Crise islandaise : l'ex-Premier ministre échappe aux sanctions

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Geir Haarde, ex-Premier ministre islandais jugé pour sa responsabilité dans la plus grave crise de l'histoire islandaise, ne sera finalement pas sanctionné, a annoncé lundi le président du tribunal spécial. Les quelque 143.000 euros de frais d'avocats engagés par l'ancien chef de gouvernement seront à la charge de l'État islandais.

L'ex-Premier ministre islandais Geir Haarde ne sera pas sanctionné pour sa responsabilité dans l'effondrement du système financier du pays en 2008, a annoncé lundi le président du tribunal spécial. "Geir Haarde ne sera pas sanctionné", a déclaré le juge Markus Sigurbjornsson, en précisant que l'ancien chef du gouvernement islandais n'avait été reconnu coupable que d'un des quatre chefs d'accusation: ne pas avoir convoqué les réunions ministérielles nécessaires et exigées par la Constitution (art 17) lorsque le contrôle du système financier échappait au gouvernement. "J'ai toujours trouvé cette accusation encore plus ridicule que les autres", a commenté l'ancien Premier ministre après le verdict, affirmant dans un communiqué son intention de "saisir aussi vite que possible la Cour européenne des droits de l'homme" à ce sujet.

Premier procès du genre

Premier responsable politique au monde à être jugé pour la crise financière mondiale de 2008, Geir Haarde était également accusé d'inaction lorsqu'il aurait fallu réduire la taille des banques hypertrophiées, de ne pas s'être assuré que les comptes détenus par la banque en ligne Icesave en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas étaient délégués à des filiales dans ces pays et de ne pas s'être assuré non plus de l'efficacité du Comité de stabilité financière fondé en 2006. Pour ces trois chefs d'accusation, Geir Haarde a été acquitté par la Landsdomur, unique Cour islandaise habilitée à juger ministres ou ex-ministres, qui n'avait jamais été convoquée auparavant.

Etant donné que le chef d'accusation pour lequel il est reconnu coupable "n'est qu'une question de formalités et n'a rien à voir avec le fond du problème", à savoir les origines de la crise ou la façon dont elle a été gérée, l'ex-Premier ministre estime qu'une majorité des quinze juges a "cédé à la pression politique". "C'est un petit prix de consolation offert à l'accusation pour justifier partiellement cette longue et coûteuse procédure", estime-t-il.

143.000 euros de frais d'avocat à la charge de l'États islandais

La Landsdomur a décidé que l'Etat islandais devait prendre à sa charge les 24 millions de couronnes (143.000 euros) de frais d'avocat que cette procédure a coûtées à Geir Haarde. Agé de 61 ans, il a toujours considéré ce procès comme une "farce" politique que lui jouaient ses adversaires désormais au pouvoir. "Jamais auparavant dans l'histoire de ce pays, des gens n'ont tenté de résoudre un problème politique d'une façon aussi honteuse. Il faut que les responsables se rendent compte que la Cour leur a infligé un camouflet, et démissionnent", a-t-il ajouté.

Geir Haarde, alors chef du Parti de l'Indépendance (droite) au pouvoir depuis la mi-2006, était l'un des quatre hommes politiques rendus responsables de l'effondrement en quelques semaines en 2008 du secteur bancaire hypertrophié du pays, par un rapport d'experts publié en 2010 sur la crise financière islandaise. Au moment de leur implosion, les principales banques du pays détenaient au total des actifs équivalant à 923% du PIB. En septembre 2010, le Parlement a estimé que l''ex-Premier ministre était le seul à devoir être jugé. La Landsdomur a décidé en octobre dernier d'écarter deux des six charges retenues contre l'ancien chef de gouvernement, y compris la plus lourde: "grave négligence". Le procureur spécial Sigridur Fridjonsdottir avait requis la peine maximale de deux années de prison.

L'implosion des banques a plongé l'Islande dans une profonde récession qui a nécessité l'intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec un prêt de 2,1 milliards de dollars. La couronne islandaise a été fortement dévaluée, mais le pays a aujourd'hui retrouvé une croissance de 3,1% en 2011.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2012 à 21:23 :
Sur internet, on dit que Burger king est installé à St Lazarre, que le titanic est la victime d'un complot et que la fin du monde est pour décembre...
a écrit le 27/04/2012 à 2:02 :
Pourquoi ne dit-on pas que le peuple islandais a mis tout leurs dirigeant dehors et qu'il ont réécrit leur constitution ? Je trouve aucune infos ou presque sur internet vive la censure !!
a écrit le 25/04/2012 à 16:19 :
Si on se mettait à juger les responsables politiques, à les condamner et à leur faire payer eux-mêmes leur défense ( comme n'importe qui), ce serait probablement la fin du monde.
Chacun sait que ces êtres nobles et désintéressés agissent uniquement pour le bien de leurs concitoyens, et ne peuvent donc pas être sanctionnés en cas de boulette.
a écrit le 24/04/2012 à 19:29 :
J'habite en Allemagne et tout le monde se fiche des résultats, du moins autant que ceux de l'eurovision.
Ils voient le vote FN comme extrémiste parce que la presse française l?écrit et que les politiques le confirment. Une sortie de l'euro a aussi des soutiens ici: ils ne veulent pas etre la vache a lait, d'autant que le pays reprend de la compétitivité politique internationale. Ils peuvent exister sans l'UE.
Donc pas trop de raccourcis hâtifs et nombrilistes s'il-vous-plait, messieurs les journalistes.
Réponse de le 25/04/2012 à 16:20 :
vous êtes sûr que vous répondez bien à cet article, et pas à un autre, lu dans une autre journal, dans un autre pays ?
a écrit le 24/04/2012 à 17:51 :
Finalement, ils ne font pas mieux que nous !
a écrit le 24/04/2012 à 17:47 :
Cette décision est probablement la porte ouverte au retour du n'importe quoi (mais nous a t il jamais quitté ces derniers temps), comme l'est d'ailleurs la politique monétaire US de B2, c'est grave docteur. On voit les protections que s'assurent les politiques entre eux eux m^mes étant à la botte des banquiers et banquiers d'affaires. On n'est pas sorti de l'auberge islandaise. pitoyable, vraiment pitoyable.

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