Le Mexique change de présidence sur fond de défis économiques

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Le nouveau président du Mexique, Enrique Peña Nieto, s'engage à retrouver plus de croissance économique. Copyright: AFP
Le nouveau président du Mexique, Enrique Peña Nieto, s'engage à retrouver plus de croissance économique. Copyright: AFP (Crédits : AFP)
Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) signe son retour au pouvoir avec l'élection de Peña Nieto à la présidence du Mexique. Après 12 ans d'opposition, le parti de centre-gauche doit désormais rééquilibrer une économie vacillante, minée par les inégalités sociales.

Une nouvelle page s'ouvre pour le Mexique. Après avoir gouverné sans partage de 1929 à 2000, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), reprend possession de la tête de l'exécutif du deuxième plus grand pays d'Amérique latine. Son candidat, Enrique Peña Nieto, remporte l'élection présidentielle de dimanche avec un score d'au moins 37,93%. Il devance de plus de 10 points le Parti action nationale (PAN), de la droite conservatrice, qui était au pouvoir depuis douze ans.

Le nouveau président élu hérite d'un pays à l'économie aux fondamentaux toujours solides, mais où subsistent de profonds contrastes sociaux. Ainsi, près de 46% de la population de ce pays de 112 millions d'habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, selon les chiffres du National council for the evaluation of social development policy (Coneval).

Un marché intérieur gangréné par l'économie souterraine

Cette pauvreté affaiblit la demande intérieure et nuit à la productivité mexicaine. Conséquence directe, Peña Nieto a longuement axé sa campagne sur les thèmes sociétaux, affirmant qu'il mettrait en place «un revenu digne pour tous les Mexicains» et une protection sociale généralisée. Il entend surtout empêcher la population de s'adonner au trafic illégal ou au travail non déclaré. Les activités souterraines ne cessent en effet de se développer dans ce pays où la corruption a pignon sur rue et où les gangs dominent la vie économique de plusieurs régions. Claudio Loser, économiste au Fonds monétaire international (FMI), estime qu'entre 10 et 15 milliards de dollars (7 à 9 milliards d'euros) échappent au fisc mexicain chaque année en raison du travail au noir. A cela s'ajoutent tous les problèmes liés aux cartels de la drogue et à leurs guerres d'influence : 50 000 morts sont à déplorer ces cinq dernières années et une somme considérable a été dépensée pour la sécurité du pays. 

L'étranger, source de revenus

Durant la campagne, le nouveau président élu a promis de porter la croissance économique du Mexique à 6% pour l'année 2012, soit bien loin des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), qui table sur 3,6%. Le pays peut compter pourtant sur la force de ses exportations. En 2011, l'excédent de sa balance commerciale a atteint un solde de 362,7 milliards de dollars, rapporte l'Institut national de statistiques et de géographie (INEGI). Par ailleurs, malgré le climat d'insécurité qui règne, le Mexique ne fait pas fuir les investisseurs étrangers. Il reçoit ainsi chaque année 12,7% de l'ensemble des capitaux étrangers qui se dirigent vers l'Amérique latine. Notamment en raison de ses exportations vers les Etats-Unis, qui comptent pour près de 80% du total. La richesse de ses matières premières, en particulier le pétrole dont il est le 7e producteur mondial, attire également les investisseurs internationaux. Le Mexique produit quotidiennement 2,9 millions de barils et en exporte la moitié, d'après les études du CIA. Malgré le monopole des compagnies mexicaines, une réforme visant à libéraliser le marché du pétrole devrait être mise en place avec à la clé, un éventuel boom des investissements étrangers.

En dépit de son attractivité, le Mexique ne joue pas dans la cour des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). En comparaison, la croissance mexicaine ne représente que la moitié de celle de la Chine. En 2020, pourtant, le PIB mexicain pourrait atteindre la 7e place mondiale, selon la banque américaine Goldman Sachs.

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