Pékin cherche toujours le bon réglage de son économie

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Des containers chinois dans un port brésilien. Copyright Reuters
Des containers chinois dans un port brésilien. Copyright Reuters
La publication d'un indice PMI dans le secteur des services en recul de 2,6 points confirme le ralentissement de la deuxième économie mondiale. Les exportations pâtissent des marchés européens et américains, alors que le pouvoir doit changer de mains à partir du 8 novembre laissant peu de marges de manœuvres à court terme sur le plan macro-économique.

La publication mercredi par le bureau des statistiques chinois d'un indice PMI du secteur des services en forte baisse sur un mois - passé de 56,3 en août à 53,7 en septembre - est venu confirmer le ralentissement inquiétant de l'économie chinoise. Car si l'indice reste supérieur à 50, signifiant une activité en croissance, il s'affiche à son plus faible niveau depuis novembre 2010. Après donc le ralentissement confirmé du secteur manufacturier, c'est l'ensemble des services qui est désormais touché.

Révision de la croissance de 8,2% à 7,7% pour 2012

Sur l'ensemble de 2012, la croissance chinoise est bien partie cette année pour atteindre un taux inférieur à 8 %, soit la plus mauvaise performance depuis plus de dix ans. Ainsi la Banque asiatique de développement (ADB) vient ainsi de réduire de presque 1 point sa projection, de 8,2% à 7,7%, et de 8,7% à 8,1% pour 2013.

Cela va contraindre le gouvernement chinois à envisager de nouvelles mesures de relance, alors que la véritable instance du pouvoir chinois, le parti communiste, tient son congrés le 8 novembre, un événement d'autant plus important qu'il va donner lieu à un changement profond de la composition du bureau politique (politburo), prélude à l'arrivée d'une nouvelle génération à la tête de l'Etat chinois.

Trop de dépendance aux exportations

Le parti communiste doit en effet pouvoir être assuré d'un minimum de soutien de la population pour mener à bien, en particulier le rééquilibrage d'une économie trop dépendante du secteur des exportations en direction de la demande locale. Ces dernières subissent de plien la récession rampante de la zone euro et les difficultés budgétaires américaines.

Un rapport publié par le China Economic Weekly, à partir de données de la China Household Electrical Appliances Association (CHEAA), indique ainsi que le pays concentre 80% des capacités de production des téléviseurs couleurs, 70% des climatiseurs, 50% des réfrigérateurs et 40% des lave-linges. Un marché de l'électro-ménager et de l'électronique grand public qui est fortement exposé au ralentissement de l'économie mondiale.

Le soutien passe en particulier par une baisse de l'immobilier dont les prix restent encore trop élevés pour l'ensemble de la population. Pékin a déjà procédé à un assouplissement monétaire en réduisant son taux en juin et juillet et baisser en mai le ratio de solvabilité des banques pour favoriser le crédit.

"Dilemme de la politique économique"

De fait, Pékin se retrouve à devoir gérer une équation à plusieurs inconnues. "Les difficultés ne se limitent pas aux effets du choc externe. La demande domestique est en train de perdre du dynamisme en raison de facteurs structurels. Les perspectives de croissance future sont le résultat d?une équation ou d?un compromis issu du dilemme de la politique économique face à l?urgence de sauver la croissance de court terme (avec les conséquences de la relance, qui peuvent être déséquilibrantes) et les réformes structurelles favorables pour la croissance de moyen et long terme (qui nécessitent du temps et impliquent l?admission d?un fort ralentissement)", soulignaient ainsi la semaine dernière dans une note les experts des économies émergentes de Natixis.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2012 à 19:54 :
La Chine : le colosse économique aux pieds d'argile ! Toujours obligé de compter sur les autres pour son approvisionnement,ses exportations ! Cela explique sa politique expansionniste d'achats frénétiques dans le monde.
a écrit le 04/10/2012 à 14:01 :
"...réduire de presque 1 point sa projection, de 8,2% à 7,7%" mais cela ne fait que 0,5 point. Ce n'est pas presque 1 point C'EST LA MOITIE ! Je serai d'avis de diminuer de moitié le salaire de ce journaliste et de lui dire qu'il l'a presque eu complètement. Messieurs les journalises, arrêtez avec ces formulations qui tentent de faire du sensationnalisme sans fondement.
a écrit le 03/10/2012 à 20:24 :
L'état chinois vit également dans le passé. Le dynamisme chinois a été lancer dans les années lorsque le contrôle et les directives de l'état ont été assouplies. La France éternellement accrocher au dogme du contrôle de l'état sur l'avenir de son économie (je ne dis pas qu'il ne faille pas établir des règles et mettre en place un service public efficace) le transpose sur d'autres "modèles" (Natixis me semble être proche de cette pensé "modèles"). La chine perd comme la France en compétitivité, après avoir été excédentaire dans ses échanges commerciaux avec par exemple l'Allemagne, la Chine est passé d'un équilibre en 2011 à un déficit commercial depuis début 2012 qui augmente jour par jour. Pour rester dans la course faut bien acheter des machines-outils performants et très chers. Il n'y pas que dans le l'automobile que la course aux volumes et aux prix de plus en plus bas ne saura être gagné. Et puis côté US, ils ont joué avec le diable. Capitaliser l'ennemie capitaliste, pour qu'il puisse consommer, cela va continuer, sauf qu'il faudra encore baisser les prix, lâcher du lest sur les cours d'échange et financer à des taux de plus plus bas. Et puis comme en France, le patriotisme doit recoller la désillusion collective. Le mépris de l'état de droit s'allie avec le populisme et la pauvreté sert de lien. La chine est certes encore en croissance et elle a des matières premières. Nous verrons.
a écrit le 03/10/2012 à 14:14 :
Les marxistes chinois, piégés par leur stupide politique mercantiliste, peuvent chercher longtemps. Ils ne trouveront pas l'optimum. Ils sont en effet incapables de réguler quoi que ce soit, puisqu'ils ne disposent pas des seuls outils disponibles pour la régulation : des vrais prix et des vraies quantités. En effet, ces outils n'existent qu'en situation de concurrence et sous un régime d'Etat de droit, c'est-à-dire à condition de respecter la vie, la liberté et la propriété privée. Ceci dit, rien n'est impossible et un miracle peut toujours arriver : les politiciens chinois pourraient renoncer à leur parasitisme, comme les politiciens français, qu'ils soient de droite ou de gauche.

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