagages pour rentrer à la maison : c?est ce qu?a annoncé le secrétaire à la défense Leon Panetta. Washington, sous la présidence d?un Prix Nobel de la paix, a-t-il enfin pris la voie du désarmement en commençant à retirer ses forces d?Europe ? Loin de là. Ces troupes vont descendre de 81 000 à 74 000 hommes, dont la moitié de troupes terrestres, mais celles qui se retirent seront remplacées par des « unités tournantes ». Les Européens peuvent donc être tranquilles : les États-Unis ne les laisseront pas seuls dans un monde aussi dangereux. Au contraire, « les Européens verront plus de forces étasuniennes sur leur sol », puisque les bases en Europe serviront à une rotation plus fréquente de forces étasuniennes au Moyen-Orient, Afrique, Asie et Europe orientale. Les troupes terrestres seront concentrées en deux unités : une brigade blindée légère en Allemagne, et une aéroportée à Vicence. Un autre pas en avant dans le « réalignement » stratégique effectué par le Pentagone, qui redéploie ses forces depuis l?Europe centrale et septentrionale, à celle méridionale et orientale, pour les projeter plus efficacement dans les zones d?importance stratégique.
Dans un tel cadre, écrit l?ambassade USA à Rome dans un câble filtré à travers WikiLeaks, l?Italie est « devenue la base du plus important dispositif militaire déployé hors des États-Unis, et avec le Commandement Africa (qui a deux sous-commandements en Italie) elle sera le partenaire encore plus significatif de notre projection de force ». Ceci est confirmé par le dernier inventaire officiel des 4 214 bases militaires que les USA ont sur leur propre territoire et des 611 bases militaires qu?ils entretiennent dans d?autres pays (Base Structure Report 2011) En Italie, le Pentagone possède 1 395 immeubles et 1 062 autres en location ou en concession, pour une superficie totale de presque 2 millions de mètres carrés. Ceux-ci sont distribués en 40 sites principaux, auxquels s?en ajoutent d?autres mineurs, portant le total à 60. Ce qui signifie qu?après le Vatican, le plus gros propriétaire immobilier en Italie est le Pentagone. Un investissement très rentable, non seulement parce que l?Italie contribue économiquement à l?entretien de ces bases, mais parce qu?elles permettent une « projection de force » plus rapide et moins coûteuse que celle effectuée depuis le territoire continental des États-Unis. L?autre avantage fondamental est qu?en Italie, tous les gouvernements, de centre-droit ou de centre-gauche, ont été jusqu?à présent à l?entière disposition du Pentagone. Vicence, Aviano, Ghedi Torre, Livourne, Pise, Naples, Gaeta, Sigonella, Niscemi et autres localités font désormais partie de la géographie du Pentagone. Ici les États-Unis basent leurs commandements, leurs forces de projection rapide, leurs armements (nucléaires compris), leurs systèmes de télécommunications militaires les plus avancés. D?ici les forces étasuniennes effectuent leurs rotations, en assumant non seulement leur fonction militaire mais une importante fonction politique : « Dans la mesure où des forces étasuniennes significatives demeurent en Europe, explique une commission du Congrès, le leadership peut être conservé ».
Pour cela, assure Panetta, l?engagement militaire étasunien en Europe est « inébranlable ».
Manlio Dinucci

a écrit le 05/02/2012 à 14:55 :
Ils sont malins ses amerlokes, ce sont eux qui veulent placer le système ABM pour contrer qui ? C'est juste pour leur propre sécurité comme toujours, mais ce sont les Européens qui vont payer un truc qui coutera très chers et inefficace car les Russes sont occuper à placer un système pour contrer toute sorte d'engin volant ou terrestre, alors encore du fric jeter par les fenêtres si c?est juste pour faire plaisir à l'oncle Sam, et bien il peut aller se faire voir par les G--- !
a écrit le 05/02/2012 à 0:38 :
Il a bien raison ce Mistre Panetta, les Francais sont riches seul 50% payent des d'impot sur le revenu etc... c'est bien connu les impôts crée la richesse.
a écrit le 04/02/2012 à 15:43 :
Pas question, on peut développer le notre a échelle plus réduite, mais tout aussi efficace, on a des satellites, on peut faire une version du M51 en tant qu'anti missile, 80% de la techno est la, autant l'utiliser pour notre défense.
Hors de question que je paye des impots pour engraisser les américains. On parle de made in france autant l'utiliser.
Mais quel bande d'idiot.
Les USA payent 75%de l'otan, c'est leur jouet, tous les budgets militaire sont en reduction, qu'ils aillent se faire voir. on va pas faire les truc en double. De plus l'otan n'a plus aucune utilité, il essaye de l'utiliser sur d'autre terrain pour eviter de se mouiller eux meme.
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Réponse de le 04/02/2012 à 16:11 :

bravo...

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