Skype, Instagram... La Corée du Nord s'ouvre et se découvre

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Depuis la fin février, la Corée du Nord autorise les étrangers à accéder à internet via leur smartphone. Plusieurs occidentaux ont ouvert des comptes Instagram en postant des photos de la capitale Pyongyang. Pour les locaux, cet accès reste néanmoins extrêmement restrictif en raison d'une tarification prohibitive.

La Corée du Nord desserre l'étau. Depuis quelques semaines, les autorités nord-coréennes ont autorisé les étrangers à accéder à internet via leur smartphone qu'ils peuvent désormais conserver, alors qu'ils devaient s'en séparer à l'aéroport. Il faut dire que le pays est équipé depuis peu d'un réseau 3G, mis en place par le principal opérateur du pays, Koryolink, en partenariat avec la compagnie égyptienne Orascom Telecom Media and Technology (OTMT). 

Du coup, il est désormais possible de contempler des images et vidéos en provenance du pays le plus fermé du monde et qui ne soient pas issus de la propagande du régime communiste. Deux journalistes (Jean Lee et le photographe David Guttenfelder) ont ainsi ouvert des comptes Instagram montrant des clichés de la vie sur place : une maternité, des buildings, un rassemblement d'enfants en rollers dans les rues de Pyongyang, ou encore une boutique de vêtements. Une autre photo permet de se rendre compte du niveau d'équipement d'un hôpital nord-coréen : il s'agit d'une salle de contrôle avec des ordinateurs qui rappellent les vieux IBM et Mac des années 1980. Autre cliché intéressant, un speaker de la télévision qui présente le synopsis du film d'animation Madagascar. Le présentateur décrit un zoo dans une « grande ville », et se garde ainsi de citer le nom de la ville de New York où se déroule l'intrigue.

"Un sentiment étrange"

Une communication Skype a également pu être établie par une britannique, salariée de l'agence de voyage Koryo Tours basée à Pékin et spécialisée dans les séjours à Pyongyong. Hannah Barraclough paraît surprise et évoque « un sentiment étrange de pouvoir envoyer des courriels ». Elle tient à présenter à sa collègue la « magnifique » peinture murale du président Nord-coréen, Kim-Jong Un qui décore le hall d'accueil de son hôtel.

Pour l'instant l'usage des communications reste étroitement contrôlé puisque les étrangers ont l'obligation de communiquer le numéro IMEI de leur appareil mobile qui peut servir, le cas échéant, à le bloquer.

Plusieurs mois de salaires

La Corée du nord reste un pays où l'accès à internet est réservé à une élite. Les tarifs appliqués sont largement prohibitifs. Ainsi, il faut compter pas moins de 150 euros pour la seule obtention d'une carte SIM, plus 75 euros pour accéder au réseau 3G, puis 150 euros pour une consommation de 2 gigas octets. A titre de comparaison , le secrétariat d'Etat américain estimait que le PIB nord-coréen par habitant en parité de pouvoir d'achat était de 141 dollars par mois en 2004. Il n'empêche ! 1,8 millions de Nord-coréens sont détenteurs d'un abonnement 3G, sur une population de 25 millions de personnes, d'après Koryolink, l'opérateur mobile.

 

La communication Skype de Hannah Barraclough

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