L'Islande préserve sa croissance grâce à une monnaie faible

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Une fois de plus, l'Islande surprend avec une forte croissance du PIB au troisième trimestre à 3,5% grâce aux exportations selon l'institut de statistiques islandais. Face à quelques difficultés intérieures dans l'industrie de la pêche, l'île attend tout de même 2,5% de croissance en 2012 selon les prévisions de la Banque centrale d'Islande.

L'Islande nargue l'Europe avec des taux de croissance record depuis 2009. Au troisième trimestre, la petite île du nord Atlantique de 320.000 habitants a encore connu une forte croissance au troisième trimestre avec une progression du PIB de 3,5% par rapport au trimestre précédent.

La couronne faible dope les exportations

Privée de ses géants du secteur bancaire, emportés par la crise des subprimes en 2008 et qu'elle a refusé d'aider, l'Islande profite principalement d'une dévaluation de près de 70% de la couronne qui lui a permis de relancer ses exportations. Au troisième trimestre, l'île enregistre ainsi une hausse de ses exportations de 5,3%, alors que dans le même temps, ses importations ont chuté de 5,8%.

Cette relance de son économie lui a permi de redresser ses finances publiques. A 13,5% de déficit public en 2008, ses comptes devraient être équilibré l'an prochain. Le chômage, à 8% en 2010, devrait redescendre à 5% en 2013. Et le prêt du FMI de 2,1 milliards d'euros a pu être remboursé en avance.

Quelques nuages dans un ciel ensoleillé

Mais tout n'est pas si rose dans cette économie souvent citée en modèle de redressement. Car le détail des chiffres est peu flatteur. La consommation privée a en effet reculé de 0,8% et la demande publique de 0,3%. Les investissements se sont quant à eux effondrés de 19,4%. Et au trimestre précédent, le PIB islandais avait chuté de 6,1% du fait, déjà, d'une baisse des investissements et de destockages dans la pêche.

L'institut des statistiques met en garde : "des fluctuations inhabituellement elevées dans les stocks des entreprises de pêche entre les trimestres de 2011 et 2012 rendent les corrections des variations saisonnières plus hasardeuses". Invoquant les "changements structurels majeurs" traversés par l'économie islandaise depuis l'effondrement du secteur financier fin 2008, les statisticiens ont "recommandé" de se référer à l'activité des neuf premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2011. Cela donne tout de même une croissance de 2%. La Banque centrale d'Islande prévoit une croissance de 2,5% en 2012.

 

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a écrit le 10/12/2012 à 10:46 :
sans être expert économiste, je constate simplement de part le monde le nombre incroyable de pays heureux d'avoir une monnaie faible, (USA, chine, japon, etc.etc.). seul les européens semblent content du marasme crée par une monnaie inutilement forte, peut-on vraiement avoir raison seul contre tout le monde ?
a écrit le 08/12/2012 à 18:57 :
Il y a une donnée capitale omise à la fois par l'article (purement économique) et surtout les commentaires. C'est le facteur humain.
Les Islandais ne sont pas, et ne se considéreront jamais comme des assistés. En cas de difficultés (de quelque nature qu'elles soient, et la nature se charge bien de cela !), ils se mettent au travail et réagissent positivement. De plus, ils sont très pragmatiques et réalistes.
Enfin, il est évident que ce qui est très positif pour l'Islande est l'importance de ses ressources énergétiques (géothermiques, hydrologiques), ce qui lui permet de développer les industries très coûteuses en ce domaine (aluminium). Par ailleurs, les recherches pour développer des énergies non polluantes sont particulièrement actives.
a écrit le 08/12/2012 à 18:37 :
Je constate une grande méconnaissance de l'économie islandaise. Après la pêche et les produits dérivés, l'économie islandaise repose sur l'aluminium. Je schématise.
Quant au niveau de vie des Islandais, rassurez-vous. Je précise que je vis en Islande.
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/islande/presentation-de-l-islande/
Réponse de le 08/12/2012 à 19:06 :
Il est en effet bon de s'intéresser à la situation réelle et non fantasmée de l'islande. La présence de secteurs de pointes, le bon niveau de qualification de sa population Ne pas oublier ses quantités d'énergies immenses (eau, geothermie) et c'est effectivement un des rares pays au monde ou on peut faire de l'alu (et autres ...) sans recours au nucléaire ou autre énergie fossile.
Enfin, et ce qui ne gache rien, c'est un des plus beaux sites au monde pour la pêche au saumon (petits mais toniques) et autres poissons anadromes. Il faudrait vérifier mais cet aspect doit rapporter au moins autant (droits de pêche, équipement, guidage, hébergement, tourisme d'accompagnement etc ...) que la pêche industrielle.
Réponse de le 08/12/2012 à 19:30 :
Non, la pêche au saumon reste marginale. Les droits de pêche sont très élevés, et les quotas drastiques.
Mais à côté de la pêche industrielle, il y tout ce qui est lié à la pêche : constructions navales, réparations, et bien entendu tout ce qui est lié à la transformation du poisson (congélation, etc...).
Réponse de le 08/12/2012 à 19:33 :
Le tourisme est la troisième source de revenus pour l'Islande.
a écrit le 08/12/2012 à 18:06 :
L'islande, ils partent de zéro. Leur économie ne repose sur rien sauf la pêche et les baleines.
a écrit le 08/12/2012 à 13:37 :
La dévaluation de 70 % signifie que les produits exportés d'Islande ( poissons notamment) valent 70% de moins ! Ce qui dope fortement les exportations. Par contre les produits importés par les islandais valent 3,33 fois plus chers. Comme l'Islande est une petite île chauffée quasiment qu'à la géothermie, elle n'importe pas beaucoup de pétrole. En revanche pour les pays européens qui importent tout leur pétrole cela reviendrait a créer un choc pétrolier dont on ne se remettrait pas. Pour les autres importation? l'Islande n'a plus les moyens d'importer au même niveau qu'avant ( cf article) Le revenu des islandais ( plus exactement PIB par habitant ) a baissé de près de la moitié depuis 2008 du fait de la dévaluation. De ce fait leurs salaires deviennent compétitifs mais au rythme d'une croissance de 2,5 % du PIB par an, il leur faudra 27 ans pour retrouver le PIB par habitant de 2007.
Réponse de le 08/12/2012 à 18:49 :
L?évolution des salaires.
Une des conséquences de cette sensible amélioration a été la progression des salaires, grâce notamment au deuxième Accord de stabilité : + 6.7% en 2011. Malgré la progression de l?inflation, le pouvoir d?achat a augmenté de 4.6%.
Pour une durée de travail moyenne de 43.4 heures par semaine, le salaire moyen d?un Islandais actif a été en 2011 de 469000 Ikr par mois (soit environ 2800 ?).


a écrit le 08/12/2012 à 9:56 :
J aimerai juste connaître le nombre d élus par habitants dans ce pays .... La réponse pourrait être intéressante
Réponse de le 08/12/2012 à 18:39 :
63 députés pour plus de 320 000 habitants, et de 8 à 10 ministères (selon les gouvernements). Il n'y a jamais eu plus d'une quinzaine de ministères.
a écrit le 08/12/2012 à 9:15 :
"ses comptes devraient être équilibré l'an prochain" - "Le chômage, à 8% en 2010, devrait redescendre à 5% en 2013" - Exit les 2,1 milliards d'euros du FMI

Ils redeviennent maîtres de leur destin, c'est une première étape nécessaire, après quoi ils vont pouvoir relancer durablement les investissements et poursuivre leur croissance.

Ok pour se serrer la ceinture (austérité), mais pas pour continuer notre fuite en avant Européenne et continuer d'engraisser les élites.
a écrit le 08/12/2012 à 0:32 :
Les islandais veulent en majorité désormais intégrer l'Europe
Réponse de le 08/12/2012 à 8:58 :
Une source fiable à ce sujet ? Si c'est vraiment le cas ils doivent faire l'objet de propagande médiatique comme c'est le cas chez nous. Ce serait dommage d'avoir fait tout ça pour redevenir esclave du capitalisme.
Réponse de le 08/12/2012 à 8:59 :
Je ne leur souhaite pas... vu le fiasco.
Réponse de le 08/12/2012 à 18:41 :
Les Islandais sont très partagés sur ce point, et ne veulent pas en majorité intégrer l'Europe.
Réponse de le 05/12/2014 à 23:20 :
il ont raison de refuser l europe
sinon il serai ruine aujourd hui bravo un peuple tres intelligent
a écrit le 07/12/2012 à 18:56 :
L'importance du contrôle du taux de change dans le maintien de la compétitivité est démontré ici de façon magistrale. Il reste quelques nuages ? Et alors ! L'Islande se relèvera bien plus vite que les pays en perte de compétitivité dans la zone euro, et attirera de nouveau les investisseurs. On parie combien ?
Réponse de le 07/12/2012 à 20:55 :
Vous avez pas du bien lire l'article. Dévaluation de 70%, ça veut dire que les produits importés qui valaient 100 couronnes en valent maintenant 300. Bravo! parce que à part le poisoon en production locale que'est-ce qu'il y a en Islande. Même avec une croissance de 5% par an il faudra plus de 20 ou 30 ans pour retrouver un niveau de vie équivalent. ET certains recommandent de sortir de l'euro... pour faire la même chose ??!! La culture économique d'une moule (isalandaise).
Réponse de le 07/12/2012 à 21:26 :
Par quelle subtilité arithmétique parvenez vous à multiplier les prix des produits importés par 3 ? Je suis très curieux par avance de votre démonstration.
Réponse de le 07/12/2012 à 21:40 :
"ça veut dire que les produits importés qui valaient 100 couronnes en valent maintenant 300" = sur quoi vous basez-vous pour dire qu'une dévaluation de 70% de la monnaie équivaut à un triplement des produits importés? Avez-vous constaté lors du passage du franc faible à l'euro fort, une baisse des prix?
Réponse de le 08/12/2012 à 0:25 :
Admettons pour faire simple que 100 ISKr valent 100 $. Si l'ISKr baisse de 70% à 30, il en faut 3,33 fois plus pour acheter par exemple un baril à 100$. La démonstration de la compétitivité de l'Islande n'est pas tant liée à la baisse de sa monnaie car quand elle exporte du poisson par exemple, celui- ci suite à la baisse des prix de toute la chaîne revient moins cher qu'avant pour un acheteur externe. Il faut par ailleurs veiller à l'inflation et la hausse des taux qui dans cette situation peut reprendre rapidement. Sa situation est en grande partie redressée par la politique mise en oeuvre, un prix de l'énergie faible grâce à la géothermie qui attire des entreprises fortement consommatrices comme celles de la production d'aluminium etc. des mesures drastiques dans tous les domaines, salaires, fonction publique, investissements etc. et des abandons de dettes.
Réponse de le 08/12/2012 à 0:25 :
Admettons pour faire simple que 100 ISKr valent 100 $. Si l'ISKr baisse de 70% à 30, il en faut 3,33 fois plus pour acheter par exemple un baril à 100$. La démonstration de la compétitivité de l'Islande n'est pas tant liée à la baisse de sa monnaie car quand elle exporte du poisson par exemple, celui- ci suite à la baisse des prix de toute la chaîne revient moins cher qu'avant pour un acheteur externe. Il faut par ailleurs veiller à l'inflation et la hausse des taux qui dans cette situation peut reprendre rapidement. Sa situation est en grande partie redressée par la politique mise en oeuvre, un prix de l'énergie faible grâce à la géothermie qui attire des entreprises fortement consommatrices comme celles de la production d'aluminium etc. des mesures drastiques dans tous les domaines, salaires, fonction publique, investissements etc. et des abandons de dettes.
Réponse de le 08/12/2012 à 1:16 :
Ce n'est pas tant les mesures "drastique" c'est surtout les abandons de dettes.
En france par exemple quant on voit que la totalité des impôts sur le revenus soit 50 milliards d'euros qui vont chaque année exclusivement au remboursement des interets de la dette (dette pouvant au passage etre qualifiée d'illegitime par le phenomene d'usure pratiqué) on comprends qu'en se debarassant de se veritable boulet, le pays peut se redresse rapidement.
Vous vous rendez compte de ce que c'est 50 milliards d'euros????
A l'heure où le gouvernement essaie de trouver quelques millions ici et là de manière ébahi...
Réponse de le 08/12/2012 à 11:15 :
+1 : j'ai beaucoup de respect pour le Islandais qui ont su ce prendre en mains et dire non au gavage des banques. Mais dans l'UE, ils sont naifs et soumis.
a écrit le 07/12/2012 à 18:13 :
C'est bien pourquoi le France, l'Italie, l'Espagne, le portugal, l'Irlande doivent toutes sortir de l'Euro : c'est possible par l'article 50 du TUE.

Traité de l?Union Européenne

Article 50
Tout état membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l?Union.

L état membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil Européen. A la lumière, des orientations du conseil européen, l Union négocie et conclut avec cet état un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l?Union. Cet accord est négocié conformément à l?article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l Union européenne. Il est conclu au nom de l?Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

Réponse de le 08/12/2012 à 0:28 :
Raisonnement complètement simpliste. Les dévaluations de monnaies ont été nombreuses dans le passé et notamment après guerre et çà n'a jamais été la solution. Etudiez mieux le cas islandais pour voir les moteurs exacts de la reprise.
Réponse de le 08/12/2012 à 11:25 :
@Islandais Exact.
@Soyons tous... Le raisonnement basé sur l'exemple islandais est totalement simpliste. Au cas où beaucoup l'ignoreraient, L'Islande est un "pays" de 320 000 habitants soit moins qu'une ville comme Toulouse. Ce qui peut se mettre en ?uvre au niveau de ce qui est un micro-pays n'est pas généralisable à des pays qui font plusieurs dizaines de millions d'habitants.
C'est bien pour cela que l'on a laissé l'Islande faire faillite, car il ne s'agit pas d'autre chose et que les conséquences externes ont été négligeables (bon, une ou 2 banques ont perdu un peu d'argent, et alors, comparé à la Grèce c'était rien).
Réponse de le 09/12/2012 à 20:45 :
L exemple est simpliste !!!O K Mais si simplement TOUS les escroqués( donc les Européens ) avaient été consultés comme l'ont été les Islandais ON aurait laissé TOUS les banksters se démerder avec leurs CONNERIES. Ils auraient dû assumer ET finir en PRISON . Puis on aurait ""nationalisé"" ces officines pour le prix du ""franc symbolique"" ce qui nous aurait coûté BEAUCOUP moins CHER que leur renflouement que notre sueur devra assumer à leur place . VIVE tous nos gouvernants """à la solde """ des banksters . Mais vous pouvez aimer ces Banksters et adorer payer leurs errements !!!!!
Réponse de le 10/12/2012 à 10:44 :
@xxx .. Bravo! Quel raisonnement marqué au coin du bon sens. Allez donc parler aux épargnants non islandais qui avaient investi en titres islandais: ils font partie des escroqués.
Vous rappelez-vous de la banque Lehman Brothers: les américains l'ont comme vous dites, laissé se démerder avec ses conneries. C'était pour faire un exemple! Super-réussi comme affaire, ça a entrainé toute la crise que l'on connait.
Vous pouvez mettre un banquier en taule, c'est pas ça qui fait revenir l'argent sur les comptes des épargnants.

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